Plus tard ce jour-là, Mak apprit que Borj était revenu non seulement avec Hannah, la sœur de Clochette, mais aussi avec ses parents. Borj assistait à une réunion interminable avec son père et le conseil. Il songea à la recommandation de Terra. Elle était la femelle la plus intelligente qu’il connaissait, en dehors de sa mère. Mak et Terra avaient toujours été très proches. Il se montrait très protecteur envers elle et était prêt à tout pour s’assurer qu’elle était en sécurité et heureuse.
Sa mère était la seule à être au courant de la tentative d’e********t visant Terra survenue l’année précédente. Même sa sœur l’ignorait. Tresa lui avait fait jurer de ne pas en parler à son père. En effet, elle savait que s’il l’apprenait, Teriff l’enverrait sur l’île des Élues.
L’île des Élues était pour ainsi dire une prison pour les femelles non unies. Celles-ci y restaient jusqu’à ce qu’un compagnon leur soit trouvé grâce à la cérémonie rituelle d’union ; si aucune âme liée n’était trouvée avant que la femelle n’atteigne l’âge de trente cycles, elle était donnée comme compagne au cours d’un tournoi d’union.
Tresa savait que Terra mourrait à petit feu dans un endroit pareil. Mak comprenait sa douce sœur et avait été d’accord avec sa mère. Les deux hommes qui avaient tenté d’enlever Terra dans la perspective de s’unir avec elle avaient connu une mort lente et douloureuse. L’espoir de leur clan de forcer un accord avec le clan ‘Tag Krell Manok était mort avec eux. Mak n’avait éprouvé aucun remords à les tuer. Ils n’avaient pas hésité à envisager de la v****r. Il n’éprouvait ni compassion ni patience pour ceux qui s’en prenait à plus faible qu’eux. En tant que l’un des guerriers les plus puissants, il estimait qu’il était de son devoir de protéger ceux qui ne pouvaient pas se défendre eux-mêmes.
Mak traversa le couloir qui menait aux quartiers de ses parents et tourna à l’angle au moment où sa mère en sortit. Il s’arrêta et attendit qu’elle s’approche. Terra avait raison, sa mère avait un éclat qu’il ne lui avait jamais vu. Elle avait le pas léger et sa peau et ses yeux semblaient illuminés d’une lueur interne qui irradiait d’elle et qui lui fit prendre conscience de la belle femme qu’elle était. Il secoua la tête. Il avait vraiment d’étranges pensées depuis qu’il avait vu l’image de la femelle qu’il voulait, et il se demandait s’il ne ramollissait pas.
— Pourquoi cet air renfrogné, mon fils ? demanda doucement Tresa.
Mak secoua de nouveau la tête.
— Vous êtes très effrayantes, Terra et toi, tu le sais ?
— Est-ce qu’elle t’a fait son fameux « regard » ? rit-elle.
— Oui, grommela-t-il.
— Viens avec moi. Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? demanda Tresa en passant son bras sous l’énorme avant-bras de Mak. Je me rends aux quartiers de J’kar. Je souhaite rencontrer les parents de Clochette et sa sœur.
— Moi aussi je souhaite rencontrer sa sœur, marmonna-t-il. Mais pas celle avec qui Borj est rentré.
Tresa leva les yeux vers le visage de Mak. De tous ses enfants, c’était pour lui qu’elle s’inquiétait le plus, et elle l’aimait de tout son cœur. Derrière sa férocité se cachait une tendresse pour les petits et les faibles. Il était immense, même pour les standards primes. Elle avait eu le cœur brisé de voir, cycle après cycle, toutes les femelles qu’on lui présentait au cours des cérémonies rituelles d’union se recroqueviller de peur devant lui. Même les guerriers du palais se rangeaient de l’autre côté des couloirs à son passage. Avec près de deux mètres dix de purs muscles, il dominait tout le monde.
— Je crois que Clochette a dit qu’elle s’appelait Tansy ? murmura Tresa.
Mak hocha brièvement la tête.
— Oui. Je la veux.
Surprise, Tresa s’arrêta en entendant la légère intonation de désespoir dans la voix de son fils. Elle étudia un moment son visage dur aux traits ciselés avant de sourire. Mak avait trouvé son âme liée, c’était indéniable. Elle espérait seulement que l’Humaine verrait au-delà de son extérieur dur et de sa carrure imposante, et qu’elle n’aurait pas peur de lui.
— Alors, tu l’auras, dit-elle avec une détermination tranquille. Je parlerai à ton père.