Chapitre un
Le soleil poussait nonchalamment sa porte de nuages et
regardait d’un œil encore bouffi de sommeil la ville qui s’éveillait.
L’horizon se teignit de pourpre. Le jour naissait.
Les boîtes de nuit finissaient de vomir leurs noctambules qui se
mêlaient aux lève-tôt couche-tard : monde hétéroclite fait de
marchandes, de curés, de boulangers, de muezzins, d’ouvriers…
Les rares buildings érigeant par-ci, par-là, leur masse, trouaient
le brouillard du matin qui submergeait la ville.
Un nouveau jour se levait : un nouveau sursis de vie pour les
millions de désœuvrés et de miséreux d’Afrique. Pour eux, il
apportait au mont – combien déjà très haut – des souffrances des
années et des jours précédents, son amer rajout de misère.
Encore un nouveau jour : un sursis de vie pour des milliers
d’hommes-cancrelats, peuple méconnu des prisons abjectes des
présidents-fondateurs-guides éclairés d’Afrique.
Encore un nouveau jour : la continuation d’un exubérant
bonheur pour des milliers d’hommes auxquels la vie n’avait rien
''refusé'', peuple de tortues intellectuelles à carapaces de diplômes
ou d’argent, moralement invertébré, pour lequel il était aussi
normal d’exploiter, d’asservir l’Homme que d’exploiter ou de
maltraiter son âne.
Encore un nouveau jour qui se levait sur ce monde, le nôtre :
terrible paradoxe où les dieux se définissent par les diables et où
l’esprit se mesure à l’aune de la matière. Ce monde à
l’incompréhensible dualité où le bien tient la main du mal, où
l’enfer fait corps avec le paradis.
Monde où l’affamé squelettique côtoie l’obèse.
Monde de l’eucharistie et de la pilule.
Monde des Brigades-rouges et de la Croix-Rouge.
Mais aussi en Afrique, monde du président-dieu et du militant-
votant, « l’homo applaudicus ».
Le jour était né. L’armée de mendiants avait pris d’assaut les
devantures des grandes banques bourrées d’argent, occupant ses
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éternelles positions stratégiques pour avoir les quelques jetons qui
lui permettront de voir un autre jour naître demain.
Les buildings, véritables nids de tisserins s’animaient. Ils
avaient déjà avalé un grand nombre de personnes, travailleurs
comme chômeurs en quête de boulot. Leurs escaliers résonnaient
du martèlement des chaussures. Les crépitements des machines à
écrire, telles des rafales d’armes automatiques, s’ajoutaient aux
grésillements des téléphones et aux voix humaines pour instaurer
une ambiance de marché africain.
Mais n’exagérons pas. Tous les buildings ne connaissaient pas
cette ambiance. Au centre de la ville, sur une petite colline se
dressait un building, au milieu d’une très vaste cour, grand champ
de fleurs. Il se distinguait par son architecture et la haie d’hommes
armés jusqu’aux dents qui entouraient la cour et en interdisait
l’accès.
Vu de l’extérieur, on eût dit un temple, une église ou une
mosquée. Car le calme qui régnait dans la cour était
impressionnant.
C’était plutôt une banque, un palais – coffre où l’État, la
« nation » et le « peuple » gardaient leur trésor inestimable : leur
illustre Fils, Guide-éclairé, Père-fondateur, Leader-bien aimé qui a
tout créé, tout, surtout les prisons et le parti unique.
Et qui créé tout.
C’était de ce palais-coffre-fort, usine de discours et de décrets
que le premier fils du peuple gouvernait le pays.
C’était de ce sanctuaire qu’il construisait la patrie : la sienne,
entre quatre murs.
C’était de ce temple que le président-dieu Gouama gérait le
destin de plusieurs millions d’hommes habitant la République
Démocratique de Watinbow.
Silence, le dieu travaille !
* * * *
La lourde voix d’un interphone grésilla.
– Monsieur Marcel, Marcel, Marcel… Monsieur le conseiller…
Mon conseiller… Marcel…
– Monsieur le Président ! J’arrive, votre Excellence ! Tout de
suite, à vous Excellence ! Je suis à vous mon Président !Marcel était dans le pays depuis le jour où le président de la
nouvelle République de Watinbow avait débarqué d’un DC 6 en
brandissant du haut de la passerelle à l’immense foule hystérique
venue l’acclamer à coups de tam-tams, de cors et de fusils à pierre,
une sacoche de cuir luisant en criant :
– Je vous apporte l’Indépendance !
