♡DES JOURS APRÈS♡
Rachid semble différent, je ne sais pas mais il est devenu d’un coup plus calme même si dans ma tête, je me dis que c’est peut-être une stratégie pour me berner.
Rachid : viens.
Je lève le regarde perplexe
Rachid : tu veux venir oui ou non ?
Ma tête me dit oui ou non puis je m’efforce de me lever en allant à sa rencontre.
Il pose sur mes épaules, un manteau qui ne m’est pas familier mais qui est si doux et moelleux. On dirait qu’il a été confectionné en pensant à moi.
Il sort et je suis ses pas, les personnes que l’on rencontre sur nos chemins n’arrêtent de nous dévisager du regard, moi-même j’aurais fait pareille. C’est la première fois que je sors, accompagnée de Rachid dans les cours royales.
Il marche et je dois précipiter mes pas pour arriver à sa hauteur. On sort derrière une porte que je ne connaissais pas moi-même. Puis nous voilà devant les jardins que je n’avais jamais vus de ma vie.
Moi (m’extasiant) : waouh c’est juste magnifique.
Il marche entre les fleurs, ils sont si beaux juste comme je n’en ai jamais vu de mon existence.
Je regarde partout comme si je redevenais une petite fille dans les plantations de mes grands-parents. Je bouge, marche et touche les feuilles au bout du doigt, tellement elles sont merveilleuses.
Rachid : évite de te blesser avec l’épine des roses.
Mais je suis tellement subjuguée que son conseil vient trop tard et une grosse épine me pique sur un doigt.
Moi : ouille !
Rachid se précipite sur moi tout en grognant avant de me prendre la main, il scrute mon doigt presque ensanglanté avant de relever ma main pour y voir de plus prêt. Et c’est quand je m’y attends le moins qu’il ouvre sa bouche en suçant mon doigt.
Je reste choquée puis pétrifiée avant qu’un long frisson ne le traverse tout l’échine de la colonne vertébrale.
Il me s**e le doigt tout en me regardant dans les yeux et ce que j’y lis me fait fermer les jambes automatiquement. Du désir, un désir farouche danse dans son regard ténébreux.
♡ DANS LA CHAMBRE ♡
Je ne sais pas comment nous avions quitté le jardin pour nous retrouver à moitié nue dans la chambre à nous dévorer comme des bêtes.
Moi (gémissant) : Rachid!
Il palpe mes seins, tire sur ma robe qui tombe en lambeau sous mes pieds. Je ne sais pas, d’où m’est sortie cette audace et ce désir de l’avoir en moi ? Mais je sais que je ne peux plus reculer.
Dans ses bras, Rachid recule tout en essayant de se déshabiller, je touche son corps, cherche la chaleur dont j’ai besoin.
DES JOURS PLUS TARD
Moi (boudant) : tu triches Rachid.
Il rit d’un rire guttural avant de me pincer le nez. Je repousse sa main tout en tirant la bouche.
Rachid : tu es vraiment susceptible toi.
Moi : weh c’est ça.
Nous jouions aux échecs et depuis tout à l’heure, c’est toujours lui qui gagne, il ne veut même pas me laisser une chance de faire mes preuves.
C’est lorsqu’il tire sur mes pieds en riant que j’empoigne sa tunique pour ne pas risquer de tomber à la renverse, mais il avait déjà sa main autour de mes reins.
Rachid : tu boudes ?
Moi (grognant) : hum.
Rachid (avec un air amusé) : Linguère boude ?
Je détourne le regard pour garder mon sérieux jusqu’à ce que je sente ses doigts qui me chatouillent au niveau des reins.
Moi (me tortillant) : arrête Rachid.
Lui : tu boudes ? Réponds moi ?
Moi : (riant) : s’il te plaît, s’il te plait.
Il ne m’écoute pas et me renverse en arrière tout en continuant de me chatouiller jusqu’à ce que je manque de souffle.
Moi : hahaha, Ra…Ra…. Chid!
C’est un coup porté sur la porte qui le fait enfin arrêter de me torturer de rire.
Rachid (reprenant son air sérieux) : oui.
Une servante passe la porte et s’incline devant le roi avant d’annoncer ce qui suit.
