Après sa mésaventure du matin, notre héroïne enchaîne les interventions.
Elle va de personnes en personnes pour : Faire des soins, préparer le repas, tenir compagnie.
Sa dernière bénéficiaire avant sa pause, à Alzeimer...
Diana veille à ce qu'elle mange bien.
Lui fait un café.
Lui dit une bonne centaine de fois qu'on est Mardi.
Prépare son assiette pour le soir. Avant de s'en aller.
Enfin sa pause repas.
Elle détache ses cheveux dans un soupir de soulagement. Son ventre hurlait famine. Elle sort son repas.
William lui avait offert un sac isotherme avec des renards, à l'occasion de son anniversaire, pour garder son repas au frais.
La jeune femme réfléchit d'ailleurs à une idée de cadeau. Son amant à bientôt 34 ans...
Elle pense à répondre à son message du matin, et lui demande si il passe chez sa grand mère tout à l'heure.
Pas de réponse pour l'instant, elle sort un magazine et lit un peu.
La digestion commence, elle pique du nez.
Heureusement, la sonnerie du portable, lui fait reprendre ses esprits.
William passera surement, en tout cas il compte bien la retrouver ce soir... Elle sourit en baillant.
Regarde l'heure. "Oups". Cinq minutes de plus et elle serait en retard.
Elle se remet en route, en direction de la maison de Madame Blake...
William avait le nom de jeune fille de sa grand mère, car cette féministe de la première heure, avait été reniée par ses parents. Unique fille, elle n'avait pas voulut se marier avec l'homme qu'ils avaient choisit.
Elle avait quitté l'Angleterre, avec un baluchon et aucun plan d'avenir.
Elle avait rencontré son futur mari, un jeune Français, rentrant dans sa campagne profonde après son service militaire.
Un coup de foudre. Un vrai.
L'homme avait supporté toutes les idées révolutionnaires de sa belle. Comme celle de se transmettre le nom de mère en fille.
William lui avait raconté que sa mère, s'attendait elle aussi, à avoir une fille pendant sa grossesse.
Pour la plus grande joie de sa grand mère, qui ne voulait pas d'un garçon. Les garçons devenaient souvent des hommes stupides.
Elle s'était évanouit en découvrant à la naissance, que sa petite fille, avait quelques attributs.
Heureusement, William avait trouvé grâce aux yeux de son aïeul, qui l'avait adoré au premier regard.
Son grand- père aussi était ravit.. Il ne l'avait pas beaucoup connut, car il était décédé peu de temps après sa naissance.
Mais, il lui avait transmit une tâche de naissance, héréditaire. Fiertée de sa famille.
Pas question de l'élever en homme macho et sexiste !.
Il avait appris le respect, les soucis de femmes, la bienveillance et également les secrets de "grand mère"..
Diana se souvenait encore de l'infusion à la sauge qu'il lui avait préparé un jour pour calmer ses douleurs de rêgles...
Même si le jeune homme ne savait pas faire certaines tâches ménagères, comme repasser ses chemises, il était capable de tenir son appartement un minimum sans demander à une femme de le faire.
En arrivant dans le village, elle sourit.. ils ne sont que cinq à vivre ici.
C'est un peu à l'écart du centre du bourg.
Depuis.. aussis loing qu'ils se souviennent, Madame Blake, sa voisine, Madame Crespin qui est sa grande amie, Monsieur Jules, avec qui elle ne s'entend sois disant pas... vivent ici.
Il y a quelques mois, un couple de jeunes femmes trentenaire avait rejoint le quartier.
Loin de se montrer choqué, la b***e de personnes âgées avait très bien accueillit leurs nouvelles voisines.
Enfin, Monsieur Jules aurait bien aimé un homme ou deux dans le hameau, car selon ses dires, les deux vieilles harpies lui menaient la vie dure...
Elle se gare dans la cour d'une ancienne petite ferme.
Sa bénéficiaire l'attend dans la véranda avec du thé.
Elle sort de sa voiture.
Fait un signe au voisin de Madame Blake, qui guette son arrivé par sa fenêtre.
L'Anglaise pure souche, avait de suite sympathisé avec la jeune femme.
Aussi rousse qu'elle dans sa lointaine jeunesse. Vive d'esprit, bienveillante, bien élevée et généreuse.
