VIC’ÉTAIT dans le salon de mes parents ; mon père se tenait accoudé à la cheminée sans feu. Il prononçait des paroles que je n’entendais pas, mais qui devaient être bienveillantes pour l’assemblée, car il avait le visage presque déformé par un sourire singulier. Le salon était plein de convives que je connaissais tous, tantes, cousins et autres, et la plupart tenaient un verre à la main, se passant des amuse-gueule. J’étais assis dans un angle, je fumais une cigarette, détendu, à l’aise, ce qui en même temps ne laissait pas de m’intriguer : seul parmi tous ces adultes, j’avais toujours eu les fêtes de famille en horreur, celle de Pâques en particulier, où il n’y avait pas de cadeaux et où il fallait faire une promenade après le repas ; or c’était bien Pâques, car un gros œuf de chocolat bl

