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1604 Words
Brianna La sonnerie de mon réveil retentit à travers ma chambre. Je pousse un soupir exaspéré et me tourne tout en m'étirant. Je me suis endormie tellement anxieuse à l'idée de la soirée qui m'attend, que je n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit. J'ai beau avoir eu une agréable discussion avec Hari avant d'éteindre les lumières, cela n'a pas changé grand-chose, malheureusement. J'attrape mon téléphone posé sur ma table de nuit et désactive l'alarme. Mon téléphone émet un petit bruit au même moment, signe que je viens de recevoir un message sur Messenger. Je clique rapidement sur le logo de l'application. Un message d'une conversation de groupe avec toute ma b***e d'amis. Ces derniers proposent que nous fassions un appel vidéo demain en fin de matinée. Bonne idée. Cela me permettra de faire le point d'une traite avec eux, au lieu d'envoyer un message individuel à chacun. J'écris une réponse rapide puis me tire hors du lit. Je récupère des affaires à la va vite dans mon armoire et regagne la salle de bain. Douche rapide, habillage, maquillage, coiffure et c'est bon. En moins d'une demi-heure le tour est joué. Si cela pouvait en être de même pour les affaires que je compte emmener en Europe, ce serait bien. Nous partons dans moins de deux jours et je n'ai toujours pas commencé à réfléchir à ce que je vais emmener ou non. Il faudrait idéalement que je m'y attèle ce soir après le dîner. Demain cela risque d'être un peu compliqué. Un sourire se dessine sur mes lèvres quant à l'idée que Hari et moi allons passer une semaine ensemble. Nous allons passer une p****n de semaine ensemble. Presque rien que tous les deux. C'est excitant ! Et effrayant. Je ne peux m'empêcher de repenser au dernier message qu'il m'a envoyé hier soir avant que nous ne nous souhaitions une bonne nuit, lorsque je lui ai dit qu'il s'agissait de son monde et qu'il a rétorqué « et bientôt le tiens". Je prie pour qu'il ne se soit pas trompé. — Mademoiselle Andrews ? Je secoue la tête, subitement rappelée à la réalité. Je sors dans le couloir, confuse. A mon plus grand étonnement je me retrouve nez à nez avec Owen. — Owen, tout va bien ? — Oui, ne vous en faîtes pas. Je suis juste venu vous chercher sur demande de Monsieur Styles. Je lui jette un regard surpris. — Hari vous a demandé de venir me chercher ? — Oui. Il a prévu de prendre le petit-déjeuner avec vous au bureau ce matin, afin de marquer le coup de votre dernière journée de cette première semaine de stage. Et puis, avec les journalistes qui commencent à courir dans tous les sens, il a jugé cela préférable que je vous escorte jusqu'au bureau, ce en quoi il a parfaitement raison. — Je croyais que les journalistes n'étaient pas supposés se montrer avant ce soir. Il se frotte la nuque, visiblement mal à l'aise à cause de ma remarque. — C'est compliqué...Monsieur Stanford vous expliquera tout une fois que vous serez au bureau. (D'accord...) Je vous laisse récupérer vos affaires. Je vous attends en bas. Il m'adresse un bref sourire et redescends. Je l'écoute sortir de l'appartement, la porte se refermant derrière lui dans un bruit sec. Je m'empresse de sortir de ma torpeur et vais récupérer toutes les affaires dont j'ai besoin pour la journée ainsi que pour la soirée. Je peux sentir mon cœur battre à toute vitesse dans ma poitrine tandis que j'emballe le tout dans deux sacs différents. Je ne sais pourquoi mais quelque chose me dit qu'il y a anguille sous roche. Il y a clairement quelque chose qui cloche et j'espère bien découvrir rapidement quoi. ** Hari Putains de journalistes de mes deux. Lisant une dernière fois l'article, je referme le journal et le jette sur un coin de mon bureau tout en me laissant tomber en arrière contre mon fauteuil. Un soupir exaspéré accompagné d'un rire amer s'échappe de mes lèvres. « Les amants de New York » ... Sérieusement. Ils ont cru que nous étions dans une pièce de Shakespeare, version vingt-et-unième siècle en Amérique, au lieu de Vérone en Italie ou quoi ? L'article est paru tard hier soir mais j'ai reçu une notification ce matin. Quelques clichés de Brianna et moi, marchant main dans la main, accompagné d'un article bien mièvre et hop ! Le tour est joué. Ils vont l'avoir leur buzz. J'espère juste que cela ne fera pas fuir Brianna lorsque je le lui montrerai. Il n'était pas prévu qu'elle se retrouve au centre de l'attention avant notre première sortie officielle ce soir. Sortie qui la stresse déjà suffisamment comme