Elle lui faisait penser à son petit fils.
Avec une bonne dose de timidité en plus.
Pour elle, il ne faisait aucun doute que ces deux la étaient fait pour se compléter.
Si William avait était une fille il aurait surement ressemblé à Diana.
Madame Blake, Margaret de son prénom, se disait que l'univers c'était surement trompé au moment de distribuer leur deux âmes...
Maggy hausse les épaules.. William était un bon garçon. Avec un fichu caractère. Comme son regretté mari.
L'Anglaise sourit en voyant approcher la discrète jeune femme.
Elle n'était pas dupe. Elle connaissait son petit fils par coeur. Evidemment, qu'elle savait qu'ils étaient ensemble.
Le fait que Diana ne veuille pas le dire à cause de son travail, était tout à son honneur.
Si par miracle un enfant naissait de ses deux âmes soeur, c'était certains que se serait une fille cette fois.
Elles partageaient toute deux le même amour pour la nature et depuis peu elles avaient un nouveau point commun : les chats..
Walter vient au devant de la jeune femme en miaulant, il reconnait évidement cette humaine, il se frotte à elle et renifle l'odeur de son comparse.
Diana gratte la tête du petit félin et entre dans la véranda :
" Bonjour
- bonjour ma petite, ça va aujourd'hui ?".
Elle guette le moindre signe qui pourrait indiquer une grossesse chez sa jeune aide à domicile...
Si ses calculs sont bon :
William avait rencontré la jeune femme lors de sa dernière mission qui l'avait tant occupé.
Il y a un peu plus de quatre mois...
Comme son grand dadais de petit fils, ne savait pas résister bien longtemps aux plaisirs de la chaire...
Mais que Diana semblait plus réservée..
Ils avaient du commencés à faire des galipettes il y a trois mois au moins ...
Avec une marge d'erreur de quelques jours,elle pouvait très bien être enceinte de deux mois.
Rien de suspect malheureusement ... La jeune femme n'a pas l'air enceinte...:
" oui très bien, et vous ?
- toujours quand vous êtes là, je vous attendais pour le thé... je parie que le vieux débris vous a guetté par sa fenêtre ?
- ha monsieur Jules ? oui comme d'habitude".
Diana échange un sourire de conivence avec Margaret. Elle était au courant d'un petit secret.
Elle s'installe dans le petit fauteuil de la véranda, à côté de sa bénéficiaire.
Son dos ne touche pas le dossier, rare signe d'une rigidité lié à son autisme, qu'elle ne parvient pas à cacher.
Elle boit son thé. Souffle dessus. Pile comme elle l'aime...
Elle essais de ne pas s'attacher aux personnes, mais parfois avec certaines, comme avec Madame Blake, c'est presque impossible...:
" Vous avez croiser mon petit fils dernièrement ?
- heu..non...enfin si ! hier.. on m'avait enfermé dans un placard ... c'est lui et ses hommes qui sont venus me délivrer...
- mais quelle idée ? qui a fait ça ?
- un bénéficiaire qui fait des blagues de mauvais goûts... j'étais un peu furieuse, donc..". Elle fait une légere grimace :
" je vous avoue que je n'ai pas pris le temps de saluer, comme il se doit monsieur Blake.
- monsieur Blake ? voyons... appellez le William, vous avez le même âge
- à sept ans près ... je n'oserais jamais...
- j'espère qu'il viendra me voir aujourd'hui... il a promit de me ramener mes pâtisseries préférées...
- vous voudrez que je fasse quelque chose en particulier pendant votre... heure de Scrabble chez Madame Crespin ?
- il y du repassage, si vous avez le temps, il y a des chemises que William aimerait que je repasse, mais j'ai mal au bras
- j'aurais bien le temps de lui faire je pense
- je lui dirait de vous payer si vous lui faite, vous n'êtes pas là pour ça normalement
- ça ne me dérange pas, j'espère juste ne pas faire de plis
- il n' a qu'a mettre des t shirt comme tout le monde aussi celui la...
- quand on parle du loup...".
Une portière claque. Des oreilles de chats bougent. A l'affut..
Walter qui c'était endormit sur les genoux de sa nouvelle maîtresse, court d'un coup à la rencontre de l'humain.
