La porte En Transoxiane, entre l’Amou et le Syr-Daria, un cercle soufi, implanté aux portes de la Chine partagée entre plusieurs empires, se réclamant du cheikh Jilani de Bagdad et approuvé par son fils, réunit une trentaine de personnes, tous tadjiks ou ouzbeks. Un jeune disciple, enveloppé d’un manteau épais, tombe sur ses deux genoux et lève les mains jointes au-dessus de son bonnet brodé, face à la chaîne du Pamir. Il chante à l’adresse du ciel souriant de clarté, comme avant lui Al-Hallâj. Les cœurs des amants ont des yeux pour contempler ce que les regards ne peuvent apercevoir. Ils possèdent des langues pour proférer des secrets qui échappent aux meilleurs scribes, et des ailes sans plumes qui les font s’envoler vers le royaume du Seigneur des mondes. *** Accroché sur le flanc d