On hurla et on dansa des jours et des nuits durant. Dans les
églises et dans les mosquées, on avait expliqué que cette
indépendance n’était pas le signe de l’avènement de Satan, comme
celle que les « communistes » voulaient installer il y a deux ans.
Mais la sacoche était très petite pour contenir un objet de valeur,
pensèrent certains à haute voix dans la foule. Peut-être
l’indépendance était en or, répondirent d’autres. Le Président
Gouama ne l’avait pas montrée. Mais elle devait être bel et bien
dans la sacoche. Il n’y avait qu’à voir la haie de gendarmes et de
gardes qui empêchaient d’approcher la sacoche et son porteur.
Marcel, c’était le « conseiller » que le maître d’hier, devenu
depuis l’atterrissage du DC 6 présidentiel un ami fidèle et un
partenaire sincère, a délégué pour aider le nouveau président dans
ses apprentissages d’indépendance.
– Où étais-tu passé Marcel ? Avertis Monsieur l’Ambassadeur
que j’irai au prochain sommet de l’OUA dans dix jours.
– Oui Monsieur le Président. C’est vrai, votre présence est plus
que nécessaire pour aider à résoudre les graves crises qui menacent
l’existence même de l’Organisation. Votre lucidité et toute l’estime
conséquente que vous témoignent tous vos pairs seront le ciment
qui comblera les lézardes de cet édifice. Je vais commencer à
rédiger l’allocution que vous y prononcerez dès ce soir.
– Attention Marcel ! Je pense qu’il nous faut entendre d’abord
Monsieur l’Ambassadeur. Es-tu sûr que votre pays n’a pas changé
de position au sujet des problèmes que nous aurons à débattre ?
– Sûr votre Excellence. Il n’y a pas de changement.
– C’est vrai Marcel. Ce sont toujours les mêmes vieux
problèmes.
– Penses-tu qu’un jour la RASD puisse siéger sans difficultés à
l’OUA ?
– Votre Excellence, c’est possible mais pas souhaitable.
– Personnellement, je me pencherais du coté de la RASD, s’ils
n’étaient pas sous la houlette du communisme impénitent ces
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Sahraouis. Ah le communisme ! C’est la peste moderne. Les
diplomates et les étudiants en sont les rats propagateurs. Notre
monde porte le communisme comme une plaie ulcéreuse sur les
fesses ; tant qu’elle est là, impossible de s’asseoir pour se reposer.
Ou nous arrivons à radier le communisme, ou le communisme
radiera le monde libre. Et ce sera la fin du monde. Si tu ne m’avais
pas contredit dès les tous débuts de l’indépendance, maintenant que
j’avais réglé le compte à ces fils de Satan. Il fallait que toute
demande d’emploi, à la fonction publique ou ailleurs fût
contresignée par le catéchiste ou l’imam du quartier ou du village
du demandeur.
– Votre Excellence, je vous répète que vous vous seriez créé
des ennemis pour rien.
– Je persiste à croire que j’avais raison. As-tu déjà vu un paysan
communiste ? Ce sont des imbéciles de fonctionnaires ou salariés
des autres secteurs qui optent pour le communisme.
– Monsieur le Président, ne revenons pas sur cette vieille
discussion. Je comprends votre haine du communisme, mais…
– Oui, c’est ma formation au séminaire…, non Marcel, ce n’est
pas que ça. Tout homme capable de distinguer l’or du cuivre,
comme on le dit dans ma langue, est capable de comprendre que le
communisme est la pire chose vers laquelle un être humain puisse
tendre. Souvent j’ai envie de dire tout haut aux ambassadeurs des
pays de l’Est : foutez-nous la paix ! Rentrez chez vous. Mais avec
l’hypocrisie que vous appelez diplomatie, on se tolère, on se
congratule à l’occasion. L’autre jour, pendant que je décorais
l’ambassadeur de l’URSS, j’avais envie de le gifler. Quand
j’approche un communiste, j’ai une sensation bizarre,
indéfinissable.