Il se rappelle encore de la chaleur réconfortante, de l'homme quand il dormait avec lui.
William le prend dans ses bras et couvre sa tête de bisous :
" c'est qui le plus mignon ? c'est Walter, tu m'as manqué, tu es sage avec Granny ?".
Heureusement que ses hommes ne le voit pas ....
Il le pose et entre dans la véranda :
" Hello granny, Miss Diana..
- hi my boy, viens m'embrasser
- bonjour Monsieur Blake".
Margaret se lève et tend ses bras dodus à son unique petit fils.
William enlace sa grand mère.
Diana s'éclipse avec les tasses de thé, pour aller les laver, et laisse sa bénéficiaire profiter du jeune homme.
Un jour il faudra bien lui dire qu'ils sont ensemble, mais ça la rend mal à l'aise...
William est le petit fils de sa bénéficiaire, même si ce n'est pas interdit, elle se dit que ça pourrait peut être être mal vu.
Elle a sûrement tord, mais elle ne se sent pas de rendre leur relation officielle.
Pendant qu'elle fait la vaisselle, elle entend Margaret demander à William des nouvelles d'Alex.
Le " hooligan", est la coqueluche de toutes les dames du quartier. Elle lui demande aussi surtout, si il a pensé à ses pâtisseries.
Diana l'entend répondre :
" elles sont dans ma voiture, je vais les chercher".
L'auxillaire regarde la pendule, il est bientôt l'heure pour Madame Blake de s'éclipser chez sa voisine...
La grand mère rentre et va dans sa chambre pour se recoiffer et se maquiller un peu.
Elle est encore belle pour son âge et surtout très en forme. Seulement soixante treize ans...
elle a eu la mère de William jeune. Elle est un peu ronde, les cheveux gris mais coupé court au carré, des yeux bleus vert et des tâches de rousseurs. Elle chausse des petits talons et prend son sac à main, William est toujours surprit de la voir si bien apprêtée pour aller chez la voisine, mais sa mamie a toujours été coquette...:
" Tu es très belle Granny, tu part déjà ?
- oui tu sais Chez Ginette, mon rouge à lèvre me va bien ?
- oui, tu es très en beauté
- merci mon garçon, tu sais parler aux femmes, et vous ma petite Diana, dites moi ce que vous en pensez ?
- vous êtes parfaite".
La dame sourit, elle ne peut s'empêcher de taquiner les deux âmes soeurs :
" Dites moi ma petite, comment trouvez vous mon petit fils ? je trouve que la barbe lui va très bien vous en pensez quoi ?".
Diana rougit d'un coup, le lieutenant soupire :
" Granny.....". La jeune femme observe quelques secondes son amoureux :
" Je trouve que ça le rend plus mature...sans vouloir vous offenser Monsieur Blake, rasé vous faisiez...plus jeune..."
Elle ajoute rapidement :
" Mais ça veut pas dire que vous êtes vieux...enfin... heu.. je vais faire le repassage.." Elle se tourne vers la grand mère :
"vous revenez avant mon départ madame ?
- peut être ça dépend si je gagne...en tout cas faites ce que vous pouvez".
Elle se tourne vers son héritier :
" et toi mon garçon sois gentil, si vous avez besoin de quelque chose, ou d'aide vous lui demandez
- je connait la maison ça devrait aller".
Diana file dans la chambre qui était celle du lieutenant, faire le repassage. Elle branche le fer et installe la planche, à côté le jeune homme sermonne gentiment sa grand mère :
" tu veux à ce point te débarrasser de moi pour tenter de me jeter dans ses bras ?
- et pourquoi pas ?
- qui te dit qu'elle n'a pas quelqu'un ?
- parce que je le sais ...
- tu sais même pas si je suis à son goût
- ho bien sur que si que tu l'es...tu es irrésistible...invite la à sortir pendant que je ne suis pas là ...
- Granny...j'ai pas besoin de toi pour savoir draguer une femme
- donc tu vas la draguer
- mais non ! bon file Madame Crespin va t'attendre ..
- je file, embrasse moi avant".
William l'embrasse tendrement et la regarde partir un instant en soupirant ...
Elle adore sa compagne... il se demande si elle ne se doute pas de quelque chose...
