Je me demandais bien de quoi mama pouvait elle se plaindre en plus en pleine nuit... Je m'étais assise afin de continuer à l'écouter, mais sans que je l'entende arriver mama était déjà là et avait brusquement ouvert la porte.
J'ai sursauté en croisant son regarde, et je n'avais jamais vu ma mère de la sorte auparavant. Elle s'était avancée et m'avait posé une question.
- MAMA : Auriole, tu as fait quoi aujourd'hui ?
- AURIOLE : Au... Aujourd'hui ma'a ?
- MAMA : Tu veux que je te répète ça ?
- AURIOLE :N... Non ! Q... Qu'aurais-je bien pu faire qui te met dans un tel état ?
Je m'étais levé par peur qu'elle ne me frappe et je reculais. Elle m'a dit :
- MAMA : Viens t'asseoir !
Une fois près d'elle, elle me reprise plus tranquillement.
- Dans la brousse qu'il y a derrière la maison, il y a un arbre un peu bizarre là. Est-ce que tu es allé à cet arbre ?
AURIOLE : Oui mama... Et quand je suis arrivé là-bas, il y avait un serpent et je l'ai tué.
Je vis ma mère à cet instant littéralement apeurée.
- Auriole, tu la tué ? C'est comment avec toi ? Le serpent là t'avait fait quelques choses ? Hein Auriole ? Il t'avait demandé quoi où il était là-bas ?
- AURIOLE : Mama c'est que...
- Weerrrrrr ! Auriole ?! Ce n'est que quoi ma fille ? Tu as même pris le courage là où ? Auriole, tu m'as tuée.
Avait-elle dit en couvrant son visage avec ses mains.
AURIOLE : Mama c'est comment ? Pourquoi tu es dans un tel état ? C'était ton serpent ?
Elle me jeta un de ces regards qui me fit pratiquement frissonner et me dit.
- Ne me pose plus aucune autre sorte de questions. Va très vite poser ton corps sur lit et dors. TOUT DE SUITE !
Je m'étais exécuté sans plus rien dire d'autre. À vrai dire, ce soir-là, ma mère me faisait peur, très peur même. Mais, j'étais tout de même inquiète pour ma mère, car sa colère dissimulait une tristesse que je n'arrivais pas à comprendre. Mama était tellement abattue que j'avais l'impression que son fil de vie pouvait se rompre ou bien que je l'avais rompu. Jamais je n'avais vu ma mère dans un tel état de faiblesse.
J'étais dans la chambre, couchée, mais le sommeil n'arrivait pas.
J'étais encore éveillé, quand soudain j'entendis ma mère parler.
- CHRISTELLE : Depuis que je vous ai appelé, c'est maintenant que vous arrivez ?
- Excuses nous maîtresse ! Mais sur le chemin, on a traversé une maison où des gens étaient entrain de prier. Ce ne fut pas facile.
- CHRISTELLE : Je m'en moque, et c'est la dernière fois. Me suis-je fait entendre ?
- Oui maîtresse ! Pardonne nous ! Maîtresse ? Nous aimerions savoir pourquoi avez-vous fait appel à nous ?
- CHRISTELLE : Ah... Ma fille la tué. Il faut que vous trouviez une solution à ça.
- Excuses moi maîtresse, on parle bien de Auriole ?
- CHRISTELLE : Oui !
- Maîtresse, s'il te plaît excuse ma question, mais, comment a-t-elle faite ça ?
- CHRISTELLE : Zibi !? Zibi !? Zibi !? Je t'ai appelé combien de fois ?
- Trois fois maîtresse !
- CHRISTELLE : Est-ce que tu es entrain de chercher à me contrarier ?
- Maîtresse s'il te plaît je te demande pardon.
Est-ce que je dois encore vous signifier à quel point j'étais une fille beaucoup trop curieuse.
Qui était donc là, et pourquoi est-ce qu'on appelle ma mère maîtresse ? Mais surtout, pour quelle raison ils avaient l'air de lui être soumis.
Donc j'entendais des voix et je voulus mettre des visages dessus. C'est donc ainsi que je me levai et sur la pointe de mes pieds, j'avançais vers la porte. Et quand je fus arrivé à la porte, j’eus à peine effleuré le rideau pour l'écarter légèrement que mama l'ouvrait grandement et brusquement. Ce fut peut être un rêve ou la frayeur du moment, mais à l'espace d'un instant, je crus avoir vu les yeux de mère avec une couleur verte.
