Le Week end c’était passé à merveille…
Malgres le comportement étrange de la jeune femme.
Il n’avait pas poussé tres loin ses investigations… il avait éte appelé le dimanche matin, mais il avait été de retour pour déjeuner. Il ne lui avait pas dit, mais il avait accompagné le commandant à la ferme Montpeissein…des appels anonymes avaient dit à la police qu’un veau avait été mutilé la veille chez eux…
Les deux hommes étaient allés interroger la famille mais sans grands succés…
Le commandant avait aussi annoncé, qu’ils allaient surement rouvrir l’enquête sur le suicide de leur petite fille…
La veille, Blake avait accompagné Diana imprimer les preuves, et ils les avaient déposés directement, grâce à Alex dans le bureau de leur chef…
Il n’avait pas dit ça non plus à Diana, car pour l’instant rien n’était fait….il avait preferé faire rire sa rouquine, lui preparer des petits plats, lui faire l’amour et s’endormir avec elle…malgres quelques réveils en sueur à cause de cauchemars…elle lui avait dit qu’elle ne souvenait plus de ses mauvais rêves…
Sa compagne se rendormait en s’agrippant à son t shirt …il avait sentit quelques fois des larmes à travers son haut…mais il les avaient essuyés sans poser de questions…avec Diana, il fallait être patient et la laisser décider seule du moment où elle voudrait se confier…la brusquer pouvait parfois fonctionner … mais il sentait que cette fois elle avait besoin de temps…
Diana savait que le jeune homme sentait qu’il y avait un probleme mais qu’il ne la forcerait pas…
Elle l’aimait encore davantage…grâce à son beau lieutenant et ses baisers, elle est partie de bon matin au travail sans trop de stresse…
Malheureusement ça n’allait pas durer.
Cette nouvelle semaine qui pourtant commence bien…soleil timide mais promettant un peu de chaleur, un petit ami parfait…des clients assez cools.
Pour l’instant, tout se passe bien. Elle essais de se concentrer heure par heure, être entierement concentré sur chaque bénéficiaires…l’heure de madame Montepeisssin approche …
William lui avait proposé de le retrouver le soir dans son studio car il n’aurait peut être pas le temps de passer chez elle. Diana avait accepté de dormir une nuit chez lui pour casser un peu ses routines. De temps en temps ça ne lui faisait pas de mal…le lendemain elle n’a que Flavie à garder et deux autres petites filles le soir donc pas besoin de prévoir cinquante affaires. Elle avait pris le minimum, elle avait déjà déposé ses affaires en passant dans le coin.. Il allait falloir qu’elle se douche, qu’elle s’occuppe, qu’elle mange et qu’elle dorme hors de sa taniere si rassurante…bon le studio du lieutenant est propre et il a même quelques livres…en Anglais mais qu’elle arrive à traduire. Au moins William sera avec elle cette nuit…
Pour l’instant elle se dirige vers une ferme bien connue … La boule d’angoisse qui se forme au creux de son ventre lui fait mal. Elle retient ses larmes, passe sa blouse et attache ses cheveux…
Aujourd’hui pas de vêtements féminins, seulement un jean un peu grand et un t shirt simple…elle n’a de sexy que ses sous vétements de dentelles noires.
En entrant dans la maison, elle est surprit de trouver sa bénéficiaire en compagnie d’un homme en blouse blanche :
« Ho bonjour Diana, j’avais oublié qu’on était déjà lundi mon Dieu… ».
Elle se signe en disant ses mots, l’homme lui sourit :
« Bonjour, je suis le vétérinaire … enfin son remplaçant
- enchanté » Un véto ? Diana sort ses gants de sa blouse :
« Je vous laisse finir avec le docteur, je vais m’occuper de la vaisselle
- c’est gentil c’est vrai que vous savez quoi faire désormais, je vous doit combien alors docteur ? Elle va pouvoir se remettre assez vite ?
- comme j’ai dit à votre mari…ceux qui ont fait ça n’y sont pas allés de mains mortes…les points de sutures à la cuisse tiennent en tout cas le reste est plutot superficielle
- elle a eu tres peur …mes fils l’ont retrouvés déboussolée et tremblante
- oui…j’ai prelevé de l’urine pour vérifier qu’il n’y ai pas d’autres soucis.. je vous dirais les resultats dans quelques jours quand je viendrais vérifier les points
- d’accord…elle était bizarre depuis quelques jours cette bête … enfin…ça m'inquiète que ce genre de chose arrivent jusqu’ici…
- ne vous inquietez pas trop, j’ai entendu dire que la police prenait ça au sérieux vous les avez contacter d’ailleurs ?
