Chapitre 8

3092 Words
« Laissez-moi vous conseiller, cher Monsieur, de reprendre courage, de rejeter loin de votre affection une fille indigne et de la laisser recueillir les fruits de son coupable égarement. « Croyez, cher Monsieur, » etc. Mr. Gardiner ne récrivit qu’après avoir reçu la réponse du colonel Forster, mais il n’avait rien de satisfaisant à communiquer. On ne connaissait à Wickham aucun parent avec qui il entretînt des rapports, et très certainement il n’avait plus de famille proche. Il ne manquait pas de relations banales, mais depuis son arrivée au régiment on ne l’avait vu se lier intimement avec personne. L’état pitoyable de ses finances était pour lui un puissant motif de se cacher, qui s’ajoutait à la crainte d’être découvert par la famille de Lydia. Le bruit se répandait qu’il avait laissé derrière lui des dettes de jeu considérables. Le colonel Forster estimait qu’il faudrait plus de mille livres pour régler ses dépenses à Brighton. Il devait beaucoup en ville, mais ses dettes d’honneur étaient plus formidables encore. Mr. Gardiner n’essayait pas de dissimuler ces faits. Jane les apprit avec horreur : – Quoi ! Wickham un joueur ! C’est inouï ! s’écriait-elle. Je ne m’en serais jamais doutée ! La lettre de Mr. Gardiner annonçait aux jeunes filles le retour probable de leur père le lendemain même qui était un samedi. Découragé par l’insuccès de ses tentatives, il avait cédé aux instances de son beau-frère qui l’engageait à retourner auprès des siens en lui laissant le soin de poursuivre ses recherches à Londres. Cette détermination ne causa pas à Mrs. Bennet la joie à laquelle on s’attendait, après les craintes qu’elle avait manifestées pour l’existence de son mari. – Comment, il revient sans cette pauvre Lydia ! Il quitte Londres avant de les avoir retrouvés ! Qui donc, s’il s’en va, se battra avec Wickham pour l’obliger à épouser Lydia ? Comme Mrs. Gardiner désirait retourner chez elle, il fut convenu qu’elle partirait avec ses enfants le jour du retour de Mr. Bennet. La voiture les transporta donc jusqu’au premier relais et revint à Longbourn avec son maître. Mrs. Gardiner repartait non moins intriguée au sujet d’Elizabeth et de son ami de Pemberley qu’elle l’avait été en quittant le Derbyshire. Le nom de Darcy n’était plus jamais venu spontanément aux lèvres de sa nièce, et le demi-espoir qu’elle-même avait formé de voir arriver une lettre de lui s’était évanoui. Depuis son retour, Elizabeth n’avait rien reçu qui parût venir de Pemberley. En vérité, on ne pouvait faire aucune conjecture d’après l’humeur d’Elizabeth, son abattement s’expliquant assez par les tristesses de la situation présente. Cependant, celle-ci voyait assez clair en elle-même pour sentir que si elle n’avait pas connu Darcy, elle aurait supporté la crainte du déshonneur de Lydia avec un peu moins d’amertume et qu’une nuit d’insomnie sur deux lui aurait été épargnée. Lorsque Mr. Bennet arriva chez lui, il paraissait avoir repris son flegme et sa philosophie habituels. Aussi peu communicatif que de coutume, il ne fit aucune allusion à l’événement qui avait motivé son départ et ses filles n’eurent pas le courage de lui en parler elles-mêmes. C’est seulement l’après-midi lorsqu’il les rejoignit pour le thé qu’Elizabeth osa aborder le sujet ; mais lorsqu’elle lui eut exprimé brièvement son regret de tout ce qu’il avait dû supporter, il répliqua : – Ne parlez pas de cela. Comme je suis responsable de ce qui s’est passé, il est bien juste que j’en souffre. – Ne soyez pas trop sévère pour vous-même, protesta