🎶J’ai beau crié, tu m’entends
Ma haine diminue, j’te mens pas 🎶
_____________________________________________
Je suis restée immobile, le téléphone serré contre mon oreille. Comment ils connaissaient mon prénom ? Pourquoi sur un numéro masqué ?
Quelques secondes plus tard, Kayla est montée pour me demander si tout allait bien.
Moi: (vite) Oui, oui, t'inquiète pas.
Kayla: T'es sûre ? T'as l'aire terrifiée, ma belle.
Moi: Juste fatiguée.
Je pouvais pas lui dire. Si elle s'inquiétait, elle le répéterait peut-être à mon père, et lui... lui ça allait tourner en catastrophe.
15h18
Je suis redescendue dans le salon pour souffler un peu. J'ai mis la télé sur une chaîne random. Mais impossible de rester tranquille: je me sentais surveillée, même à l'intérieur.
Et là... toc toc toc à la porte.
J'ai sursautée.
Kayla: (de la cuisine) Tu peux ouvrir s'il te plaît ? J'ai les mains pleines.
Je me suis approchée de la porte d'entrée doucement. Mon cœur battait à mille.
J'ai regardé dans le judas: un livreur, sac sur le dos.
Je souffle de soulagement et j'ouvre.
Livreur: Bonjour, livraison pour... Stella M****.
Je le regarde, choquée.
Moi: Mais j'ai rien commandé...
Il me tend un petit carton. Dessus, pas de nom, pas d'adresse complète. Juste écrit au marqueur noir : « À ma jolie prisonnière ».
Mon sang s'est glacé.
Moi: Euh... non désolée, y'a une erreur.
Livreur: Pourtant c'est bien ce nom-là. Après si vous voulez refuser, je repars avec.
J'ai pris le colis.
Moi: Merci monsieur
Livreur: Pas de problème, bonne journée
J'ai claqué la porte, les mains tremblantes. Kayla est arrivée en me regardant bizarre.
Kayla: C'était quoi ça ?
Moi: Rien... une erreur de livraison.
J'ai menti, évidemment. Je pouvais pas lui dire ce qui était écrit. Pas maintenant.
Je suis remontée dans ma chambre avec le carton, même si j'avais dit à Kayla que je l'avais refusé.
Mes mains tremblaient tellement que j'ai failli le faire tomber.
Je l'ai posé sur mon lit.
Il était léger. Trop léger. Comme s'il y avait presque rien dedans.
Moi: (en murmurant) C'est quoi encore cette histoire...
J'ai respiré un grand coup puis j'ai ouvert.
À l'intérieur, il y avait:
Une seule photo polaroïd... de moi.
Prise de loin, sûrement depuis la rue, alors que j'étais dans ma chambre en train de réviser hier. On voyait clairement ma silhouette assise à mon bureau, penchée sur mes cahiers.
Et un petit papier plié en deux.
Je l'ai ouvert d'une main tremblante.
« Tu crois que tu es en sécurité derrière tes murs ?
Je te vois. Toujours. »
Mon estomac s'est retourné. Je me suis levée d'un bond, j'ai couru fermer les rideaux, j'ai même vérifié que la fenêtre était bien verrouillée.
Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression que Kayla allait l'entendre depuis le rez-de-chaussée.
Je savais que je devais prévenir mon père. Mais si je lui disais, il allait me faire vivre un enfer, m'enfermer pour de bon, mettre dix gardes derrière ma porte.
Et une part de moi refusait ça.
Alors j'ai glissé la photo et le papier sous mon oreiller.
Comme si en les cachant, j'allais pouvoir oublier.
Mais la vérité... c'est que maintenant, j'avais la certitude:
La silhouette que j'avais vue n'était pas une hallucination.
Quelqu'un m'observait.
20h17
J'ai bien caché la photo et le papier sous mon oreiller, comme si ça allait effacer le problème. Quand mon père a appelé sur w******p vidéo, je me suis forcée à sourire.
📲Moi: Coucou Papa !
📱Papa: Wesh Stella, tranquille ou quoi ? Tu bosses ou tu dors comme une marmotte ?
📲Moi: (en riant) Je révise, je révise, promis !
📱Papa: J'espère hein... parce que la médecine c'est pas Netflix. Faut charbonner comme si t'avais le loyer à payer demain.
Il avait ce ton mi-sérieux, mi-taquin qui me faisait toujours rire.
📲Moi: Oui, je sais... t'inquiète.
📱Papa: Non mais sérieux, ma fille, faut que tu comprennes un truc: « La sueur d'aujourd'hui, c'est le confort de demain. » Tu vois ou pas ?
