******Rachid******
J’entends des bruits dehors et sors pour voir ce qu’il se passe.
Moi : c’est quoi ce bruit ?
Omar est le premier qui se rapproche avant de me servir de torche pour voir ce corps vide étalé sur une natte.
J’ai besoin de cligner des yeux pour voir qu’il s’agit de Myriam.
Je m’approche net pour sentir son pouls et soupire quand je sens qu’elle respire encore.
Omar : on fait quoi le roi ?
Je regarde cette fille avec son sale état avant de faire signe à deux gardes de se rapprocher.
Moi : amenez la voir la guérisseuse.
Je tourne les talons et m’enferme en jetant le pot de fleurs qui était près de moi.
Que fait elle de nouveau ici ?
Pourquoi est elle revenue ?
*******MYRIAM *******
Je me réveille en grimaçant, je bouge et me rend compte que je suis sur un lit moelleux, j’essaie de bouger mais une main près de moi m’en empêche.
: ne bougez pas, vous avez des points de sutures.
J’ouvre les yeux et voit cette vieille femme au dessus de moi. Je cligne des yeux pour mieux voir d’où je suis mais un mal de gorge m’empêche de me racler la gorge.
La vieille : vous aurez besoin de quelques jours pour vous rétablir ma reine.
Reine ?
J’y suis ?
Moi : de l’eau !
Elle hoche la tête avant de revenir avec un verre d’eau mais son geste fut suspendu par l’arrivée de quelqu’un, c’est quand je la vois faire une révérence que mon cœur palpite.
La vieille guérisseuse : bienvenue mon roi!
Rachid réduit la distance, me regarde puis plisse les yeux. Je suis soulagée d’avoir réussi à revenir à une seule morceau. Mais le regard qu’il est en train de me lancer n’annonce rien qui vaille.
Rachid (à la guérisseuse) : comment elle va ?
Moi : tu pe…
Sa main se lève pour m’ordonner de me taire, ce que je fis automatiquement.
La guérisseuse : elle a dormi deux jours mon roi, mais tout va bien, elle a une blessure au niveau du dos mais elle va s’en remettre d’ici quelques jours.
Rachid hoche la tête avant de partir, j’ai envie de demander ce qu’il se passe, mais je le comprends.Il m’avait fait confiance et voilà que je l’ai trahi.
*******
++++++UNE SEMAINE PLUS TARD++++++
Je suis au fourgon de la guérisseuse depuis une semaine sans une autre visite de quiconque, même pas celle de Rachid. J’ai demandé à la guérisseuse et elle m’a dit qu’il n’est plus jamais revenu.
Je ne peux pas encore faire grand-chose, mais je vais mieux. Seulement je n’arrive pas à me tenir debout un long moment. Pourtant aujourd’hui, je décide d’aller au au-delà du possible.
Je suis sortie, la guérisseuse part le matin et ne revient que le soir, c’est une jeune fille qui reste avec moi pour me tenir compagnie.
Avec l’aide d’une branche qui me sert de béquille, je m’appuie dessus pour me tenir debout et marcher. La fille est à côté et quand elle voit que je continue de marcher vers le palais, elle court pour me questionner.
La petite : vous allez où ma reine ?
Moi (essoufflé) : je veux parler au roi.
La petite : mais…
Je ne l’écoute pas et essaie du mieux que je peux pour aller plus loin jusqu’à ce que j’entende sa voix juste derrière moi.
******Rachid*******
J’éperonne doucement ma monture et fais signe aux gardes de me suivre. Omar fermait la marche.
Une main crispée sur béquille, Myriam essayait d’aller plus loin, j’épiais ses moindres faits et gestes derrière elle.
Au bord de l'épuisement, Myriam essayait de gravir une pente raide, mais elle semblait ne pas s’en apercevoir. Elle avançait machinalement, usant ses forces pour garder son statut jusqu’à ce que le bâton dérape, elle tente de se cramponner à lui. Trop tard. Le bâton tombe sur le sol et Myriam se met à dévaler la pente en roulant sur elle-même.
J’ai juste le temps d’entendre son exclamation étouffée. Le temps que je fasse volter ma monture, Myriam avait été arrêtée dans sa chute par un bouquet d'arbustes. Mais elle ne bougeait plus. Oubliant toute prudence, je m'engage sur la pente glissante.
Moi : Myriam !
Mon appel résonne autour de nous. D'un bond, je saute de ma selle et court m’agenouiller auprès de Myriam.
Moi (d'une voix anxieuse) : Myriam ? Est-ce que ça va ?
Elle ne répondait toujours pas.
Moi (murmurant) : Parle-moi.
Je repousse de mes doigts tremblants la poussière qui s'était collée sur son visage. Ce n'était pas une grosse chute.
Délicatement, j’ôte les cristaux de sable qui s'étaient accrochés dans les cils et les sourcils de la jeune femme.
Omar : on appelle la guérisseuse ?
Myriam choisit ce moment pour gémir faiblement et tente de se relever. Mais à peine avait-elle commencé à se relever que sa longue tresse, qui s'était coincée sous elle, la tire violemment en arrière et la fait retomber dans le sol. Trop hébétée pour comprendre ce qui lui arrivait, Myriam voulait recommencer. Le même scénario se répèta.
Je lui saisit les bras.
Moi : vas-y doucement.
Myriam (d’une voix hésitante) : Rachid ? C'est toi?
Moi : Oui, Myriam, c'est bien moi.
A présent que je la savais saine et sauve, je me sentais euphorique. Tout en l'aidant à s'asseoir, j’éclate de rire en la voyant toute poussiéreuse.
Myriam (gémissant) : il y’a quoi de drôle ?
******MYRIAM ********
Le rire de Rachid me blesse comme une gifle en plein visage. Je voulais m'écarter, mais il me tenait fermement. En riant toujours, il me remet sur mes pieds, avec autant de décontraction que s'il avait soulevé une valise.
Ce fut la goutte qui fait déborder le vase. Dans un élan incontrôlé où se mêlaient la fatigue, l'angoisse, la colère et l'humiliation, Je m'empare du couteau que Rachid portait à sa ceinture. Mon geste fut si inattendu que j'avais déjà tiré l'arme de son fourreau avant queRachidait pu réagir. Il me saisit le poignet avec la rapidité d'un serpent.
Rachid : que veux-tu faire?
Je grimace et tente de libérer ma main.
Jamal : Myriam ! Que diable t’arrive-t-il ? Cette chute t’aurait-elle ôté le bon sens ?
Je ne réponds rien. Je suis épuisée, j’ai froid, je sens des élancements douloureux dans mon dos, mais par-dessus tout je suis exaspérée contre cet homme qui s'amuse de mes faiblesses.
Moi : Lâche-moi!
Rachid cesse de sourire quand il mesure enfin ma fureur.
Rachid : Pas tant que tu ne m’aurais pas dit ce que tu comptes faire avec ce couteau.
Moi : Rachid !
Il ne bronche pas et on s’affronte à se regarder dans les yeux sans baisser le regard puis je finis par hoqueter quand je sens que je suis à bout.
Je ne sens pas le moment où il passe ses mains sur moi pour me relever. Je suis juste dans ses bras alors qu’il marche, ma tête est cachée sur son cou alors que les larmes coulent. Qu’ai-je fais pour ne pas mériter la paix et le bonheur ?