Brianna
Je ne veux pas te voir partir Bree. Les mots d'Hari ne cessent de se répéter en boucle dans mon esprit, du moment où je quitte son bureau pour rejoindre le mien, au moment où je ferme le manuscrit que je viens de finir de lire à la fin de la journée. Il ne veut pas me voir partir. Non seulement il me l'a clairement dit, mais en plus il fait des efforts pour me le prouver. A sa manière. Il ne veut pas me voir partir, pas plus que je n'ai envie de partir. Et même s'il ne semble pas encore prêt à s'ouvrir quant à son passé avec sa femme, je pense qu'il mérite tout de même que je lui accorde une chance.
Après tout, ce n'est pas si grave. En y réfléchissant nous ne nous connaissons que depuis presque une semaine, ce qui est encore récent. Et puis, ce n'est pas non plus comme s'il me cachait un énorme secret. Les aveux viendront une fois que nous nous serons lancés dans quelque chose de suffisamment sérieux. Une fois que la confiance que nous commençons à installer pas à pas sera bien ancrée. Ce qui selon moi n'est plus qu'une question de temps.
Je suis rappelée à la réalité par les vibrations de mon portable posé sur mon bureau. Je m'en empare, le cœur battant et le sourire aux lèvres.
Fin de la journée ! C'est l'heure pour le café. Rejoins-moi dans mon bureau, Kelly vient tout juste de les apporter. Xx. ;)
J'émets un petit rire et secoue la tête tout en tapant ma réponse.
J'arrive tout de suite. X.
Je glisse mon téléphone dans la poche de mon manteau, rassemble mes affaires et sors de mon bureau. Les employés commencent déjà à se préparer à partir. Plus ponctuels qu'eux, ce doit être dur à trouver. Toujours à l'heure qu'il s'agisse de l'heure d'arrivée ou de l'heure de départ. Tant mieux d'un côté. S'ils quittent tous les locaux d'ici la fin de ma petite pause avec Hari, cela nous permettra de partir ensemble sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit. Je donne un petit coup ferme contre la porte et entre dans la pièce. Hari est assis à son bureau. Je laisse tomber mes affaires dans un coin et le rejoins. Un sourire vient étirer ses lèvres tandis que je m'assois sur le grand meuble en verre devant lui. J'attrape l'un des gobelets posés près de son ordi et prends une longue gorgée de café.
— Bonne aprèm ? me demande-t-il en allumant une cigarette.
— J'ai fini de lire le manuscrit auquel je m'étais arrêtée ce matin et j'en ai commencé un autre. Et toi ?
Il hausse les épaules tout en tirant une bouffée.
— Paperasse. (Il expire longuement la fumée avant de continuer.) Si tu continues à te perfectionner de la sorte, il faudra que je finisse par me décider à te donner la place de Lola.
Je pousse un soupir et lève les yeux au ciel. N'importe quoi. Enfin. Je suppose qu'il vaut mieux entendre ça que d'être sourd. Il profite de mon moment d'inattention pour m'attraper par la taille et me tirer sur ses genoux. Un cri de surprise s'échappe de mes lèvres. Je glisse machinalement un bras derrière sa taille, mon autre maintenant toujours le gobelet de café. Il s'en est fallu de peu pour que je ne le renverse.
— J'ai eu Hayden au téléphone. Il a cuisiné avec Cora aujourd'hui et il m'a demandé si tu allais te joindre à nous pour le repas de ce soir, ajoute-t-il en collant son front contre le mien.
Un sourire vient étirer le coin de mes lèvres à l'entente de cette invitation.
— Avec plaisir.
Je plaque mes lèvres contre les siennes avec douceur. Son emprise se resserre autour de ma taille tandis que nous échangeons un long b****r. Sa langue vient caresser la mienne dans des gestes joueurs me faisant frémir. Je commence à onduler des hanches contre lui, sentant sa bosse proéminente prendre de l'ampleur sous les caresses de mes mouvements. Je ne peux réprimer mon sourire amusé et satisfait en entendant les râles rauques qui s'échappent de sa bouche. Il se détache de moi, les yeux brillants et la respiration haletante.
— Nous ferions mieux d'y aller, avant que je ne me laisse trop distraire et que je ne te prenne sur le canapé là-bas, dit-il d'une voix rauque et éraillée.
Il dépose un dernier b****r contre mes lèvres puis se lève m'obligeant à en faire de même. Nous buvons rapidement nos cafés et quittons le bureau main dans la main, comme je l'avais pressenti. Lorsque nous arrivons en bas, Owen est déjà là, garé devant l'entrée du bâtiment. Il vient nous ouvrir la porte et m'aide à monter la première.
— Merci Owen.
— De rien Mademoiselle.
Il claque la portière et regagne le volant. Hari et lui se lancent dans une discussion. Je décide de les laisser parler entre eux, la tête appuyée contre la vitre de la voiture, le regard rivé sur l'extérieur illuminé par les lumières des immeubles, des boutiques et des décorations de Noël.
