Inquietude

2242 Words
Diana passe la journée à se demander ce qu’elle va bien pouvoir dire à son autoritaire lieutenant. Apres son départ, l’homme lui a bien rappeler de garder sa bouche fermée … Du moins c’est ce qu’elle a comprit…mais William n’est pas dupe et elle le sait… Elle arrive chez elle et soupire en voyant la voiture de Will dans son jardin…bon … c’est partit…elle essais de gagner du temps en garant sa voiture au garage … Chez elle, pas de William mais le lieutenant Blake dans toute sa splendeur. Le regard severe, les poings sur les hanches, une ride de colere barrant son front … elle aimerait devenir une petite souris en entendant son ton : « ALORS ? ». Elle baisse les yeux et pose ses affaires : « Je ne sais pas ce que tu veux savoir en fait ? - pourquoi tu était si mal à l’aise ? Pourquoi tu semblais avoir peur ? Pourquoi tu as insinué que cet homme t’avais fait des remarques et quelles étaient ses remarques ? - heu…tout ça ? - OUI ! - ne crit pas s’il te plait… ». Le lieutenant s’adoucit en voyant que la jeune femme semble perturber…: « Sorry… vient t’assoire … - je voulais t’en parler, mais avec ta grand mere et tout je n’y ai plus pensé…et puis il n’y a rien de vraiment grave … - comme je t’ai dit tout à l’heure c’est à moi d’en juger…je suis flic je sais reconnaitre des choses graves… - bon…et bien c’est juste que je trouve le mari de ma beneficiaire bizarre… - bizarre comment ? - disons qu’il m’a fait une remarque ou deux… - qu’elle genre de remarque ? - ho…je ne sais plus… - Diana… - déjà il m’a demandé si j’étais la bonne …. Et il m’a dit qu’au moins j’était mignonne…il m’a regardé un peu…bizarre…et il disait des choses pas tres sympas à sa femme… - qu’elle genre de choses pas sympas ? - qu’elle devait arreter de pleurer sa petite fille qui c’est suicidée… Qu’elle n'etait pas degourdit… et quand je lui ai repondu pour ses remarques sur moi, il m’a dit que j’avais une jolie bouche et qu’il fallait que je la laisse fermer… - mais quel enfoiré.. - et aujourd’hui je …je ne sais pas…j’ai eu une drôle de sensation … il m’a observé pendant que je ramassais une cuillere tombée sous un meuble…c’est à ce moment la que je voulait t’en parler, et t'envoyer un message, mais sa femme est venue et j’ai vraiment eu l’impression que… - qu’il l’a frappé … - toi aussi tu le penses ? - oui…. Elle t’a dit qu’elle était tombé dans les escaliers je suppose ? - exactement ! Du coup j’était mal à l’aise quand tu m’as posé ses questions…j’avais peur qu’il rentre…mais je te dit, je ne suis pas sur du tout…et ses fils sont adorables et adorent leur mere, alors je ne pense pas qu’ils laisseraient leur pere la frapper ? - hum…je ne sais pas ….en tout cas il est malsain cet homme …je ne suis pas rassuré de te savoir là bas…avec ses remarques dégueulasses… - j’avoue que c’est la premiere fois qu’on me fait des remarques aussi dégoutantes…d’habitude, c’est pas à ce point - dit à tes patrons que tu veux plus y aller - quoi ? Je ne peux pas faire ça … - je ne veux pas qu’il t’arrives quelque chose - pour l’instant il n’y a rien de dangereux…il y a aucunes raisons pour que je demande à ne plus y aller.. ça fait partit du métier …comme toi et certaines missions … - si il te touches… ou si il te refait une remarque tu me le dis immédiatement ! - ne t’inquietes pas…et puis il n’est pas là tout le temps… - bien sur que je m’inquietes ! Je ne veux plus que tu me caches ce genre de choses … - je voulais te le dire c’est juste que j’ai oublié… - c’est suffisament grave… l’imaginer te mater comme un gros porc ! Ça me rend fou… ». La jeune femme se blottit dans les bras du lieutenant…elle se sent tellement sereine contre lui…elle ne lui a pas dit sa remarque sur le fait d’être penchée…elle ne veut pas l’inquieter et puis c’est tellement humiliant…elle sent William qui embrasse sa tête, caresse son dos. Il a du mal à se détendre…il pense à l’impression malsaine que cet homme lui a laissé …sa façon de regarder la jeune femme …: « tu savais que j’écoutais la conversation derriere la porte ? - oui…je t’avais vu …c’est pour ça que j’ai insisté sur le mot vieux… - yes…j’avais saisit le sous entendu … - je ne te trouve pas vieux du tout tu sais - je sais, et j’espere bien