Brianna
Je crie son prénom, succombant au plaisir. Je me laisse aller entre ses bras, comme sur un nuage. Ma poitrine monte et descend dans des mouvements rapides tandis que je reprends petit à petit mes esprits. Hari place ses lèvres dans le creux de mon cou où il suçote la peau avec douceur. Je glisse un bras derrière sa nuque, les yeux clos, la tête rejetée en arrière. Ce matin nous nous disputions et quelques heures plus tard nous nous perdons dans les bras l'un de l'autre, dans l'un des hôtels new-yorkais les plus luxueux qu'il y ait. Et encore, ce n'est que le début. Il me reste encore beaucoup de choses à découvrir en matière de sexe. Quelque chose me dit que les jours à venir vont être intéressants. Vraiment très intéressants. Je n'ai pas fini de perdre la tête avec lui, ça c'est sûr.
Déposant un dernier b****r rapide contre mes lèvres, il allume l'eau afin que nous puissions nous rincer. Chose faite, il m'aide à sortir de la baignoire. J'attrape l'un des peignoirs et m'enroule dedans. Un soupir d'aise s'échappe de mes lèvres tandis que je le referme autour de mon corps. Je regarde Hari s'essuyer tout en me mordillant la lèvre inférieure. Je contemple la façon dont les différents muscles de son corps se contractent en fonction de ses mouvements. Des images de notre fin de journée me reviennent en tête. Quelle fin de journée de malade.
— Tu avais raison, je lui dis en le suivant hors de la salle de bain, c'était vraiment top.
— Cela ne pouvait que te plaire.
Je lève les yeux au ciel.
— Frimeur.
Il m'adresse un clin d'œil tout en me donnant une tape ferme sur les fesses. Nous récupérons nos affaires qu'il avait laissées dans un coin, puis regagnons chacun notre chambre. Même si nous avons pris beaucoup de plaisir ensemble, je pense que cela ne nous fera pas de mal de dormir chacun de son côté. Hari s'en doutait un peu. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a pris une suite avec deux chambres. Je suis contente de voir qu'il est prêt à me laisser un peu d'espace si j'en ressens le besoin. Cela prouve qu'il ne cherche pas à m'étouffer et j'apprécie ça.
Une fois seule, je referme la porte de la chambre derrière moi, pose le sac dans lequel il a mis les affaires qu'Owen est allé chercher pour moi au pied du lit et l'ouvre. Je ne peux réprimer le rire qui s'échappe de mes lèvres en voyant le vieux tee-shirt et jogging qu'Hari y a ajouté pour moi. Il y a aussi une brosse à dents, un dentifrice et des produits de beauté en plus des vêtements. Ils ont vraiment pensé à tout.
— Bree, le repas est là !
— J'arrive tout de suite !
Je m'empresse de retirer le peignoir et d'enfiler le pyjama improvisé. Un peu trop grand, mais ça fera l'affaire pour aujourd'hui. Je me passe un coup de brosse rapide dans les cheveux et rejoins Harry dans le salon. Une délicieuse odeur de nourriture italienne envahit mes sens. Mon estomac grogne malgré moi.
— Toujours aussi affamée à ce que je vois, me taquine-t-il.
— Tu n'as pas idée à quel point.
Je m'assois en face de lui, un sourire joueur sur le visage.
— Etrange. J'aurais cru que nos ébats de la journée auraient suffi à te rassasier.
— Pervers.
Il émet un rire, le regard pétillant.
— Touché.
Nous échangeons un regard complice tandis qu'il nous sert deux coupes de Champagne.
— A nous.
— A nous. (Nous trinquons et prenons une gorgée.) Ce Champagne est vraiment délicieux, je dis en reposant ma coupe.
— En même temps, à plus de trois cents dollars la bouteille, il a plutôt intérêt à l'être.
— Plus de trois cents dollars la bouteille ?! je m'écrie.
Il acquiesce, un sourire amusé au coin des lèvres.
— Et encore, ce n'est rien à côté de ceux que nous allons avoir l'occasion de tester vendredi soir.
— Je veux bien te croire.
J'attrape ma fourchette et prends une bouchée de mes pâtes à la carbonara. Trop bon. D'autant plus que je n'ai rien mangé depuis ce matin. En même temps étant donné l'incident qui est arrivé, j'étais trop nerveuse et peu motivée pour acheter et avaler quoi que ce soit.
— S'il te plaît, ne fais pas comme Augustus Waters à dire que ce plat est tellement bon que tu voudrais qu'il se transforme en personne, pour que tu puisses partir à Vegas et te marier avec, sinon je vais vraiment être désespéré.
J'avale ma bouchée et prends une gorgée de mon Champagne avant de répondre.
— As-tu lu le livre Nos Etoiles Contraires, au moins ?
— Non. J'ai juste accompagné Phoebe et Travis le voir au cinéma. Il a fallu que Phoebe insiste pour nous convaincre d'aller le voir avec elle, précise-t-il, mais en soit ça allait. Assez sympa, même s'il faut reconnaître qu'il y a quand même des passages assez... (Il marque une pause.) Cheesecake.
