Son état moral, il le connaissait, le secrétaire avait pris à tâche de le lui définir clairement, mais son état physique, quel était-il ? Comment avait-il supporté la terrible épreuve de la vie commune avec des brigands ? Qu’était devenu, après deux ans de captivité, le beau Fréneuse ? La vigueur avait-elle persisté dans ce corps soumis aux rebutants travaux, aux privations de nourriture, et aux ardeurs d’un climat épuisant. Le chagrin ne l’avait-il pas miné et détruit ? Était-ce un infortuné, à demi-mort de tristesse et de souffrance, qu’il allait voir paraître, et le salut, pour lui, arriverait-il encore à temps ? Un pas se fit entendre dans le silence, et, la porte rouverte, le surveillant dit : — Entrez. Voici l’étranger qui a l’autorisation de vous voir… Tragomer s’était détourné. I