Elizabeth. – C’est charitable à vous de me prémunir contre un tel danger. Non, Lizzy, laissez-moi sentir au moins une fois dans mon existence combien j’ai été répréhensible. Ne craignez point de me voir accablé par ce sentiment qui passera toujours assez tôt. – Croyez-vous qu’ils soient à Londres ? – Je le crois. Où pourraient-ils être mieux cachés ? – Et Lydia souhaitait beaucoup aller à Londres, remarqua Kitty. – Elle peut être satisfaite alors, dit son père froidement, car elle y demeurera sans doute quelque temps. Après un court silence, il reprit : – Lizzy, je ne vous en veux pas d’avoir eu raison contre moi. L’avis que vous m’avez donné au mois de mai, et qui se trouve justifié par les événements, dénote un esprit clairvoyant. Ils furent interrompus par Jane qui venait chercher le thé de sa mère. – Quelle aimable mise en scène, et que cela donne d’élégance au malheur ! s’écria Mr. Bennet. J’ai bonne envie, moi aussi, de m’enfermer dans ma bibliothèque en bonnet de nuit et en robe de chambre, et de donner tout l’embarras possible à mon entourage. Mais peut-être puis-je attendre pour cela que Kitty se fasse enlever à son tour. – Mais je n’ai pas l’intention de me faire enlever, papa ! répliqua Kitty d’un ton vexé. Et si jamais je vais à Brighton, je m’y conduirai beaucoup mieux que Lydia. – Vous, aller à Brighton ! mais je ne voudrais pas vous voir aller même à Eastbourn pour un empire ! Non, Kitty. J’ai appris enfin la prudence, et vous en sentirez les effets. Aucun officier désormais ne sera admis à franchir le seuil de ma maison, ni même à passer par le village. Les bals seront absolument interdits, à moins que vous n’y dansiez qu’avec vos sœurs et vous ne sortirez des limites du parc que lorsque vous aurez prouvé que vous pouvez consacrer dix minutes par jour à une occupation raisonnable. Kitty, qui prenait toutes ces menaces à la lettre, fondit en larmes. – Allons, allons ! ne pleurez pas, lui dit son père. Si vous êtes sage, d’ici une dizaine d’années je vous promets de vous mener à une revue. Deux jours après le retour de Mr. Bennet, Jane et Elizabeth se promenaient ensemble dans le bosquet derrière la maison, lorsqu’elles virent venir la femme de charge. La croyant envoyée par leur mère pour les appeler, les deux jeunes filles allèrent à sa rencontre, mais Mrs. Hill dit en s’adressant à Jane : – Excusez-moi de vous déranger, mademoiselle, mais je pensais qu’on avait reçu de bonnes nouvelles de Londres, et je me suis permis de venir m’en enquérir auprès de vous. – Que voulez-vous dire, Hill ? nous n’avons rien reçu de Londres. – Comment, mademoiselle ! s’écria Mrs. Hill stupéfaite. Vous ne saviez donc pas qu’il est arrivé pour Monsieur un exprès envoyé par Mr. Gardiner ? Il est là depuis une demi-heure et il a remis une lettre à mon maître. Les jeunes filles couraient déjà vers la maison ; elles traversèrent le hall et se précipitèrent dans la salle à manger, et de là, dans la bibliothèque : leur père ne se trouvait nulle part. Elles allaient monter chez leur mère quand elles rencontrèrent le valet de chambre. – Si vous cherchez Monsieur, Mesdemoiselles, il est parti vers le petit bois. Sur cette indication, elles s’élancèrent hors de la maison et traversèrent la pelouse en courant pour rejoindre leur père qui d’un pas délibéré se dirigeait vers un petit bois qui bordait la prairie. Jane, moins légère et moins habituée à courir qu’Elizabeth, fut bientôt distancée, tandis que sa sœur tout essoufflée rattrapait son père et lui demandait avidement : – Oh ! papa, quelles nouvelles ? quelles nouvelles ? Vous avez bien reçu quelque chose de mon oncle ? – Oui, un exprès vient de m’apporter une lettre de lui. – Eh bien ! quelles nouvelles contient-elle ?