— Assez cheesecake ?
— Oui. Enfin, fleur bleue quoi.
— Ce film est un chef d'œuvre, je lui assure.
Il grimace faisant mine de peser le pour et le contre.
— Je n'irais pas jusque-là. C'est un bon film certes, mais j'ai déjà vu mieux.
— Si tu le dis.
Je prends une nouvelle bouchée de mes pâtes. Délicieux. Vraiment délicieux.
— Arrête de faire cette tête-là, on croirait que tes pâtes vont te donner un o*****e.
Il s'en faut de peu pour que je ne m'étouffe avec ma bouchée. J'attrape ma coupe de Champagne et en prends une longue gorgée. J'inspire et expire afin de calmer mes quintes de toux. Bordel. Du Hari tout craché.
— La subtilité et toi vous faîtes moins l'infini, c'est sûr.
— Ce n'est pas de ma faute si je suis jaloux que tes pâtes te fassent le même effet que moi, se défend-il en haussant les sourcils.
Je plisse les yeux.
— Obsédé.
Il émet un rire franc et se penche vers moi. Ses lèvres se retrouvent une fois de plus à seulement quelques centimètres des miennes, ce qui suffit à affoler mon cœur, ma respiration et mes hormones. Voilà ce que ça donne de n'avoir jamais eu de vraie relation.
— Moi aussi je t'aime chérie.
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Le repas fini, je m'occupe de préparer deux tisanes tandis que Hari débarrasse la table. Je n'y avais pas fait attention en arrivant, mais la suite comporte un coin cuisine qui fait que nous ne sommes pas dépendants du personnel et du service de restauration de l'hôtel. Je verse l'eau dans les tasses auquel j'ajoute une cuillère avec un peu de sucre puis les pose sur la table basse, devant le canapé. J'en profite aussi pour aller récupérer mon ordinateur ainsi que le manuscrit dont nous avons parlé hier soir, et celui sur lequel je me suis penchée aujourd'hui.
De retour dans le salon, je m'installe aux côtés de Hari déjà assis sur le canapé, sa tasse entre les mains et le regard rivé sur les informations qui défilent à la télé. Je place mes jambes sur ses genoux l'ordinateur sur mes cuisses, les manuscrits à côté de moi. Nous passons une bonne partie de la soirée à discuter tandis qu'il zappe d'une chaîne à l'autre et que je tape les réponses que je prévois d'envoyer à Alicia Adams et Margaret Dormer.
Vers 23h00, il éteint la télé, prêt à aller se coucher. Nous échangeons un b****r et nous souhaitons une bonne nuit. Je le regarde se retirer dans sa chambre, mon regard rivé sur lui, jusqu'à ce que la porte se referme derrière lui. Je me dépêche de finir mes réponses, débarrasse les tasses et décide d'en faire de même. La journée a été longue et nous n'en sommes pas encore au milieu de la semaine. Je me brosse rapidement les dents, prépare mes affaires pour demain, range mon matériel de travail, récupère mon téléphone et me glisse sous les couvertures du luxueux lit.
Je jette un coup d'œil rapide à mes notifications. Un appel manqué de Sonia et un message de ma mère. Je m'empresse de leur répondre afin de les rassurer et propose à ma mère de l'appeler demain en fin d'après-midi, en espérant que cela lui convienne. Les messages envoyés, je règle mon alarme pour 7h30, pose mon téléphone sur la table de nuit et éteins la lumière. Il ne faut pas longtemps au sommeil pour avoir raison de moi. Les événements de la journée ont été si intenses que je suis épuisée. Vidant mon esprit, je me laisse aller entre les bras de Morphée, avant de réaliser qu'il ne s'agit ni plus ni moins de ceux puissants d'Hari qui vient de me rejoindre dans ma chambre.
Je me force à rouvrir les yeux, l'esprit dans le brouillard et tourne la tête.
— Je sais que d'habitude c'est à la fille de rejoindre son copain mais je n'arrivais pas à dormir.
— Arrête de stigmatiser et dormons, je marmonne d'une voix pâteuse.
Il émet un rire discret à peine perceptible. Je lui adresse un sourire et détourne la tête. Il se colle contre moi et entrelace ses jambes aux miennes. Son emprise se resserre autour de ma taille. Il dépose un b****r sur le sommet de mon crâne et allonge sa tête à côté de la mienne. Je me retrouve à sourire niaisement, en pensant à la proximité de nos corps, et me blottis un peu plus contre lui, envahie par une sensation de bien-être et de sécurité.
— Hari ?
— Oui ?
— Si cela peut te permettre de te sentir mieux, fais-moi regarder un film d'horreur à l'occasion. Tu verras que ce sera moi qui viendrai me réfugier dans ton lit.
Il rit.
— Merci pour l'idée. Je prends note.
— De rien. Bonne nuit Hari.
— Bonne nuit Bree.
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