La servante : votre majesté, une vieille dame est devant la porte et demande après la reine.
Rachid : comment se nomme cette dame ?
La servante : ma Farima
Je sursaute en sortant du lit.
Moi : oh elle est ici ?
Rachid : tu le connais ?
Moi : c’est ma grand-mère.
Je m’impatiente en me demandant ce que va dire Rachid, je me demande comment elle est venue jusqu’ici alors qu’elle est si vieille et si menue.
Moi (n’y tenant plus) : je peux aller la voir ?
Rachid opine de la tête et je saute de joie en demandant à la servante de me conduire vers elle.
Les grands battants de la porte du palais s’ouvrent et voilà Ma qui passe la porte, je réduis la distance qui nous sépare en me jetant dans ses bras tout en le serrant.
Moi : oh Ma !
Elle : oh ma petite-fille comme tu m’as manquée !
Je la serre fort pour me rappeler de son odeur.Il faut dire que depuis mon départ précipité d’ici, je ne suis plus sortie du palais à part notre excursion vers les contrées de …
Ma : comment tu te sens ? On te traite bien ? J’avais cru que tu étais morte quand je suis restée deux jours sans avoir de tes nouvelles.
Moi : je suis là, je suis là.
Un raclement de gorge se fait entendre et je me décale pour voir Rachid derrière nous.
Ma (faisant une révérence) : votre majesté !
Il opine de la tête sans rien de plus.
Moi : viens Ma, tu dois te reposer après ce si long voyage.
Ma : oh oui ma fille, je suis si fatiguée.
Rachid : les servantes ont préparé votre chambre pour votre séjour.
Ma : oh merci, il ne fallait pas.
Moi : c’est normal, allez viens je vais t’y conduire.
UN PEU PLUS TARD
Ma : alors comment se passe ta vie en tant que reine ?
Moi (soupirant) : oh rien d’exceptionnel. Contrairement à ce qu’imaginent les autres, je m’ennuie à mourir enfermée contre quatre murs.
Ma : mais des murs de joyaux, il ne faut pas confondre.
Moi : certes…
Ma : mais comment tu es appelée à devenir reine ? Je suis restée des jours inquiète avant que l’on me fasse parvenir un messager pour m’annoncer que tu étais le choix du roi.
Je ferme les yeux et me rappelle de ces moments comme si c’était hier. Je me rappelle de cette Myriam rebelle, fougueuse qui aspirait à sa liberté par n’importe quel moyen puis voilà que ces derniers jours je ne me reconnais même pas lorsque je me regarde dans une glace.
Où est passée la Myriam d’avant ?
Je ne sais pas, moi-même je ne comprends pas comment je suis passée de cette femme forte à cette fille molle que je suis devenue.
Ma : tu avais vu ton frère ?
Je hoche la tête, je ne peux pas lui raconter tout ce qu’il a subi dans les mains du roi parce que moi-même je ne sais pas tout ce qu’ils lui ont fait dans ce cachot.
Ma : mon petit-fils me manque tant.
Moi : hum
DURANT LA NUIT
Rachid (me caressant les cheveux) : je dois faire une excursion de quelques jours.
Moi : comment ça ?
Rachid : les rebelles sont en train de semer le désordre dans le Nord, je dois y aller pour faire régner l’ordre.
Moi : ohh.
Rachid : mais je veux que tu me fasses une promesse Myriam
Moi : oui.
Rachid : personne ne va te garder enfermée entre quatre murs. Tu auras le droit de vaquer dans le palais comme bon te semble, [me fixant du regard] je te fais confiance alors ne me déçois pas.
J’ai du mal à avaler la boule que j’ai à travers la gorge, il me laisse le libre choix ?
Ces derniers temps, oui, je n’avais plus l’impression d’être oppressée, mais je me disais qu’il devait certainement me surveiller à distance, mais là il sera à des milliers de kilomètres et pourtant me dit que je suis libre.
C’est comme si il voulait me faire passer un test. Vais-je rester ou m’enfuir ? Prend -il le risque que peut-être je ne serai pas ici à son retour, pourquoi fait il cela ? Il ne veut plus de moi ?