… bonnes ou mauvaises ? – Que peut-on attendre de bon ? dit-il, tirant la lettre de sa poche. Mais peut-être préférez-vous lire vous-même ce qu’il m’écrit. Elizabeth lui prit vivement la lettre des mains. À ce moment, Jane les rejoignit. – Lisez-la tout haut, dit Mr. Bennet, car c’est à peine si je sais moi-même ce qu’elle contient. « Gracechurch street, mardi 2 août. « Mon cher frère, « Enfin il m’est possible de vous envoyer des nouvelles de ma nièce, et j’espère que, somme toute, elles vous donneront quelque satisfaction. Samedi, peu après votre départ, j’ai été assez heureux pour découvrir dans quelle partie de Londres ils se cachaient ; – je passe sur les détails que je vous donnerai de vive voix ; il suffit que vous sachiez qu’ils sont retrouvés. – Je les ai vus tous les deux. » – Alors, c’est bien comme je l’espérais, s’écria Jane, ils sont mariés ! « … Je les ai vus tous les deux. Ils ne sont pas mariés, et je n’ai pas découvert que le mariage entrât dans leurs projets, mais si vous êtes prêt à remplir les engagements que je me suis risqué à prendre pour vous, je crois qu’il ne tardera pas à avoir lieu. Tout ce qu’on vous demande est d’assurer par contrat à votre fille sa part des cinq mille livres qui doivent revenir à vos enfants après vous, et promettre en outre de lui servir annuellement une rente de cent livres, votre vie durant. Étant donné les circonstances, j’ai cru pouvoir souscrire sans hésiter à ces conditions dans la mesure où je pouvais m’engager pour vous. Je vous envoie cette lettre par exprès afin que votre réponse m’arrive sans aucun retard. Vous comprenez facilement par ces détails que la situation pécuniaire de Wickham n’est pas aussi mauvaise qu’on le croit généralement. Le public a été trompé sur ce point, et je suis heureux de dire que les dettes une fois réglées, il restera un petit capital qui sera porté au nom de ma nièce. Si, comme je le suppose, vous m’envoyez pleins pouvoirs pour agir en votre nom, je donnerai mes instructions à Haggerston pour qu’il dresse le contrat. Je ne vois pas la moindre utilité à ce que vous reveniez à Londres ; aussi demeurez donc tranquillement à Longbourn et reposez-vous sur moi. Envoyez votre réponse aussitôt que possible en ayant soin de m’écrire en termes très explicites. Nous avons jugé préférable que notre nièce résidât chez nous jusqu’à son mariage et je pense que vous serez de cet avis. Elle nous arrive aujourd’hui. Je vous récrirai aussitôt que de nouvelles décisions auront été prises. « Bien à vous, « Edward GARDINER. » – Est-ce possible ! s’écria Elizabeth en terminant sa lecture. Va-t-il vraiment l’épouser ? – Wickham n’est donc pas aussi indigne que nous l’avions pensé, dit sa sœur. Mon cher père, je m’en réjouis pour vous. – Avez-vous répondu à cette lettre ? demanda Elizabeth. – Non, mais il faut que je le fasse sans tarder. – Oh ! père, revenez vite écrire cette lettre ; pensez à l’importance que peut avoir le moindre délai ! – Voulez-vous que j’écrive pour vous, si cela vous ennuie de le faire ? proposa Jane. – Cela m’ennuie énormément, mais il faut que cela soit fait. Là-dessus il fit volte-face et revint vers la maison avec ses filles. – Puis-je vous poser une question ? dit Elizabeth. Ces conditions, il n’y a sans doute qu’à s’y soumettre ? – S’y soumettre ! Je suis seulement honteux qu’il demande si peu… – Et il faut absolument