Brianna
Deux jours plus tard.
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, les passagers à destination de Dublin sont invités à se munir de leur passeport et à se rapprocher de la porte n°21. L'embarquement est imminent. »
— Bree ?
Je relève la tête. Hari se tient devant moi, notre sac cabine en bandoulière, deux gobelets de café en main. J'attrape l'un des deux tout en lui adressant un sourire et referme mon livre que je glisse dans mon grand sac à main.
— On ferait bien d'y aller.
J'acquiesce, m'étire un coup et quitte le siège sur lequel j'étais confortablement installée. Hari me prend la main et entrelace ses doigts aux miens tandis que nous regagnons la porte indiquée par l'hôtesse. Les gens vont et viennent autour de nous grouillant comme si nous étions dans une fourmilière.
— J'ai vraiment hâte que nous soyons arrivés, dit-il en faisant la grimace.
Je ris. Nous nous joignons à la file devant le comptoir. Mon regard erre rapidement sur l'immense hall dans lequel nous nous trouvons.
— Je n'en reviens toujours pas que nous ayons réussi à éviter les journalistes et les paps, je souffle à voix basse.
— Si j'étais toi, je ne crierais pas victoire trop vite.
Son regard se pose sur un point par-dessus mon épaule. Je tourne la tête. Au loin, une horde d'entre eux franchit les portes de l'aéroport, prête à se ruer sur nous.
— Et merde.
Nous approchons le comptoir.
— Faites vite, dit Hari à la jeune femme face à nous.
Cette dernière ne se fait pas prier. Le brouhaha des fouines qui se rapprochent me martèle le crâne.
— Suivez-moi.
L'hôtesse nous rend nos papiers. Je peux sentir mon cœur s'emballer entre mes côtes tandis qu'elle se lève et que nous franchissons les portes sur ses talons. Les flashs et bruits de protestation de la presse retentissent dans mon dos. Les portes se referment derrière nous. J'émets un rire discret, à la fois nerveuse et soulagée. C'était moins une.
Nous avançons à travers le long couloir bien calme comparé au tumulte du hall.
— Vous êtes sûre de ne pas vous être trompée ? demande Hari.
La jeune femme devant nous se contente de nous couler un regard en coin, l'ombre d'un sourire sur le visage. Nous sortons sur la piste où nous attend non pas l'avion que nous étions supposés prendre mais un jet privé. Je fronce les sourcils.
— Ce n'est pas...
— SURPRISE !
Un cri m'échappe. Je me retourne, le cœur sur le point de bondir hors de ma poitrine. Mon regard se pose sur Lewis, Eleanor, Fanny, Josh, Matthew et, contre toute attente, Noah l'infirmière. Leurs rires résonnent dans l'air hivernal.
— La chance soit louée, j'ai filmé ta réaction, me charrie ma meilleure amie me prenant dans ses bras.
Je lui assène une tape furtive dans le dos la faisant rire de plus belle. Je salue rapidement le reste de la b***e ainsi que Noah qui reste légèrement en retrait, le sourire aux lèvres.
— Qu'est-ce que vous faîtes-là ? je leur demande.
Tous les regards se tournent vers Hari. Ce dernier fait au mieux pour afficher une expression neutre malgré la lueur satisfaite qui brille dans ses yeux.
— C'était ton idée ?
— Oui. Sauf pour le jet.
— Ça c'est moi, intervient Lewis. (Il nous lance un sourire complice, se rapproche et ajoute dans un souffle :) Plus pratique si vous avez envie de faire des choses coquines.
— Lewis, je souffle en faisant les yeux ronds.
Son sourire s'agrandit :
— Il n'y a pas de quoi.
Il regagne l'avion, suivi par Eleanor, Noah et mes trois amis que je regarde embarquer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Hari et moi remercions l'hôtesse qui nous souhaite un bon voyage. Sa main glisse une fois de plus dans la mienne.
— Il y a vraiment une chambre à bord ? je demande.
— Si Lew le dit.
Un doux frisson me parcourt l'échine. Nous montons à bord. Noah m'attend dans le petit couloir à l'entrée.
— Venez, je vais regarder votre pansement.
Je laisse mon sac à Hari et la suit jusqu'à une petite pièce qui s'avère bel et bien être une chambre. Bordel Lewis. Je m'allonge sur le lit et relève mon pull. Noah se frotte les mains de façon à les réchauffer.
— Ça risque d'être un peu froid, me prévient-elle.
Ses longs doigts doux, et effectivement un peu frais, viennent palper les contours de la plaie avec précaution. Elle vérifie soigneusement le pansement faisant attention à ne pas me faire mal.