Il part rejoindre sa jolie rousse, elle est de dos en train de repasser, perdue dans ses pensées...
Adossé au chambranle de la porte, il l'observe avec un sourire en coin.
Jean moulant mais formes masquées par sa blouse de travail.
Cheveux attachés, laissant à découvert sa nuque.. il a très envie de l'embrasser...
Il ne peut pas la surprendre, car maladroite comme elle est, elle risque de se bruler avec le fer en sursautant...
Sa maladresse fait partit de son charme et rend certaines situations plutôt drôle.
Il opte pour une approche moins dangereuse :
" Alors ? comme ça je suis trop vieux pour toi ?".
Elle sursaute et tourne la tête :
" ha c'est toi...
- tu attendais quelqu'un d'autre ?
- oui, un plus jeune qui n’a pas de poils blancs dans sa barbe
- hé ! J’en ai qu’un seul c’est le stresse…
- oui c’est ce qu’on dit …".
Il l'enlace par derrière. Plonge son visage dans son coup pour sentir son parfum...
Elle pose le fer un instant, pour éviter de faire un geste maladroit :
" William tu me chatouilles ! c'est pas le moment de me chatouiller ! tu vas me faire faire une bêtise...
- au diable le repassage....on a une heure de libre... tu m'as manqué et tu sens tellement bon
- je repasses tes chemises, ne me déconcentre pas ...d'ailleurs tu dois me payer.
- what ? comment ça ?
- et bien ta grand mère a dit que j'étais pas censée faire ça et qu'elle te dirait de me payer pour ce petit service...
- je peux te payer en nature ...
- c'est pas ça qui va me nourrir
- laisse donc mes chemises je peux bien les porter froissées une fois...
- bon ... embrasse moi cinq minutes et ensuite je retourne à mon travail...".
William débranche le fer à repasser pour éviter un incident et embrasse fougueusement la jeune fille, qui savoure cette petite pause....
Son policier préféré se montre trés entreprenant.
William dégrafe sa blouse pour déposer des baisers à l’endroit laissé à nu par son decolté :
« Mais du calme lieutenant Blake ! Vous abusez de votre position !
- justement en parlant de positions …
- tu penses qu’à ça ma parole, je suis au travail je te rappelle, et on l’a fait hier
- tu t’es endormis avant qu’on fasse quoi que se soit.
- ha….oui c’est vrai ….c’était donc un rêve érotique que j’ai fait …
mais justement tu as attendu jusqu’à maintenant, tu attendras bien jusqu’à ce soir.
- j’espere que j’était dans ton rêve, laisse moi encore t’embrasser au moins
- si tu veux me tripoter fait moi un massage pendant que je repasse, j’ai mal aux épaules depuis tout à l’heure
- c’est toi l’assistante de vie c’est toi qui devrait t’occuper de moi
- je ne suis pas là pour vous monsieur Blake… mais pour votre grand mère, et puis je ne fait pas de massages aux gens je te signal
- vous êtes bien sérieuse Miss…mais soit…on m’a demandé d’être gentil avec vous donc je vais vous faire un massage ».
William lui fait quitter la blouse, et pose ses mains sur ses épaules, son t shirt est un peu échancré et assez fin pour qu’il sente ses muscles sous la chaleur de sa peau.
Elle est effectivement bien tendue…c’est une boule de nerf sous ses airs calme.
Il sent plusieurs noeuds qu’il défait l’un aprés l’autre.
Elle soupire d’aise, en sentant les mains de son amant dénouer ses tensions, il sait masser à merveille. Il ne peut s’empecher de déposer des baisers sur sa nuque qui la font frémir, mais elle reste sérieuse. Diana finit de repasser le dernier linge, et se laisse aller contre le torse du jeune homme :
« je t’embauche comme assistant personnel, tu devrais être remboursé par les mutuelles tu m’as fait beaucoup de bien
- et je peux t’en faire encore bien plus…. ». Dit il en glissant ses mains sur ses hanches. Incorigible :
« William ! Tu n’es qu’un obsédé tu me fatigues ».
Il allait lui répondre quand ils entendirent une voix féminine :
« HOUHOU!? Maggy ? MAGGY ? Tu es où ? ».
William surprit, laisse Diana remettre sa blouse en vitesse, et tout deux vont à la rencontre de l’invité surprise.