qu’ils se marient ? Tout de même, épouser un homme pareil ! – Oui, oui ; il faut qu’ils se marient. C’est une nécessité qui s’impose. Mais il y a deux choses que je désire vivement savoir : d’abord, quelle somme votre oncle a dû débourser pour obtenir ce résultat ; ensuite, comment je pourrai jamais m’acquitter envers lui. le mariage entrât dans leurs projets, mais si vous êtes prêt à remplir les engagements que je me suis risqué à prendre pour vous, je crois qu’il ne tardera pas à avoir lieu. Tout ce qu’on vous demande est d’assurer par contrat à votre fille sa part des cinq mille livres qui doivent revenir à vos enfants après vous, et promettre en outre de lui servir annuellement une rente de cent livres, votre vie durant. Étant donné les circonstances, j’ai cru pouvoir souscrire sans hésiter à ces conditions dans la mesure où je pouvais m’engager pour vous. Je vous envoie cette lettre par exprès afin que votre réponse m’arrive sans aucun retard. Vous comprenez facilement par ces détails que la situation pécuniaire de Wickham n’est pas aussi mauvaise qu’on le croit généralement. Le public a été trompé sur ce point, et je suis heureux de dire que les dettes une fois réglées, il restera un petit capital qui sera porté au nom de ma nièce. Si, comme je le suppose, vous m’envoyez pleins pouvoirs pour agir en votre nom, je donnerai mes instructions à Haggerston pour qu’il dresse le contrat. Je ne vois pas la moindre utilité à ce que vous reveniez à Londres ; aussi demeurez donc tranquillement à Longbourn et reposez-vous sur moi. Envoyez votre réponse aussitôt que possible en ayant soin de m’écrire en termes très explicites. Nous avons jugé préférable que notre nièce résidât chez nous jusqu’à son mariage et je pense que vous serez de cet avis. Elle nous arrive aujourd’hui. Je vous récrirai aussitôt que de nouvelles décisions auront été prises. « Bien à vous, « Edward GARDINER. » – Est-ce possible ! s’écria Elizabeth en terminant sa lecture. Va-t-il vraiment l’épouser ? – Wickham n’est donc pas aussi indigne que nous l’avions pensé, dit sa sœur. Mon cher père, je m’en réjouis pour vous. – Avez-vous répondu à cette lettre ? demanda Elizabeth. – Non, mais il faut que je le fasse sans tarder. – Oh ! père, revenez vite écrire cette lettre ; pensez à l’importance que peut avoir le moindre délai ! – Voulez-vous que j’écrive pour vous, si cela vous ennuie de le faire ? proposa Jane. – Cela m’ennuie énormément, mais il faut que cela soit fait. Là-dessus il fit volte-face et revint vers la maison avec ses filles. – Puis-je vous poser une question ? dit Elizabeth. Ces conditions, il n’y a sans doute qu’à s’y soumettre ? – S’y soumettre ! Je suis seulement honteux qu’il demande si peu… – Et il faut absolument qu’ils se marient ? Tout de même, épouser un homme pareil ! – Oui, oui ; il faut qu’ils se marient. C’est une nécessité qui s’impose. Mais il y a deux choses que je désire vivement savoir : d’abord, quelle somme votre oncle a dû débourser pour obtenir ce résultat ; ensuite, comment je pourrai jamais m’acquitter envers lui. – Quelle somme ? Mon oncle ? Que voulez-vous dire ? s’écria Jane. – Je veux dire que pas un homme de sens n’épouserait Lydia pour un appât aussi mince que cent livres par an pendant ma vie, et cinquante après ma mort. – C’est très juste, dit Elizabeth ; cette idée ne m’était pas venue encore. Ses dettes payées, et en outre un petit capital ! Sûrement, c’est mon oncle qui a tout fait. Quelle bonté ! Quelle générosité ! J’ai peur qu’il n’ait fait là un lourd sacrifice. Ce n’est pas