- non…mon mari a pas voulu mais ils sont venus quand même hier…ils avaient reçus un appel anonyme
- ha … bon … en tout cas pour l’instant votre genisse est sauve
- grace à vous, merci encore de vous être deplacé si tard samedi
- c’est normal, je vous dit à bientôt
- oui, au revoir docteur ».
De la cuisine, Diana lui sourit pour répondre à son signe de main.
Elle termine la vaisselle, et commence à passer le balais, sa bénéficiaire est installée dans le fauteuil :
« Holala…quelle histoire ce week end…c’est pour ça que je vous avait oublié
- ne vous inquiétez pas, c’est pour ça que le vétérinaire était là ?
- oui on a eu une génisse bléssée je suis sur que c’est la b***e qui a fait toute ses horreurs vers Saint Flour…j’ai eu peur mais mon mari n’a pas voulu appeler la police…ils sont venus quand même, le lieutenant que vous aviez croisé et un commandant, trés gentils tout les deux, ils ont vraiment été trés compréhensifs…je ne sais pas qui les a appelé…
- c’est vrai que le lieutenant avait l’air de prendre ces histoires à coeur
- ils nous ont aussi annoncé qu’il était possible qu’ils réouvre l’enquête pour ma petite fille…
- ho…
- quelque chose perturbait la capitaine en charge de l’affaire depuis qu’elle avait conclu au suicide, elle a demandé au lieutenant Blake de jetter un oeil au dossier et il a trouvé quelque chose. Mais ils nous ont pas dit plus…
- c’est peut être pas encore assez officiel… ».
Alors, c’est ici qu’il était dimanche…"quel cachottier"…pourquoi il ne lui avait rien dit ? Pour pas l'inquiéter ? Bon apres temps mieux si ça avancent…elle lui envoit discrètement un sms :
« je sais où tu étais dimanche… » sa réponse ne se fait pas attendre :
« Ho…toi tu es chez madame Montpeissein…je ne voulais pas t'inquiéter
- je ne t’en veux pas mais…
- mais ?
- je tient à être remerciée officiellement c’est tout de même moi qui est découvert le quelque chose ….
- hum…c’est vrai …bon le lieutenant Blake vous remerciera en personne ce soir…en attendant ne refouine plus
- promis…à ce soir je t’aime
- I love you » elle reprend son travail, quand sa bénéficiaire se sent mal :
« Je vais me reposer…j’ai la tête qui tourne un peu…
- vous voulez que je vous aide à monter ?". L'auxiliaire pose le balais et lui tend déjà son bras :
" je veux bien oui … je ne sais pas ce que j’ai surement le stresse de ce week end …
- vous voulez que j’appelle le docteur ?
- non ça va aller, je vais dormir un peu…je redescendrais tout à l’heure…si vous pouvez faire comme d’habitude ? Et mettre toutes les carottes dans la soupe ? Elle s’abiment
- oui bien sur … ». Elle l'accompagne jusqu’à sa chambre et l’aide à s’allonger…elle redescend et ramasse la tasse de café que sa beneficiaire était en train de boire.
C'est quoi cette odeur ? elle sent la tasse…esperant qu'il n'y ai pas de reste de produits ménager ? Elle met tres peu de javel mais la dame beaucoup plus, quand c’est elle qui fait la vaisselle, elle en a peut être trop mis et mal rinçé ?.
Ça sent bien une odeur mais pas de javel …bon…peut être le stresse…
Elle descend dans la cave pour chercher les légumes.
Personne à l’horizon.
Elle allume la lumière — et son cœur se fige net quand la porte se referme derrière elle.
Un claquement sec.
Puis des pas lourds. Des reniflements trop bruyants pour être ceux de sa bénéficiaire.
Elle sait. Instinctivement.
" Alors ? On ne dit pas bonjour ?"
Sa gorge se serre.
" Bonjour… monsieur.
— Je suis contrarié… et je me demande si ce n’est pas à cause de toi."
Elle se redresse, surprise malgré elle.
" Je… je n’ai rien fait.
— Ah oui ? Vraiment…
— Je ne vois pas comment j’aurais pu vous contrarier."
Il la regarde longuement. Trop longuement.
Puis, sans prévenir, la gifle part.
Le choc la laisse muette. Une brûlure immédiate sur la joue, un goût métallique dans la bouche. Une goutte de sang au coin des lèvres. Il crache au sol.
" Laisse-moi causer. Je crois que tu n’as pas compris à quel point je suis contrarié."
Diana lutte pour rester calme. Se convaincre qu’elle n’a rien à se reprocher. Il ne peut pas savoir. Il ne doit pas savoir.
Il s’avance. Elle recule.
Jusqu’au mur.
