La boucle Une assemblée de frères médite, face au Tigre coulant de sa source à la plénitude ; ils ont les jambes en lotus et les yeux rivés sur le courant. Suite au décès d’un des leurs, les soufis patientent les mots de réconfort de leur cheikh. Un vent venu d’Asie se glisse sur les lèvres du maître pour souffler, en une douce mélodie, sur l’embarcation de l’âme du défunt. D’abord murmuré, le poème d’Hasan Basri assèche, par sa brise fraîche, les larmes des délaissés. Le cœur du croyant est à l’image d’une maison avec deux portes : l’une ouvre sur ce monde et l’autre vers l’au-delà. *** Après un long temps de silence dans la cour fleurie des Al Reza, Omar reprit la conversation. « Comptes-tu attendre Alim chez nous ? – Si tu le veux bien, nous rebâtirons l’habitation et y vivrons en

