Chapitre 10 — Regarde-moi

472 Words
La nuit était tombée sur Tokyo, mais l’appartement des Kurosawa était baigné d’une lumière chaude et douce. Hana se tenait près de la fenêtre, regardant la ville scintiller. Le monde semblait à la fois immense et lointain, mais à l’intérieur de ces murs, il n’existait qu’un seul horizon : Akihiro. Il s’avança derrière elle, silencieux. Pas un son, pas un mouvement brusque. Simplement sa présence. Lourde, imposante, immuable. — Hana… murmura-t-il. Elle se retourna doucement. — Regarde-moi. Il tendit les mains, et elle sentit la tension contenue dans chacun de ses gestes. Ce n’était pas de la colère. Ce n’était pas un ordre. C’était… un besoin. Une exigence silencieuse que seule elle pouvait combler. — Je veux que tu me regardes, Hana. — Pas juste un peu. — Pas distraitement. — Tout entier. Hana sentit son cœur s’accélérer. Chaque mot pesait. Chaque souffle semblait suspendu. Elle leva les yeux et croisa son regard. Noir. Profond. Infini. — Je ne partage personne avec toi, dit-il doucement mais fermement. — Ni un sourire, ni un regard, ni un geste. — Tu es la seule à exister pour moi. Elle sentit son souffle se couper. — Akihiro… — Regarde-moi, répéta-t-il, plus fort cette fois, mais toujours silencieux pour le reste du monde. — Regarde-moi et souviens-toi que personne ne peut t’avoir. — Personne. Ses mains se posèrent sur ses épaules, fermes, immobiles. Il ne la touchait pas pour la posséder. Il la touchait pour sceller une promesse. Pour que le monde entier comprenne que Hana Kurosawa lui appartenait. Hana sentit une chaleur l’envahir, douce et brûlante à la fois. — Akihiro… murmura-t-elle. — Je n’ai jamais laissé quelqu’un m’approcher comme ça, continua-t-il, presque sans souffle. — Mais toi… toi seule. Elle s’avança vers lui. Ses doigts effleurèrent sa joue. — Je t’appartiens… murmura-t-elle. Il ferma les yeux un instant, comme si ce mot brisait enfin toutes ses défenses. Puis il l’attira doucement contre lui, son front contre le sien. Leurs souffles se mêlèrent, silencieux mais intenses. — Même le monde peut tomber, Hana… — Tant que je peux te tenir comme ça… — Tu n’as rien à craindre. Elle posa ses mains sur sa poitrine. Sentit son cœur battre fort, trop fort pour un homme qu’on disait froid et insensible. — Je suis là… seulement pour toi, murmura-t-elle. Il la serra une dernière fois, lentement. Sans violence. Sans bruit. Juste lui et elle. Un monde entier concentré dans ce regard. Dans ce lien. — Personne ne te prendra jamais de moi, murmura-t-il. — Et personne ne pourra jamais t’approcher comme moi. Hana sourit légèrement, sentant le poids et la douceur de cette vérité. Elle n’avait jamais été aussi protégée. Elle n’avait jamais été aussi désirée. Et elle savait maintenant que cet homme de glace… était capable de tout pour elle. Même de briser le monde.
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