que tu ne me considere pas comme un débris … - tu as encore de belles années devant toi … - toi quand tu vas avoir trente ans je ne te louperais pas… » il embrasse sa foxy pour l’empêcher de répondre …. Elle ne perd rien pour attendre…elle est trés jolie avec son t shirt vert qui fait ressortir sa chevelure cuivré…et ce petit sourire en coin qui le nargue…elle le repousse et se leve pour aller se doucher … William était encore un peu perturbé par les histoires de fesses de sa grand mère… mais savoir la jeune fille en train d’enlever ses vétements et imaginer l’eau couler entre sa poitrine…il se sent un peu à l’étroit dans son jean, mais il prefere laisser sa compagne se détendre un peu…en l’attendant, il va chercher dans son congelateur le repas du soir car normalement, il a pris sa soirée… elle sort, enroulée d’une serviette de bain et tente de filer discretement dans sa chambre, il lui prend le bras au passage : « un instant mademoiselle…vous essayez de fuir la police ? Vos papiers … - serieux ? Le coup du policier et de la vilaine fille ? - je fait ce metier rien que pour ça …alors ses papiers ? - je n’ai rien sur moi malheureusement … - il va falloir que je vous fouille … - c’est presque genant tu sais …. » il attrape sa compagne par la taille et lui chuchotte à l’oreille : « obeissez moi, ou je devrais me servir de mon gros calibre … »; Elle n'arrive pas à rester sérieuse, et ils rient tout les deux en s’embrassant. Le pot au feu aussi, est presque oublié… ils finissent juste à temps leurs moments intimes. William s’occupe de sortir les assiettes, pendant que la jeune femme passe sa combinaison pyjama. Elle descend à son tour et jette un oeil à son planning du lendemain…S'étonne de retourner le lendemain chez Madame Montpeissein…pourtant il lui semblait que c’était uniquement deux fois par semaine. Un erreure des secretaires sans doute…Elle ferme son portable et le range dans son sac pour ne pas inquieter le jeune homme inutilement… Demain est un autre jour, et c’est tellement rare qu’il est sa soirée… Elle s’empresse de l’aider à sortir le repas, et ils s’installent pour une fois, sur le canapé pour manger devant leur série favorite. William profite de sa compagne avec plaisir. Recoucher avec elle, lui a liberé l’esprit de toutes ces images perturbantes…Bien sur.. il n’est pas resté facher longtemps avec sa Granny, mais il lui a formellement interdit d’évoquer quoi que se soit qui lui rappelle cette histoire…il ne se sent pas pret à parler de ce genre de choses. Même si ça lui est arrivé de parler sexualité avec elle, plus jeune, mais maintenant qu’il est dans une relation sérieuse …il ne veut pas etaller leur vie sexuelle… Diana, de son côté, ne peut s’empecher de stresser un peu pour le lendemain…il la sent bouger dans tout les sens : « ça va ? - oui…enfin je stresse un peu…c’est bête mais j’aprehende toujours les lendemains… - t’inquietes pas, ça va bien se passer, tu vas chez des gens difficiles ? - non pas vraiment … - alors il n’y a aucunes raisons de s’inquieter - tu auras encore ta soirée demain ? - je ne pense pas malheureusement…on ne se verra peut être pas avant apres demain …mais promit je t’envoit des messages et je t’appellerais si je peux - ho…j’aime pas quand je te voit pas, ça m’angoisse j’ai l’impression que tu n’es plus là … - je sais…mais je serais toujours là Darling » . La nuit s’étirait, lourde et sans sommeil. Diana avait beau être allongée, les yeux ouverts dans l’obscurité, son esprit refusait de se taire. L’image du mari de la bénéficiaire revenait sans cesse : ses remarques appuyées, ce ton condescendant, cette façon de prendre toute la place dans la pièce comme si tout lui appartenait, jusqu’au silence des autres. Rien de franchement visible, rien qui permette d’accuser — et pourtant, quelque chose d’inquiétant s’était insinué en elle. Diana n’était pas courageuse, elle le savait. Elle évitait les conflits, baissait souvent les yeux, préférait se taire plutôt que provoquer une tempête. Mais cette nuit-là, l’injustice lui brûlait la poitrine. La bénéficiaire, si discrète, si effacée à côté de lui… Était-ce de la fatigue, ou la peur qui plissait ainsi son sourire ? Diana se reprochait de ne pas avoir posé plus