— C'est bon tout est en ordre.
Je rabats mon tee-shirt ainsi que mon pull et me redresse.
— C'est gentil à vous de faire ce voyage avec nous.
— Pour être honnête, quand votre bel âtre m'a fait cette proposition, j'ai accepté de suite.
— Vous n'aviez pas de plan pour le Nouvel An ?
— A moins qu'être de garde aux côtés de mon insupportable collègue, pendant que les docteurs font la fête, puisse être considéré comme un plan non. Cela me fait bien plus plaisir d'être ici pour m'occuper de vous.
Elle se désinfecte rapidement les mains et regagne l'entrée.
— Je les préviens que vous êtes fatiguée, ajoute-t-elle.
A peine ai-je le temps de saisir ses mots et son petit air conspirateur que la porte se referme derrière elle. Je lève les yeux au ciel et secoue la tête. Je profite de ces quelques minutes pour faire un petit tour rapide dans la salle de bain adjacente. Lorsque je reviens dans la chambre, Hari est déjà là, vautré sur le lit. Je me laisse tomber à ses côtés et me blottis dans ses bras qui m'accueillent volontiers.
— J'ai verrouillé la porte pour être sûr que nous ne serons pas dérangés.
— Hari...
— Ne t'en fais pas, dit-il en baissant les yeux vers moi, Josh et Fanny dorment comme des bébés, Lew et Eleanor sont devant un film et Matthew semble absorbé par je ne sais quel travail pour les cours.
D'ailleurs en parlant de lui...
— Cela ne te dérange pas qu'il soit là ?
Il hausse les épaules.
— Caederic m'a dit qu'il y avait de quoi accueillir cinq personnes supplémentaires si jamais nous voulions invités quelques amis. Lew, Eleanor, Fanny et Josh me paraissaient être un choix logique. Quant à Matthew, il préférait ça plutôt que de passer la soirée au milieu d'autres couples de jeunes.
— Il y aura des couples à la soirée de Caederic aussi, je lui fais remarquer en haussant un sourcil.
— Et de très belles irlandaises célibataires d'après mon cher demi-frère.
Il hausse les sourcils comme pour dire : « intéressant pas vrai ? ».
Je rouspète.
— Tu n'es pas...
Il m'embrasse. Ma phrase se perd dans les oubliettes. Un doux frisson me parcourt l'échine.
— Tourne-toi, m'ordonne-t-il entre deux baisers.
Je m'exécute. Notre b****r s'intensifie. Son bras toujours autour de ma taille, il descend ses doigts doux et tièdes dans mon legging. Il introduit son index en moi et commence de lent va-et-vient tortueux tout en me caressant de son pouce.
Mon point sensible s'embrase. J'ondule des hanches contre lui. Un râle rauque étouffé par notre b****r lui échappe. De sa main libre, il attrape la bordure de mon legging ainsi que de ma petite culotte qu'il fait glisser le long de mes jambes.
Il relève la tête. Nos souffles saccadés se heurtent l'un à l'autre. Ses doigts poursuivent leur assaut tortueux entre mes cuisses. Son regard hypnotisant ancré au mien, il déboutonne son pantalon qu'il baisse ainsi que son boxer. Son membre m'effleure. Je frissonne. L'ombre d'un sourire effleure ses lèvres.
— On va faire ça vite, mais bien.
Sa bouche rencontre une fois de plus la mienne tandis qu'il retire sa main et me pénètre d'un coup sec. Je crie contre ses lèvres. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Nos corps enchevêtrés l'un à l'autre se mettent à bouger de manière frénétique. Nos lèvres se dévorent, nos langues se livrent bataille, nos bruits de plaisir aspirés par notre b****r. L'avion, nos amis à quelques mètres de là...Le temps de quelques instants tout disparaît.
Une tornade d'amour et de plaisir déferle en nous. Nos yeux se ferment subjugués par cet assaut sauvage. Sa paume vient faire pression là où nos corps sont connectés. Ses coups puissants me soulèvent. Sa main m'enflamme. Ses râles s'entrechoquent à mes gémissements. Son bras resserre son emprise autour de ma taille. Sa tête retombe dans le creux de mon cou où il suçote la peau. J'aspire ma lèvre inférieure entre mes dents. Nos voix se font écho. Nos corps se tendent. Dans une dernière poussée divine, il se perd en moi et je me perds entre ses bras.
