Tansy revint brusquement au présent en entendant le léger grincement dans l’escalier en dessous d’elle. Se décalant sur le côté, elle se fondit dans l’ombre et écouta attentivement les murmures étouffés.
Un petit sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle descendait en silence l’escalier qui menait au sous-sol. Plusieurs portes permettaient de sortir du bâtiment, mais c’était le passage secret qui la conduirait sous les rues qui l’intéressait.
Avant de passer à l’action, elle s’était assurée de connaître la zone comme sa poche. Ce petit bijou caché avait été enterré dans les archives du département de la construction. Branson lui avait appris à toujours connaître ses proies et à avoir de nombreuses issues de secours.
Aie toujours une longueur d’avance, Tansy. C’est la seule façon de rester en vie, résonna le murmure de Branson à son esprit.
Je sais. Tu me manques, Branson, pensa tristement Tansy. Tu me manqueras toujours.
Elle marqua une pause en entendant du mouvement.
— Y a-t-il un signe d’elle ? demanda en russe une voix rauque à l’épais accent.
— Non, rien. Les portes étaient toujours barricadées. On a dû les forcer pour entrer. Il ne manquait aucune planche aux fenêtres non plus, répondit un autre, aussi en russe.
— Vérifie quand même. M. Avilov veut qu’on la trouve et qu’on la lui amène, vivante. Il souhaite avoir le plaisir de la tuer lui-même, dit abruptement l’homme.
— Pourquoi ? questionna le second homme. Généralement, il ne se salit pas les mains… surtout avec les femmes.
Tansy entendit la réponse physique que reçut celui qui avait posé la question.
— Tu n’as pas à demander pourquoi. Tu feras ce qu’on te dit, asséna froidement le premier homme.
Seul un grognement étouffé lui parvint. Visiblement, il n’avait pas aimé la première réponse, il n’allait donc pas en exiger une autre. Tansy pénétra dans l’une des pièces latérales. Un trou dans le sol permettait de descendre au rez-de-chaussée.
Elle s’empara prudemment de la longue planche qu’elle y avait glissée et se laissa tomber. Elle se mit à suer lorsqu’elle atterrit plus durement que prévu sur le sol en béton. Sa jambe céda et elle tomba lourdement sur le genou.
Se tenant le flanc tandis qu’elle s’efforçait de se relever, elle boitilla jusqu’à la porte. Les hommes montaient l’escalier. Elle attendit d’entendre leurs pas au-dessus d’elle avant de traverser l’étage.
Elle resta dans l’ombre, imaginant difficilement qu’ils n’avaient pas de renforts derrière eux. À pas de velours, elle traversa le couloir jusqu’à une autre volée de marches, qui menait au sous-sol. Ignorant la douleur, elle se fondit dans l’obscurité.