– C’est exact votre Excellence ! Les communistes sont en
réalité des assoiffés de sang, des terroristes.
– Vois comment ils occupent les pays des autres ! Et ils osent
chercher à se justifier ! Non, j’enrage. Le drame est que des esprits
constipés, de type primaire, solidement amarrés à une déplorable
ignorance et réfractaires aux exigences de notre monde africain
n’hésitent pas à trouver des similitudes entre l’invasion barbare de
l’Afghanistan et les opérations de sauvetage au Zaïre, au Tchad et
en Centrafrique. Tu ne me croiras pas Marcel, lorsque je t’aurais
dit que les auteurs de telles aberrations ont des licences, destout, conclut tranquillement l’inspecteur de police. Salut la
compagnie. Nous retournons recevoir notre Guide-suprême cet
après-midi, dit-il en claquant la porte de sa Land Rover.
Le soleil venait d’entamer la dernière moitié de sa course. Le
feu qui cascadait du ciel avait contraint les groupes de danseurs et
de musiciens, sur pied dès les premières heures de la matinée pour
recevoir leur président, à s’abriter sous les caïlcédrats aux ombres
avares et furtives.
Les vendeurs d’eau faisaient fortune. Les longues et dures
heures d’attente avaient séché les gosiers.
Par petits groupes, les jeunes s’agglutinaient autour des petits
récepteurs que certains d’entre eux portaient à leur cou.
Les écoliers qui agitaient de petits drapeaux en papier depuis
sept heures du matin avaient déserté leurs rangs tout le long de
l’avenue que devait emprunter le guide Gouama.
Tout le monde écoutait la radio pour savoir à quel moment
arriverait le Père-fondateur du parti, Guide éclairé, et bien-aimé.
– Ici la radio diffusion, la voix de l’indépendance émettant de
Watinbow. Militantes et militants, chers auditeurs, comme
précédemment annoncé, nous allons prendre contact avec notre
équipe mobile qui suit votre Excellence, le Grand-stratège, le
Timonier-national, le Guide-suprême, celui qui lutta farouchement
pour donner à son peuple l’indépendance, dans la tournée qu’il
effectuera à Zamb’Wôga. Nous ne le répéterons jamais assez : si
cette visite semble improvisée aux yeux du profane politique, elle
est en réalité un baromètre permettant de mesurer la capacité
d’organisation de notre peuple, sa rapidité à se mobiliser quand on
le lui demande. Le Guide de la Nation a voulu tester une fois de
plus la vigilance des masses populaires qui doivent être prêtes à
n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, à se mobiliser
pour écraser les ennemis intérieurs et extérieurs à notre pays, à
bouter hors de nos frontières les éventuels mercenaires et autres
charlatans à la solde de l’impérialisme international. Nul ne doute
que la population de la ville de Zamb’Wôga sortira massivement
pour témoigner au premier fils de notre pays son indéfectible
soutien et sa totale disponibilité. En attendant, voici quelques
communiqués qui viennent de nous parvenir :
« La direction du Flamboyant prie mademoiselle Jeanne,
employée au service de jour, qui a quitté le night-club depuis hier
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soir, de rejoindre d’urgence le club avant 22 heures, faute de quoi
elle sera considérée comme démissionnaire. »
« Zongo Robert signale la disparition de son oncle Zongo
Bouanga. Signalement : taille un mètre quatre-vingt, teint noir,
sans cicatrices raciales. Il portait à sa sortie de vieux habits kaki. Il
aimait boire à la Cave du roi où il a été vu avant hier soir. Prière
d’avertir le poste de police le plus proche en cas de retrouvaille,
d’avance merci ».
Allô, allô ! L’équipe mobile ? Si vous nous entendez, vous avez
l’antenne. Allô l’équipe mobile, allô l’équipe mobile ? Vous avez
l’antenne.
– Merci le studio, nous vous recevons très bien.
Chers auditeurs, nous reprenons l’antenne pour vous dire avec
quel enthousiasme les militantes et les militants de Zamb’Wôga
attendent leur illustre hôte, le Père de la Nation.