avec une petite somme qu’il aurait pu obtenir ce résultat. – Non, dit son père, Wickham est fou s’il prend Lydia à moins de dix mille livres sterling. Je serais fâché d’avoir à le juger si mal dès le début de nos relations de famille. – Dix mille livres, juste ciel ! Comment pourrait-on rembourser seulement la moitié d’une pareille somme ? Mr, Bennet ne répondit point et tous trois gardèrent le silence jusqu’à la maison. Mr. Bennet se rendit dans la bibliothèque pour écrire, tandis que ses filles entraient dans la salle à manger. – Ainsi, ils vont se marier ! s’écria Elizabeth dès qu’elles furent seules. Et dire qu’il faut en remercier la Providence… Qu’ils s’épousent avec des chances de bonheur si minces et la réputation de Wickham si mauvaise, voilà ce dont nous sommes forcées de nous réjouir ! Ô Lydia !… – Je me console, dit Jane, en pensant qu’il n’épouserait pas Lydia, s’il n’avait pour elle une réelle affection. Que notre oncle ait fait quelque chose pour le libérer de ses dettes, c’est probable ; mais je ne puis croire qu’il ait avancé dix mille livres ou une somme qui en approche ! Il est père de famille : comment pourrait-il disposer de dix mille livres ? – Si nous arrivons jamais à connaître d’un côté le montant des dettes, et de l’autre le chiffre du capital ajouté à la dot de Lydia, nous saurons exactement ce qu’a fait pour eux Mr. Gardiner, car Wickham n’a pas six pence lui appartenant en propre. Jamais nous ne pourrons assez reconnaître la bonté de mon oncle et de ma tante. Avoir pris Lydia chez eux, et lui accorder pour son plus grand bien leur protection et leur appui est un acte de dévouement que des années de reconnaissance ne suffiront pas à acquitter. Pour le moment, la voilà près d’eux, et si un tel bienfait n’excite pas ses remords, elle ne mérite pas d’être heureuse. Quel a dû être son embarras devant ma tante, à leur première rencontre ! – Efforçons-nous d’oublier ce qui s’est passé de part et d’autre, dit Jane. J’ai espoir et confiance qu’ils seront heureux. Pour moi, du moment qu’il l’épouse, c’est qu’il veut enfin rentrer dans la bonne voie. Leur affection mutuelle les soutiendra, et je me dis qu’ils mèneront une vie assez rangée et raisonnable pour que le souvenir de leur imprudence finisse par s’effacer. – Leur conduite a été telle, répliqua Elizabeth, que ni vous, ni moi, ni personne ne pourrons jamais l’oublier. Il est inutile de se leurrer sur ce point. Il vint alors à l’esprit des jeunes filles que leur mère, selon toute vraisemblance, ignorait encore les nouvelles reçues. Elles allèrent donc trouver leur père dans la bibliothèque, et lui demandèrent si elles devaient mettre elles-mêmes Mrs. Bennet au courant. Il était en train d’écrire et, sans lever la tête, répondit froidement : – Faites comme il vous plaira. – Pouvons-nous emporter la lettre de mon oncle pour la lui lire ? – Emportez tout ce que vous voulez, et laissez-moi tranquille. Elizabeth prit la lettre sur le bureau, et les deux sœurs montèrent chez Mrs. Bennet. Kitty et Mary se trouvaient auprès d’elle, si bien que la même communication servit pour tout le monde. Après un court préambule pour les préparer à de bonnes nouvelles, Jane lut la lettre tout haut. Mrs. Bennet avait peine à se contenir. Quand vint le passage où Mr. Gardiner exprimait l’espoir que Lydia serait bientôt mariée, sa joie éclata, et la suite ne fit qu’ajouter à son exaltation. Le bonheur la bouleversait aussi violemment que l’inquiétude et le chagrin l’avaient tourmentée.
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