ça pour en plus aller en rajouter une couche avec un tel article. Putains de journalistes. Je suis sortie de mes pensées par les vibrations de mon téléphone posé sur mon bureau. Le nom de Gabi apparaît sur l'écran. Je décroche tout en prenant une grande inspiration, curieux de savoir ce qui peut bien me valoir un coup de fil de sa part à une heure aussi matinale. Sans grande surprise, elle commence d'entrée de jeu par la parution de ce fichu article avant d'enchaîner sur Taylor, qui vient de la demander en mariage pas plus tard qu'au réveil. Et contre toute attente, elle a dit oui. Jamais je n'aurais pensé que Gabi finisse par se fiancer un jour. Visiblement je m'étais trompé. — En plus il est bien meilleur que toi au lit, ajoute-t-elle d'une voix sérieuse. (Il s'en faut de peu pour que je ne m'étouffe avec une bouffée de la cigarette que je viens tout juste d'allumer. Sympa....Merci Gab.) En parlant de ça, c'en est où avec ta Brianna ? Je prends une inspiration tout en tirant une nouvelle taffe que je recrache lentement. — C'en est où ça en est. — C'es-à-dire ? — C'est-à-dire que ça avance lentement mais sûrement. — Dommage. J'espérais que tu allais m'annoncer que c'était fait. — Gabi ! Bah quoi ? Ce n'est pas interdit d'espérer. Je lève les yeux au ciel, bien qu'elle ne puisse pas me voir. Ce genre de conversations de bon matin ça m'exaspère. Je suis déjà bien suffisamment à cran quant au fait que nous ayons maintenu le pari, et quant à cette histoire d'article, pour aller en rajouter une couche en plus par-dessus. — Honnêtement Stanford, je comprends tout à fait que tu sois épris d'elle, mais je dois reconnaître que je suis tout de même un peu déçu de voir la façon dont tes ardeurs restent calmes malgré la situation. Je ris silencieusement en entendant la remarque de mon amie. La façon dont tes ardeurs restent calmes...Pauvre Gabi. Elle est loin du compte, très loin du compte. — Cela n'a pas calmé mes ardeurs, je la contredis, loin de là. (Cette conversation me met encore plus à cran que ce que je ne le suis déjà.) Mais le respect que j'ai pour Brianna vaut bien mieux que ces idioties de pari dignes d'adolescents à la con. — Oh vraiment ? (Silence.) Tu es sûr que ça n'a rien à voir avec une certaine envie de te désister ? — Je ne me désiste jamais devant un défi. (J'écrase ma cigarette d'un coup sec.) Encore moins un défi aussi simple. Le rire moqueur de mon amie résonne de l'autre côté du téléphone. Il ne m'en faut pas plus pour me visualiser l'air narquois sur son visage au moment même où nous parlons. — Ok, alors puisque ce défi est si simple que tu le prétends, je te donne jusqu'à la fin du week-end pour la mettre une première fois dans ton lit. Mon corps se fige sur place. Mon sang se gèle dans mes veines. Mon regard reste fixé sur un point invisible, devant moi. Jusqu'à la fin du week-end, alors que jusqu'à présent elle m'avait laissé jusqu'au Nouvel An, voire au-delà. Nous avions même revu les conditions. L'enfoirée. Elle a fait exprès de me provoquer parce qu'elle savait pertinemment qu'elle réussirait à me coincer. Bordel de merde. — Si tu y arrives, je te donnerai quatre fois la somme fixée au départ, ajoute-t-elle. Je reste silencieux, mon cerveau tentant de faire la part des choses tant bien que mal. Gabi et ses paris à la con là. Je veux bien reconnaître que nous sommes encore suffisamment jeunes pour faire quelques conneries et reconnaître qu'au final je ne risque pas grand-chose, mais d'un autre côté je n'aime pas le fait de faire un coup par derrière à Brianna. Cependant, connaissant Gabi, elle ne me lâchera pas avec ça tant que ça n'aura pas été fait. Elle a toujours eu cette capacité de pousser subtilement les gens à bout jusqu'à ce qu'ils cèdent. C'est d'ailleurs sur cette lamentable excuse que je finis par abandonner le combat intérieur en moi : celui entre l'envie de me coller une claque et celle de céder afin de montrer que je ne recule devant rien. Celui entre la raison et l'orgueil. Prenant une inspiration, j'allume une nouvelle cigarette à la va vite, les mains tremblantes et le cœur battant à toute allure. — Deal. Mais souviens-toi, pas un mot à qui que ce soit. — Oui ! Ça c'est le Hari que je connais ! Le Hari qu'elle connait. Un Hari prétentieux et manipulable à souhait. Une version de moi que je me suis mis à mépriser depuis l'arrivée d'une certaine jeune fille aux yeux noisette dans ma vie, il y a une petite semaine, et qui pourtant est toujours là. ** ** ** ** ** 
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