♡LE LENDEMAIN♡
Ceux sont des cris qui me tirent du sommeil et je me réveille alors que la porte de la chambre s’ouvre sur des gardes qui pénètrent la chambre sans toquer.
Moi : que faites-vous ?
Ils viennent me tirer du lit en me tirant sans ménagement, heureusement que je ne suis pas nue. Je me tortille, essaie de me défendre mais peine perdue. Devant deux braques de leur gabarit, je décide de me soumettre sans avoir besoin de me retrouver après avec des courbatures.
Quand on sort, je vois que l’atmosphère pèse extrêmement lourd, quelque chose ne va pas. Les servantes qui m’aidaient à prendre ma toilette sont là et ont l’air horrifié puis la vieille femme, qui renifle en essuyant ses larmes. Durant tout le chemin, personne ne me quitte du regard, je me demande ce qu’il a pu se passer de grave pour qu’il soit tous ici à me regarder comme une m***e.
Enfin on arrive dans la cour royal et pour la première fois j’y pose les pieds, tout est si spectaculaire mais avec ce qu’il se passe, je n’ai pas le temps de m’imprégner de chaque détail que je me retrouve devant sa majesté le Roi Rachid.
Pour la deuxième fois, je vois cet homme qui m’avait questionné sur mon identité la première fois que j’avais mis les pieds ici, si j’avais su jamais je n’y aurais posé les pieds ce jour là.
Il chuchote quelque chose près du roi avant de se décaler de quelques pas.
Moi : vous pouvez me dire ce qu’il se passe ?
Un cri d’effroi d’horreur s’élève autour de moi, les personnes présentes semblent choquées de mon audace à ouvrir la bouche sans que l’on me donne l’autorisation. Mais je m’en fous de tous, je m’étouffe d’être fermée vingt-quatre heures sur vingt quatre dans cette cage dorée.
Oumar : sa majesté le roi Rachid.
Je soupire comme si je ne le connaissais pas alors que je dors presque chaque nuit sous le même lit que lui. Voilà l’homme dont je parle qui s’avance pour parler.
Lui : reine Myriam vous savez pourquoi vous êtes ici ?
Pff avec ça tête là, j’aurais posé la question si je savais ? Pff
Lui : d’accord, votre frère s’est évadé cette nuit.
J’écarquille les yeux en ouvrant grandement la bouche, Gana s’est échappé d’ici ? Et comment ? Qui a pu l’aider ?
Lui : vous m’écoutez ?
Moi : mon frère s’est évadé ?
Lui : oui reine Myriam et vous êtes ici parce que l’on aimerait savoir si vous saviez quoi que ce soit à ce sujet.
Comment pourrais-je savoir son moyen d’échappatoire si depuis mon arrivée ici, je n’ai pu le voir que hier nuit.
Moi : non !
Cette fois c’est Rachid qui descend de son trône pour se diriger vers moi en me regardant dans les yeux. Je soutiens son regard du mieux que je peux pour ne pas perdre la face. Il plisse les paupières d’un air vraiment mauvais avant de s’arrêter tout juste devant moi.
Rachid : il t'a dit quoi hier ?
J’affronte son regard et finit par abdiquer en baissant les yeux.
C’est la vase qui se renverse sous mes pieds qui me fait reculer en sursautant.
Rachid : ne me fait pas répéter, j’ai horreur de ça.
Je tressaillis même en ouvrant la bouche.
Moi (bégayant) : rien…rien
Rachid ne me quitte pas des yeux, il a l’air de vouloir me sonder. Savoir ce qui se cache au tréfonds de mon être. Je n’hésite à lui donner accès à ce qu’il cherche, il peut fouiller même mon âme s’il en ait capable mais rien ne sortira de bon.
Il tourne le pas en se redirigeant vers son grand fauteuil qui surplombait tous les jours avant de s’y asseoir.
Rachid : raccompagnez-la.
Les deux gardes qui m’avaient presque violentée en m’amenant ici, restent cette fois ci à une distance prédisposée, je lève les yeux vers Rachid et je n’y lis que de la vivacité.
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+++++RACHID++++++
Le tube était rempli et de l'eau chauffait sur le poêle.
J’enlève mes vêtements et me coule dans le bain. Les deux servantes près de moi, allaient s’agenouiller lorsque je les congédie en réfléchissant.
Moi (appelant Myriam) : Myriam !
Myriam : oui.
Moi : venez.
Dès qu’elle passe la porte, elle détourne les yeux, on vient de faire un espace à côté.
Moi : à présent, madame, venez laver votre mari.
Elle (écarquillant le regard) : Pardon?
Moi (répétant) : Venez me laver!
L'effarement qui se lisait sur ses traits quand elle apparut à la porte aurait dû me faire rire. Pourtant, je n'en fus plutôt irrité. Je songe qu'il était grand temps de mettre l'exécution de mes désirs d’époux.
Moi : je m’impatiente.
Elle ne me répond pas. Depuis la nuit où elle s’est jetée dans mes bras et qu’elle m’avait presque forcé à faire d’elle une femme. Myriam semblait changée, plus douce et plus docile.
Moi : J’attends.
+++++MYRIAM ++++++
J’ouvre la bouche, mais aucun son ne sort de ma gorge. Je suis comme hypnotisée par la vue du torse de Rachid, aussi parfait qu’un rêve. Ce mélange de force virile et de grâce était une révélation pour moi. Mon cœur cognait dans ma poitrine. Cette nuit où je me suis laissée dans ses bras, je n’ai pas eu le temps de regarder son corps et de m’imprégner de chaque cellule. Tout s’était passé tellement vite que juste après l’acte, je suis tombée dans les bras de Morphée.
D'une main tremblante, je saisis le savon et commence à laver les cheveux de Rachid.
Pendant quelques minutes, on n'entendait plus rien, sinon le léger clapotis de l'eau quand Rachid bougeait et le frottement de mes mains sur son cuir chevelu.
Sorti de je ne sais d’où, je prenais du plaisir à masser l'épaisse chevelure noire de Rachid et de délicieux frissons naissaient au bout de mes doigts.
Moi : c’est…. C’est bien ?
Je reconnais à peine ma propre voix. Je prenais beaucoup trop de plaisir à toucher Rachid. Et, cependant, je ne pouvais m'empêcher de continuer.
Rachid (d'une voix veloutée) : Oui, très bien.
Je laisse mes mains s'aventurer sur son cou, puis sur ses larges épaules. Ses muscles roulaient sous mes doigts et la force que je percevais me fascine. Aujourd'hui, ni la panique ni le chagrin ne venaient me distraire de ma tâche.
Il était nu, je le savais et ceci troublait mes pensées, je me demande s’il attend de moi que je le lave complètement ou bien ?
Puis contre toute attente, il me demande de m’arrêter et de sortir. Je ne sais pas ce que j’ai pu faire de mal mais je l’écoute, pose l’éponge avant de partir et de refermer la porte derrière moi.