J'étais terrifiée, et je l'entendis me dire :
- MAMA : Tu fais quoi là ? Je ne t'ai pas demandé de dormir ? Hein ?! Tu fais quoi là ?
- AURIOLE : Je... Je... Je vo... vo... vo... vou.....lais aller faire pi............pi mama.
Je ne sais même pas si j'avais bien articulé ces mots qui étaient sortis de ma bouche. Tellement cette vision m'avait envahie de terreurs.
Il était quand même normal de me demander qui pouvait bien venir voir mama et en plus aussi tard, puisqu'à ce que je sache, à l'exception de la femme décédée il y a peu elle n'avait pas d'ami.
- Maintenant tu me mens ? Tu fais quoi là Auriole ?
J'étais tellement effrayé par ma mère en plus de ce que j'avais cru voir je finis par faire pipi sur moi sans m'en rendre compte. Elle le remarqua et s'adoucit de nouveau.
- Ma fille, c'est comment ? Viens t'asseoir.
On alla s'asseoir et elle me demanda.
- Qu'est-ce qu'il y a Auriole ?
- AURIOLE : Je... Je... Je ne voulais pas vous guetter mama... Je n'arrivais pas à dormir et puis j'ai entendu comme si tu parlais à des gens... Je voulais seulement savoir qui c'était.
- J'ai déjà refusé de te dire quelque chose ici ? Pourquoi ne pas simplement attendre et me demander.
- AURIOLE : ...
- C'étaient des amis de longue date et ils habitent dans les villages voisins, ils passaient par là et ont voulu me saluer. Ils t'ont même demandé, mais je leur ai dit que tu dormais déjà.
Je savais bien que mama ne me disait pas la vérité, mais j'avais eu ma dose de frayeur ce soir-là alors je fis mine de croire en ce qu'elle m'avait dit et juste après elle déclare :
- Eeeh ma fille ! Tu t'es même pissée dessus... Je suis déjà quel genre de mère eh ? Pars te changer alors après tu viens te coucher avec moi.
Ce que je fis très rapidement, et je suis allée la rejoindre dans son lit.
Quel enfant n'apprécie pas la chaleur parentale ou bien de dormir à côté de ses parents.
Les jours qui suivirent étaient comme d'habitude... Réveil, ménage, école, cuisine, manger et dormir.
J'avais même déjà presque oublié les évènements de ce soir-là quand un jour en rentrant de l'école, je n'avais pas trouvé mama... Normalement à cette heure, elle était déjà soit entrain de faire la cuisine, soit entrain de se reposer. Mais ce jour-là mama n'était pas là. Je décide de monter au marché regarder son comptoir et l'aider si possible, mais rien, il était même vide, elle n'y était même pas allée.
Mais où était mama ?
Je repartis à la maison, et je fis le constat qu'à part les tâches que j'avais réalisées plus rien d'autre n'avait été fait... Je me demandais bien ce qui avait pu se passer, car ce n'était pas son genre.
Alors, je fis la cuisine en l'attendent. Des heures passent, je suis rentrée il était déjà 17 h, mais là nous sommes déjà dans les 23 h passé mais mama n'est pas là... Je décide alors d'aller me coucher en laissant la porte déverrouillée au cas où elle rentrerait en pleine nuit.
Mais au matin, je fus à nouveau surprise de me réveiller et ne pas la voir prête de mois... Puisque je m'étais habitué à dormir avec elle... Je me lève et je regarde au salon... Mais rien... Peut-être était-elle allée se coucher dans ma chambre je pars regarder, mais rien, mon lit est même encore fait comme la veille.
Là, je ne sais plus quoi faire... Je m'assoie et j'attends mama... Je n'étais même pas allé à l'école ce jour. J'attends mama toute la journée et ce n'est qu'en fin de soirée une fois que le soleil était couché que je la vis entrer dans la maison.
Je me précipite vers elle. Et je remarque que mama est très fatiguée elle est même en sueur.
- AURIOLE : Mais mama, tu étais où depuis hier ?