La pierre est froide, humide, agressive contre son dos.
" Tu sais qui j’ai vu débarquer hier ?
— Votre femme m’a dit que la police était venue…
— Pas n’importe quel flic. Le lieutenant fouineur. Celui qui semble bien t’apprécier."
Son ventre se noue.
" Quelqu’un croit que des choses bizarres se passent ici. Des appels anonymes, tu imagines ? Tu n’aurais pas une idée de qui ferait ça ?
— Non ! Ce n’est pas moi ! Comment j’aurais pu savoir pour la bête blessée ? Ça s’est passé samedi, je ne travaillais pas !"
Il l’attrape par le bras.
" Et pour ma petite-fille, hein ? Qu’est-ce que ma vieille folle t’a raconté ?
— Rien. Qu’elle s’est suicidée. C’est tout.
— Exactement. Elle s’est suicidée. Parce qu’elle était aussi folle que sa grand-mère.
Mais la police, elle, semble vouloir remettre son nez dans mes affaires de famille… et ça, j’aime pas.
— Je ne comprends pas pourquoi vous me dites ça…
— Parce que depuis que ton joli cul traîne ici, je vois les poulets un peu trop souvent.
— Je ne leur ai rien dit !"
Il la projette contre le mur. Une pierre plus pointue s’enfonce dans son épaule. La douleur lui coupe le souffle.
Il la coince dans l’angle de la cave. Sa main remonte lentement sur sa joue déjà rouge.
" Tu as l’air intelligente. Dis-moi… tu n’es pas assez idiote pour parler aux flics, si ?
— Je n’ai rien dit…
— Et tu dirais quoi, au juste ? Que tu es tombée ? Que tu es maladroite, comme ma femme ?"
Il la fait chuter. La terre battue heurte violemment ses genoux.
Il s’agenouille devant elle.
" Tu vois ? Maladroite."
Sa voix devient plus basse. Plus dangereuse.
" Pour cette fois, je vais te croire. Mais souviens-toi bien de ce que je t’ai dit. Parce que je te ferai pareil. Et pire."
Elle se relève difficilement, tremblante, le corps en feu.
Il la saisit par la taille, la plaque contre lui. Elle tente de se débattre. En vain.
" S’ils rouvrent l’enquête… ils reviendront souvent. Je pourrais leur dire !
— Et moi, je dirai que tu m’as chauffé. Habillée comme tu es, qui te croira ?
Puis ma femme est vulnérable… un bijou pourrait se retrouver par hasard dans tes affaires.
Et ce Blake… un accident, ça arrive vite. Flic ou voleur, parfois, c’est difficile à distinguer."
La nausée lui monte à la gorge.
" Ça va… je ne dirai rien. Lâchez-moi."
Sa bouche est trop proche de la sienne. Une main s’attarde là où elle ne devrait pas.
" Je vais crier.
— Mes fils sont loin. Ma femme dort très profondément.
Crie, si tu veux."
Il sourit.
" Rassure-toi. Je ne te sauterai pas aujourd’hui. Tu vas parler ?
— Non.
— Tu ne sais rien, de toute façon ?
— Non. Je ne sais rien."
Il rit.
" Bien. Maintenant remonte. Finis ton travail. Tu vas être en retard."
Elle ne se fait pas prier.
Dans la salle de bain du rez-de-chaussée, elle découvre l’étendue des marques.
Comme par hasard, un tube de fond de teint est posé bien en évidence.
Elle camoufle. Tout. Mécaniquement.
Elle termine son service, inquiète. Sa bénéficiaire n’est pas redescendue.
« Elle dort très profondément… »
L’odeur étrange du café lui revient en mémoire.
Un frisson la traverse.
Dans la voiture, elle tremble encore.
Je ne te sauterai pas aujourd’hui.
La menace contre William résonne plus fort que tout.
Elle ne peut pas aller chez lui. Pas comme ça.
Ses clés.
Elles sont dans le sac qu’elle a laissé chez lui.
Elle réfléchit en conduisant. Passer vite. Prendre le sac. Partir. Un mensonge de plus.
Elle se déteste pour ça.
Elle se gare, monte les escaliers à toute vitesse, ouvre la porte.
Il n’est pas là.
Soulagement brutal.
Elle attrape son sac…
La porte s’ouvre.
" Oh darling… tu es déjà là ! Parfait, j’ai commandé nos tacos préférés."
Elle se fige.
" Je… je viens d’arriver, mais—
— Tu n’as pas faim ? C’est vrai, il est tôt…"
Il la regarde mieux. Son instinct s’allume. Le lieutenant Blake supplante William.
Il pose les sacs, lui enlève doucement la besace des mains.