Depuis ce matin, une véritable marée humaine a envahi la place
de l’indépendance. À la symphonie des tam-tams, des flûtes, des
balafons, des koras et des mélodieuses voix des griots et des
griottes, s’ajoutent de temps en temps des cascades de fusils à
pierre. L’ambiance est celle des grands jours de fête. Toute la ville
resplendit des fastes des cérémonies de réjouissance organisées
pour recevoir le Grand-stratège. Jamais de mémoire de citoyen de
ce pays, on n’avait vu une telle mobilisation dans un délai aussi
bref. Ce serait nous répéter que de vous dire que notre Guide bien-
aimé est adoré par son peuple.
On nous annonce que le cortège présidentiel fait son entrée dans
la ville. Tout le monde s’agite. Les musiciens reprennent leurs tam-
tams. Professeurs et instituteurs remettent leurs élèves en rang.
Nous entendons la sirène du motard de la gendarmerie qui précède
le cortège. Les fusiliers installés à la sortie de la ville font tonner
leur arme.
Il est là, le Grand-guide est arrivé. La foule applaudit. Debout
dans sa Mercedes décapotable, le Père de la Nation répond à toutes
les ovations en brandissant une merveilleuse canne ; et avec son
éternel sourire du bon chef qui aime son peuple.
L’important et impressionnant cortège vient de s’arrêter à notre
niveau. Le Timonier-national descend. Costume gris-sombre, il
salue la foule en délire, sa canne d’une main, un mouchoir de
l’autre, car il fait très chaud.Le chef de l’État vient d’entrer au milieu de la foule. Il serre des
mains. C’est vraiment inouï. Ah que c’est beau tout ça ! Que c’est
magnifique d’être aimé par son peuple. Le bon père parle à ses fils.
Il s’entretient avec de petits écoliers ; certainement qu’il leur
prodigue des conseils et des encouragements. Comme les anciens
le disaient : « la principale caractéristique d’un bon chef, c’est la
noblesse du cœur ». Notre Guide-suprême est un exemple vivant
de cet adage. Quelle générosité, quelle bonté, que, quelle, les mots
me manquent pour décrire l’amour que notre Père bien-aimé
témoigne à tout son peuple à travers les habitants de Zamb’Wôga.
Le bain de foule est terminé. Le président de la République
rejoint la tribune d’honneur suivi de certains membres du
gouvernement, des hautes autorités de la région et de la ville, sous
les clameurs, les hourras et les vivats de la foule en délire.
Les militants responsables de l’organisation font taire les tam-
tams et les griots. Le silence est réclamé à toute la foule.
Le gouverneur de la région Kouakou Koffi adresse des mots de
bienvenue en langue africaine, à l’illustre hôte. Il rappelle
l’héroïque lutte de cet homme qui a su braver tous les dangers,
franchir tous les obstacles afin que son peuple vive la liberté !
Notre bonheur, notre prospérité, notre développement restent et
demeureront les seuls soucis de cet homme béni de Dieu et envoyé
comme messie pour son peuple.
Le gouverneur souligne une évidence : la bonté du Grand-guide,
incapable de faire du mal à une simple mouche. La foule hurle de
joie. Plus de cent mille personnes qui crient, applaudissent, font
tonner des fusils à chaque fin de phrase ! Imaginez chers auditeurs.
Le gouverneur vient de finir son discours sous un tonnerre
d’applaudissements.
Le Guide-suprême, le Père-fondateur de la Nation, le Grand-
timonier... vient de se lever. La foule est incontenable. Les
militants entonnent l’hymne du parti, repris en chœur par toute la
foule. Quelle ferveur militante !
Le silence est demandé. Le Père de la Nation va s’adresser à son
peuple. Écoutez notre libérateur, notre Président à vie.
– Militantes et militants de Zamb’Wôga, chers compatriotes.
Le tonnerre d’applaudissements craqua, sec.
– Nous vous saluons au nom des militants de la capitale et de
tous les autres militants à travers la République.
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Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous nous faites cet
après-midi en bravant le soleil, la soif, la poussière pour nous
recevoir. Cela prouve, s’il en était besoin, que les nobles idéaux de
paix, de justice, de progrès social, principes fondamentaux de notre
Parti d’avant-garde, ne sont pas de vains mots à Watinbow. Cela
prouve, s’il en était besoin, que la bonne volonté et la grande
maturité de notre parti unique sont indéniables et irréversibles.