📲Moi: (sourire) Oui Papa...
Il plissa les yeux.
📱Papa: T'as une tête bizarre. T'as pas mangé ou quoi ?
📲Moi: Mais si, j'ai mangé ! Kayla prend bien soin de moi.
📱Papa: Tant mieux... parce que moi j'veux pas que tu me fasses des coups chelous. Si t'as un problème, tu m'dis, ok ? Ici y'a pas de honte, y'a que la vérité.
J'ai eu un instant d'hésitation. Mon cœur voulait lui dire pour le carton, pour la photo. Mais ma bouche a préféré mentir.
📲Moi: Non, papa, tout va bien... vraiment.
Il m'a pointée du doigt à travers l'écran.
📱Papa: C'est bien, continue comme ça. Et rappelle-toi: « Le lion reste un lion, même s'il est enfermé »
Puis il a raccroché après m'avoir fait rire avec une dernière blague.
21h02
Après, c'est ma mère qui m'a appelée. Rien que voir son visage doux sur l'écran m'a fait respirer un peu mieux.
📱Maman: Ma princesse... comment tu vas ?
📲Moi: Ça va, maman. Fatiguée, mais ça va.
📱Maman: Tu manges bien ? Tu dors assez ?
📲Moi: Oui, Kayla veille sur moi.
📱Maman: (soupire) Ça me rassure... Tu sais, chaque jour je fais des duaa's pour toi. Qu' الله
t'éloigne du mal, qu'Il t'ouvre les portes du succès.
Ses mots m'ont donné les larmes aux yeux.
📲Moi: Merci maman... ça me fait du bien de t'entendre.
📱Maman: Toi aussi tu dois faire des invocations, ma chérie. Même si tu crois que personne ne t'entend, Lui, Il entend tout.
J'ai hoché la tête en silence. Je me sentais apaisée rien que par le ton de sa voix.
📱Maman: Allez, dors tôt ce soir. Ton père fait le dur mais il est fier de toi, sache-le.
Après avoir raccroché, je me suis allongée.
Entre la force brute de mon père et la douceur de ma mère, j'avais l'impression d'être protégée... mais au fond de moi, l'image de la photo restait imprimée.
Quelqu'un, quelque part, continuait à me regarder.
Quelques jours ont passé.
Pas de carton suspect, pas de numéro masqué. Rien. Comme si le danger avait disparu d'un coup.
Mais malgré ce calme apparent, j'étais incapable de me détendre vraiment. J'avais toujours cette boule au ventre, cette impression qu'un regard pesait sur moi à chaque fois que je m'approchais de la fenêtre.
17h38
Mon père m'a appelée comme souvent. Je me suis dit que c'était le bon moment pour tenter ma chance. J'avais besoin d'air. Besoin de sortir.
📲Moi: Papa... j'peux te demander un truc ?
📱Papa: Vas-y, crache.
📲Moi: Ça fait des semaines que je reste enfermée... j'aimerais juste sortir un peu. Genre... aller boire un café avec Kayla. Pas loin.
Silence. Puis il a plissé les yeux en me regardant à travers l'écran.
📱Papa: (voix grave) T'es sérieuse là ?
📲Moi: Oui papa... je te jure je fais attention.
Il s'est mis à rire, mais un rire froid.
📱Papa: Écoute-moi bien, Stella. Toi dehors ? Jamais d'la vie.
📲Moi: Mais papa—
📱Papa: (en me coupant la parole) Mais attend, tu crois quoi ? Que c'est Disneyland dehors ? Y'a que des requins qui veulent gratter leur part. Toi, t'es mon sang. Et mon sang, je le laisse pas traîner dans la rue comme un sac plastique.
📲Moi: (voix basse) Mais j'suis pas un sac plastique, Papa...
📱Papa: Justement. Toi t'es un diamant. Et les diamants, ça reste dans un coffre. Tu piges ou pas ?
Je me suis tue. Mon cœur battait fort, partagé entre la colère et la résignation.
📱Papa: Regarde, la vie c'est simple: « Soit t'es chasseur, soit t'es gibier. » Et moi j'te le dis, ma fille... toi, tu seras jamais le gibier d'personne. Alors tu bouges pas d'ici. Point barre.
Il a raccroché aussitôt, me laissant avec ce goût amer. Je savais qu'il m'aimait à sa manière, qu'il voulait me protéger. Mais j'étouffais. Je me suis laissée tomber sur mon lit, fixant le plafond. Oui, la mascarade s'était calmée... mais la prison dorée restait la même.
_____________________________________________
Que va-t-il faire en la sortant hors de la voiture ?
LIKEZ
COMMENTEZ
PARTAGEZ