— Faut-il reconduire Mademoiselle Andrews chez elle ?
— Non, Brianna passe la soirée avec Hayden et moi.
— Très bien Monsieur.
Un petit quart d'heure plus tard, Owen nous dépose sur le trottoir en face de l'immeuble d'Hari. Nous lui souhaitons une bonne soirée et nous empressons de descendre de voiture. La neige fondue ayant commencé à tomber, nous courons jusqu'au hall afin d'être le moins trempés possible. Une fois devant l'ascenseur, je pousse un soupir de soulagement tout en reprenant mon souffle. Moins une. A l'extérieur, la neige se met à cogner fortement contre les grandes fenêtres du hall. Vive les hivers new-yorkais. Imprévisibles jusqu'au bout. J'extirpe mon téléphone de la poche de mon manteau et tape un message à la va vite pour informer mon père que je dîne chez Hari. Le message envoyé, je mets mon téléphone en silencieux et le range dans mon sac pour le reste de la soirée.
Lorsque nous arrivons, Hayden court dans notre direction et saute dans les bras de son père. Ce dernier le soulève, un sourire au coin des lèvres. Je reste un peu en retrait et les regarde échanger un moment père fils d'un air attendri. Hayden raconte sa journée d'une voix vive et enthousiaste. Hari l'écoute avec grande attention et dépose un b****r sur son front avant de le reposer à terre.
— C'est bien si tu as passé une bonne journée bonhomme.
Hayden secoue la tête et passe une main dans ses cheveux, afin de les remettre en place. Je ne peux m'empêcher de rire en voyant la scène, ayant déjà remarqué ce tic chez Hari. Tel père, tel fils. C'est le cas de le dire. Le petit garçon se tourne vers moi, le regard pétillant.
— C'est cool que tu sois revenue.
— Ton père m'a dit que Cora et toi aviez passé la fin d'après-midi à cuisiner ? je lui demande.
— Oui, on a préparé un repas italien, répond-il le visage fier.
— J'ai hâte de voir ça.
Ses lèvres s'étirent en un grand sourire. Je retire mon blouson et tout mon attirail hivernal, ainsi que mes chaussures. On aura beau dire, les chaussures quelles qu'elles soient finissent toujours par faire mal aux pieds. Rien ne vaut une bonne paire de chaussons, voire une bonne paire de chaussettes à la rigueur. Hari s'occupe d'aller ranger nos affaires tandis qu'Hayden attrape ma main et m'entraîne jusqu'à la cuisine. Une délicieuse odeur s'empare de mes sens.
— Pâtes à la Bolognaise, non ?
— Si e una Tiramisu. (Oui et un Tiramisu.)
— Oh. Parlari italiano ? (Oh. Tu parles italien ?)
Hayden secoue négativement la tête tout en haussant les épaules.
— Non. C'est la seule phrase que je sais dire.
J'émets un rire franc, amusée par sa réponse. Sacré numéro celui-là. Hari nous rejoint et aide Cora à servir les boissons. Un jus de fruits pour Hayden, un pour moi et un verre de vin pour lui.
— Merci barman, je dis en attrapant mon verre.
Il me répond d'une grimace et se tourne vers Cora, bouteille en main.
— Un petit verre ? propose-t-il. Pour vous remercier de tout le travail que vous avez fait ces dernières vingt-quatre heures.
— C'est très gentil Monsieur, mais je vais éviter. Mon mari et mes enfants m'attendent pour dîner et vu le temps qu'il fait, je préfère ne pas prendre de risques et être sûre d'arriver en un seul morceau.
— Cora, vous êtes l'exemple à suivre.
L'intéressée lève les yeux au ciel. Elle et moi échangeons un regard amusé. Je prends une gorgée de mon jus de fruits et m'occupe d'aller chercher ses affaires pour elle, afin de lui faire gagner un peu de temps pendant qu'elle enfile ses chaussures. Une fois prête, je la raccompagne jusqu'à l'ascenseur.
— Que Monsieur Hari n'hésite pas à m'envoyer un message une fois Hayden au lit, que je vienne le garder le temps qu'il vous raccompagne si besoin.
— Merci Cora. Je lui ferai passer le message.
— Bonne soirée Mademoiselle.
— Merci. Bonne soirée à vous aussi.
Elle m'adresse un sourire et monte dans l'ascenseur. J'attends que les portes se soient refermées derrière elle, puis rejoins Hari et Hayden qui viennent de transvaser assiettes et verres dans le salon.
— J'ai demandé à papa que nous regardions un film en mangeant.
— Quel film ?
— Harry Potter !
— A l'école des sorciers, précise Hari. (J'acquiesce tout en me laissant tomber sur le canapé à côté de lui.) Si ça te va, ajoute-t-il en jetant un coup d'œil dans ma direction.
— Bien sûr que ça me va. C'est mon préféré.
Ses lèvres s'étirent en un sourire discret, presque imperceptible.
— Dans ce cas, c'est parti pour Poudlard.
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