Le tonnerre d’applaudissements roula, ininterrompu. Le délire
était à son paroxysme.
– Nous sommes à Zamb’Wôga aujourd’hui comme nous avons
été dans certaines villes hier, comme nous seront dans d’autres
villes demain. Il nous faut, à chaque fois, aller vers notre peuple
pour animer la flamme du Parti qui réchauffe nos cœurs et nous
éclaire la voie pour des lendemains meilleurs.
Zamb’Wôga a été, dès les premières heures de la lutte, l’une des
premières villes qui ont répondu à l’appel pour le combat. Le
combat pour l’indépendance.
Aujourd’hui encore vous êtes un exemple pour bien d’autres
militants de notre pays. Votre ardeur légendaire au travail, votre
sens très élevé de l’honneur, de la dignité, du courage, vous placent
à l’avant-garde de la lutte que nous menons contre le sous-
développement et ses conséquences.
Zamb’Wôga a donné à la Nation de grands et valeureux
soldats. Nous prendrons un exemple, le commandant Keïta et le
capitaine Ouédraogo dont le courage et l’audace ont été cités en
exemple au-delà des océans.
Les applaudissements se firent drus avant d’être couverts par les
clameurs et les hurlements.
– Mes chers compatriotes, il est toujours bon de rappeler les
grandes lignes de notre parti-État, sous la bannière duquel notre
peuple est allé à l’assaut des forces coloniales pour arracher sa
souveraineté. Il est et restera l’unique parti de notre pays.
Car le monde que nous vivons n’est pas seulement miné par les
menaces de guerres nucléaires ou conventionnelles. Il ne souffre
pas seulement de la crise économique et de la misère conséquente.
Mais il va indéniablement à l’apocalypse, par la voie de la
désunion des peuples. Et pour que les peuples réalisent cette unité
salvatrice, il faut impérativement que chaque peuple au niveau de
chaque pays forge son unitéDonc notre parti n’est pas né pour sauver seulement notre
peuple mais aussi pour apporter notre petite pierre à l’édification de
la fraternité et de la paix universelle.
Mais comme vous le savez, notre monde ressemble à une case
de singes : pendant que les uns s’évertuent à la construire, les
autres s’emploient à la détruire. C’est pourquoi nous dénonçons les
puissances étrangères qui organisent et financent les guerres entre
les peuples.
Nous réitérons notre soutien à tous nos amis épris de paix.
Militantes et militants, nous vous invitons à redoubler de
vigilance face aux marchands d’idéologies, les dioulas de théories
qui viendront pour troquer votre foi militante contre des chimères.
Nous veillerons et serons désormais impitoyables avec tous
ceux qui pensent que les diplômes universitaires et les grandes
études sont des licences pour semer les troubles, la zizanie et
l’anarchie en érigeant des mensonges et des rêves en parole
d’évangile. Nous châtierons, avec la dernière rigueur, tous ces
prophètes à courte vue et aux idées aussi touffues que les barbes de
leurs dieux.
Vous savez que malheureusement, nos jeunes portent leurs
diplômes comme des cyclistes portent leur dossard. Dès que vous
essayez de les conseiller, ils vous tournent le dos.
De Zamb’Woga, je lance un appel à toutes les militantes et tous
les militants de notre parti, afin qu’ils démasquent et dénoncent
tous les petits opportunistes qui bénéficient des sacrifices de notre
peuple et qui, en retour, créent le désordre.
Nous savons qu’ils sont manipulés de l’extérieur par des gens
jaloux de notre stabilité, notre paix et notre progrès. L’ordre
régnera par tous les moyens. Nous ne faillirons point.
Chers compatriotes, la conjoncture internationale et la crise
économique mondiale nous commandent des sacrifices si nous
voulons maintenir le taux de croissance que connaît notre pays
depuis ces dernières années.
Personne d’autre ne viendra construire ce pays pour nous. Nous
devons songer à l’avenir de nos enfants. Il s’agit de répondre
clairement, de façon intelligente et consciente à la question
suivante : quel pays voulons-nous pour nos enfants ?
L’avenir sera ce que nous voulons qu’il soit.