de questions, de ne pas avoir osé soutenir ce regard qui semblait demander de l’aide sans jamais la formuler. Elle se tourna sur le côté, le cœur serré. Partir, fermer les yeux, faire semblant de ne rien voir : ce serait plus simple. Pourtant, l’idée de laisser cette femme seule, enfermée avec un homme peut-être v*****t, lui était insupportable. Alors Diana se promit d’observer davantage, de rester attentive aux gestes, aux silences, aux traces invisibles. Elle découvrirait la vérité, pas par bravoure, mais par nécessité. Parce qu’elle détestait les injustices plus encore qu’elle ne craignait d’avoir peur. Diana soupira doucement et tourna la tête vers son compagnon. À côté d’elle, il dormait profondément, la respiration régulière, étrangère à ses tourments. La lueur pâle de la nuit dessinait les traits de son visage, si calme, si sûr. Lieutenant de police. Rien que ce mot la rassurait autant qu’il l’effrayait. s’il lui interdisait de s’en mêler, au nom de la loi, de la prudence, ou simplement pour la protéger. Diana n’était « que » auxiliaire de vie, après tout. Elle connaissait déjà ce regard qui dit reste à ta place. Loin de là, à plusieurs kilométres. Une faible lueur, comme un phare dans la nuit, éclairait l'obscurité. Un petite lampe de chevet, avait été témoin d'une violente tempete ... Malgrés toute sa vaillance, la lueure n'avait pas réussit à repousser les démons dans l'ombre. Madame Montpeissein reste un long moment immobile, assise au bord du lit, les mains sagement posées sur ses genoux. La chambre semblait trop grande pour son corps menu, trop silencieuse aussi, comme si les murs retenaient encore l’écho de ce qui venait de s’y passer. Elle respirait avec précaution, comptant les secondes entre chaque inspiration, attentive à la moindre douleur nouvelle qui se réveillerait sans prévenir. Elle se leva enfin, lentement, en s’aidant du meuble comme d’un appui familier. Remplace l'abat jour de la petite lampe, qui avait était victime de sa violence. Dans le miroir de l’armoire, elle évite son reflet. Elle savait ce qu’elle y verrait — ou plutôt ce qu’elle ne voulait pas voir. Elle ajuste sa robe de chambre, boutonne soigneusement le col de sa chemise, geste dérisoire mais rassurant, comme si l’ordre des choses pouvait encore être rétabli par quelques mouvements précis. Assise de nouveau, elle pense à la nouvelle auxiliaire. Diana. Une jeune femme douce, un peu maladroite parfois, mais avec ce regard attentif qui s’attardait trop longtemps pour être innocent. Madame Montpeissein se demande si elle avait remarqué quelque chose, si elle avait senti, elle aussi, cette tension invisible qui pesait dans l’air. Pourrait-elle aider ? La question la traversa, aussitôt suivie d’une autre, plus lourde : devrait-elle seulement demander ? La dernière qui avait essayé.. Elle respire.. chassant cette pensée. Elle ne savait pas aprés tout, vraiment pourquoi Laeticia était en arrêt. Puis une autre image s’impose, presque malgré elle : celle du lieutenant. L’uniforme, l’autorité, la loi. Tout ce qui faisait peur et espérer à la fois. Elle frissonne. Faire entrer tout cela dans sa vie, après tant d’années de silence… c’était comme ouvrir une porte qu’elle s’était acharnée à maintenir fermée. Ses fils lui revinrent en mémoire. Adultes désormais, avec leurs voix assurées, leurs vies bien rangées. Elle les imagine apprenant la vérité, leurs regards changés, la pitié peut-être, ou la colère. La honte lui serre la gorge. Comment leur expliquer qu’elle avait supporté si longtemps ? Comment leur dire qu’elle n’avait pas su partir, ni parler, ni se défendre ? Elle se sentit coupable, comme si ce silence avait été une faute, presque une trahison. Madame Montpeissein baisse les yeux vers ses mains fines, marquées par l’âge. Elle les serre l’une contre l’autre, cherchant un peu de chaleur, un peu de courage. Dehors, la maison était calme, trop calme. Elle se dit que demain, peut-être, elle laisserait échapper un mot, un regard, quelque chose. Ou peut-être pas. Pour l’instant, elle reste seule avec ses pensées, prisonnière d’un secret ancien, en espérant — sans oser y croire — que quelqu’un finirait par voir.
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