" Tu n’as même pas posé tes affaires… tu as gardé ta blouse ?
— Oui… je ne m’en suis pas rendu compte. Je suis un peu crevée.
— Tu veux qu’on aille chez toi ?
— Non. Tu as tout prévu. Je suis juste fatiguée.
— Je ne t’ai même pas embrassée."
Il s’approche. Elle répond au b****r… puis sursaute quand il insiste.
"Ça va ? Je t’ai fait mal ?
— Les lèvres… gercées.
Je vais prendre une douche. Je me sens sale."
Elle s’échappe vers la salle de bain.
William reste immobile.
Une odeur étrange. Fond de teint. Un parfum qui n’est pas le sien.
Il aperçoit la blouse sur le lit. Son téléphone professionnel dans la poche.
Dernière intervention : Montpeissein.
" Shit."
Il s’approche de la porte de la salle de bain.
Des sanglots étouffés.
Il ferme les yeux.
Il sait.
Et doucement, sans bruit, il se déshabille.
Diana n’arrive plus à retenir ses larmes.
L’eau qui coule sur sa peau lui donne l’impression d’effacer ses derniers remparts. Le fond de teint. Les traces. Les mensonges. Tout va disparaître.
Elle se sent piégée.
Elle n’a rien prévu pour cacher.
Ni col roulé.
Ni écharpe.
Ni excuse valable.
Il va voir.
Il va comprendre.
Et il va être furieux.
Pas seulement contre lui.
Contre elle.
Elle se demande ce qu’il va penser. S’il va, lui aussi, croire que c’est de sa faute. Qu’elle a provoqué. Qu’elle a mal fait.
Il a été patient avec Bastien… mais supporter encore les cauchemars, la peur, les silences ?
Elle a peur de devenir un poids.
Elle renifle, tente d’essuyer ses joues.
" J’ai fini… j’arrive…"
Sa voix tremble. Elle espère gagner quelques secondes.
Mais le rideau glisse brusquement.
William est là.
Il ne dit rien.
Il ne regarde pas ailleurs.
Il ne détourne pas les yeux.
Il la regarde elle.
Et son visage change.
Pas de colère.
Pas de reproche.
Juste ce durcissement terrible, silencieux, de quelqu’un qui comprend trop vite.
" Diana…"
Elle baisse les yeux. Son corps parle pour elle. Les marques. La tension. Sa façon de se replier sur elle-même.
" Je suis désolée… "murmure-t-elle, la voix brisée.
" Je voulais pas… je voulais pas t’inquiéter."
Il s’approche lentement, comme si le moindre geste brusque pouvait la faire voler en éclats.
" Qui t’a fait ça ?"
Elle secoue la tête.
Les mots refusent de sortir.
" Regarde-moi."
Elle relève les yeux. Ses cils sont trempés. Elle a honte. Terriblement honte.
" Dis-le-moi, doucement. Tu es en sécurité ici."
Alors tout lâche.
Sa voix tremble, se casse, repart. Elle raconte. La cave. La porte. La gifle. Les menaces. Les mots qu’elle n’arrive même pas à répéter sans suffoquer.
Elle ne dramatise pas. Elle minimise même. Par réflexe. Par peur.
William ne l’interrompt pas.
Ses mâchoires se crispent. Ses poings se ferment puis se desserrent.
Mais sa voix reste calme. Trop calme.
" Tu n’as rien fait de mal, dit-il enfin. Rien. Tu entends ?"
Elle éclate en sanglots.
" J’avais peur que tu penses que… que c’était de ma faute… que je provoque…"
Il la coupe net, sans élever la voix.
" Ne dis jamais ça. Jamais.
" Ce qu’il a fait est une agression. Point."
Il la prend doucement contre lui, enveloppant son corps comme un rempart. Elle s’accroche à sa chemise, comme si elle risquait de tomber si elle lâchait.
" Tu aurais dû me le dire…
— J’avais peur, William. Pour toi. Pour elle. Pour tout le monde."
Il ferme les yeux un instant, pose son front contre ses cheveux.
" C’est précisément pour ça que tu aurais dû me le dire."
Il se recule légèrement, la regarde avec une gravité douce.
" Écoute-moi bien. Ce type ne t’approchera plus jamais.
Et ce n’est pas une promesse en l’air. C’est une certitude."
Elle renifle, essuie ses joues.
" Tu es en colère ?
— Oui, " admet-il.
" Mais pas contre toi."
Il inspire profondément.
" Et cette fois, tu ne porteras pas ça toute seule."
Il attrape une serviette, la lui passe autour des épaules, comme un geste simple mais fondamental.
" On va faire les choses correctement. Ensemble."
Elle hoche la tête, encore tremblante, mais moins seule.