Chapitre 11 : L'Hémorragie

517 Words
(Point de Vue : Le Viking) L'écran plat du Valhalla diffusait LCN en boucle. Le son était coupé, mais je n'en avais pas besoin pour comprendre le désastre. L'Inspecteur Gagnon, l'air d'un bouledogue triomphant, se tenait devant les portes défoncées de ma planque de la Rue Saint-Jacques. Les images montraient des caisses d'armes et des sacs de sport remplis de billets, escortés par des hommes du GTI lourdement armés. Mon téléphone sécurisé sonnait toutes les deux minutes. Mes fournisseurs mexicains, mes avocats, mes lieutenants. Je ne répondais à personne. La porte de mon bureau s'ouvrit. C'était Diego, le remplaçant de Marco. Il avait la peau grise. Diego : Patron, la SQ a raflé tout ce qu'il y avait dans le coffre. Douze de nos gars sont en cellule. Mais il y a pire. — Qu'est-ce qui peut être pire qu'une saisie de la Sûreté du Québec sur mon artère principale, Diego ? demandai-je d'une voix dangereusement calme. Diego : Le comptable de la planque a réussi à m'appeler avant de se faire serrer. Il jure sur la tête de sa mère que quand le GTI a fait sauter la porte, la moitié du coffre était déjà vide. Quelqu'un est passé avant les flics. Vingt-cinq millions, Boss. Évaporés. Je fermai les yeux. La respiration sifflante de Diego était le seul bruit dans la pièce. Marco ne répondait plus aux appels depuis minuit. La moitié du coffre avait disparu. Et la police était arrivée juste après. Je rouvris les yeux et fixai l'écran de télévision. Après le visage de Gagnon, LCN diffusait des images d'archives de la journée : Maïra Leduc, en robe noire, annonçant qu'elle injectait vingt millions de sa fortune personnelle pour sauver les actions de son entreprise. Vingt millions. Elle n'avait pas touché à ses comptes en banque. Elle avait utilisé mon argent pour rassurer Wall Street, et elle avait jeté le reste aux chiens de la SQ pour couvrir ses traces. Ce n'était plus de l'arrogance. C'était un coup de maître. Diego : Boss ? murmura-t-il. Qu'est-ce qu'on fait ? On trouve qui a balancé l'adresse ? On cherche Marco ? — Marco est mort, répondis-je froidement. Cette petite g***e de Westmount l'a fait tuer pour avoir le code, s'est servie, et a appelé Gagnon. Je me levai, renversant mon fauteuil en cuir qui s'écrasa lourdement sur le parquet. Mon poing s'abattit sur le bureau en acajou avec la force d'un marteau de forge. Le bois craqua. — Elle veut jouer à la mafia ? Elle pense que parce qu'elle a des mercenaires, elle est intouchable dans sa tour de verre ? Je me tournai vers Diego. La rage brûlait enfin la glace de mes veines. — Je veux qu'elle saigne. Pas ses directeurs. Pas ses actions en bourse. Elle. Trouve ses habitudes. Trouve où elle va quand elle n'est pas entourée de ses gardes du corps. On va la kidnapper, on va l'écorcher vive, et je vais diffuser ça en direct sur les écrans du hall de sa p****n d'entreprise.
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