XXXVI Morlaix est un port où on doit passer dans du bocage pour y arriver ; la ville se cache, la vilaine, entre trois collines, et elle a semé des maisons à étages sur les bords de sa rivière. Un immense viaduc coupe la poire en deux. Pour me changer des bretonneries, c’était le dimanche et y’avait un pardon. Je me suis dit, je vais le suivre pour voir jusqu’où on peut aller. Car j’étais tellement baigné dans le Tro Breizh, que je voyais de la religion partout. Chez nous, au Minio, on a un pardon une fois par an à la chapelle de saint Roch et saint Cado. Un jour, Francine m’y a traîné. Des costauds portent le saint sur un établi, jusqu’à une fontaine, celle de “Miséricorde”, et chacun jette des pièces dedans, en faisant un vœu qu’il note sur un papier et l’accroche sur un mur de la fontai

