12. Les Loups de la nuit Une longue nuit commençait par-dessus les marais, et le brouillard semblait ne plus vouloir cesser. À peine distinguait-on le cercle de la lune, par derrière son halo. La meute, dans son ensemble, venait de prendre position. Elle garnissait la berge. Anna menait ses troupes en souriant doucement, et usait de petits gestes précis. Les autres, ses compagnons humains, cheminaient avec lenteur. En exceptant Mariette, ils se serraient les uns contre les autres. Ils éprouvaient cette peur que l’homme a toujours ressentie à l’encontre des loups. — J’ai pu voler une barque au cours de cet après-midi et venir la cacher, les renseigna Anna. Ainsi, en l’empruntant, nous traverserons à pied sec. Ils embarquèrent, et Aimery se saisit de la gaffe. Sans hésiter, les loups se