**
Quelques heures plus tard, notre avion atterri à l'aéroport de Dublin où Hari, Lewis, Eleanor et moi revêtissons quelques accessoires de déguisement au cas où paps et journalistes traîneraient dans les parages. Nous regagnons l'intérieur où un groupe de cinq hommes, que je suppose être des gardes du corps, nous attend à la descente de l'escalator. Ils nous saluent furtivement puis nous escortent jusqu'à un van garé dans un coin discret, sans un mot. L'un d'eux nous ouvre la portière. Matthew, Fanny, Josh et Noah prennent place d'un côté. Hari, Lewis, Eleanor et moi de l'autre. L'homme referme la portière dans un geste ferme.
— Trop aimable, rouspète Matthew.
Je ris.
— Tellement.
La voiture démarre. La tête contre la vitre, je regarde défiler l'extérieur tandis que nous laissons l'aéroport derrière nous et traçons sur l'autoroute. Mes amis, Hari, Lewis et Eleanor se lancent dans une discussion à voix basse commentant entre eux les paysages qui déferlent de l'autre côté. Noah, quant à elle, en profite pour piquer du nez.
Au bout d'une petite heure et demie nous arrivons devant une immense demeure, ou plutôt devrais-je dire un château.
Matthew émet un sifflement visiblement tout aussi ébahi que moi.
— Hari, tu ne nous as pas dit que notre hôte avait loué le château de Kilkenny pour la soirée, remarque-t-il.
Du coin de l'œil, je peux voir l'ombre d'un sourire effleurer les lèvres de Hari.
— Il ne l'a pas loué. Il l'a racheté.
Le majordome nous ouvre la porte. Hari passe le premier et m'offre sa main de laquelle je m'empare un peu intimidée. Femmes de chambre et valets de pied vont et viennent entre le château et le van afin d'amener nos affaires à l'intérieur.
— Assurez-vous à ce que nos invités soient répartis entre les chambres qui donnent vue sur la Nore, ordonne quelqu'un.
Je tourne la tête. Mes yeux se posent sur un jeune homme un peu plus grand que Hari. A peine nos regards s'effleurent-ils que leur ressemblance me frappe de plein fouet.
— Caederic.
Hari et lui échangent une poignée de main virile, accompagnée de quelques formalités puis se tournent vers moi.
— Brianna (Il attrape ma main qu'il embrasse sur le dos.) Bienvenue parmi nous.
— Merci.
Il me lance un sourire chaleureux et tend le bras. Une jeune femme ravissante entre l'irlandaise mignonne et la s*x-appeal américaine nous rejoint. Ses yeux d'un beau bleu-gris jongle entre Hari et moi tandis qu'elle nous sourit, pétillante.
— Hari, Brianna, je vous présente Ceilidh. (Il glisse une main dans le bas de son dos et baisse ses yeux vers elle.) Chérie, je te présente mon demi-frère Hari, et sa fiancée Brianna.
— Enchantée, nous salue-t-elle. (Elle jette un coup d'œil en direction du reste de notre petit groupe derrière nous.) Sont-ce là vos amis ?
J'acquiesce. Hari et moi nous décalons légèrement pour leur faire un peu de place. Pour mon plus grand soulagement, les présentations se passent dans la convivialité et la simplicité. Nos hôtes prennent quelques minutes pour faire plus ample connaissance avec nous tous. Chose faite, Ceilidh claque des doigts. Plusieurs femmes de chambre viennent nous encercler tandis que nous regagnons l'intérieur du château.
— Anna, vous accompagnerez Lewis, Josh et Matthew jusqu'à leur chambre. Gwen, occupez-vous de présenter l'infirmière Noah aux autres membres du personnel. (Je m'apprête à faire une remarque. Matthew me fait taire d'un mouvement de tête discret. Ceilidh qui ne semble rien avoir remarqué continue de donner ses ordres.) Hari avec Caederic. Fanny, Eleanor et Brianna avec moi.
Mon regard incertain croise celui de mon fiancé. Ce dernier me décoche un sourire rassurant.
— On se voit après.
Il m'embrasse furtivement et suit son demi-frère je ne sais trop où. Le reste de notre groupe se disperse en fonction des ordres donnés par la maîtresse des lieux. Cette dernière nous escorte jusqu'au dernier étage.
— Désolée si cela peut vous paraître étrange si nous ne vous faisons pas dormir avec les garçons, mais la tradition dans nos familles veut que les couples qui ne sont pas encore mariés ne dorment pas ensemble.
— Qu'en est-il de Caederic et vous ? la questionne Fanny curieuse.
— Nous sommes mariés. (Un sourire effleure ses lèvres.) Depuis bientôt cinq ans maintenant. (Elle nous fait signe de nous arrêter devant une grande porte à double battant. Ses longs doigts fins parfaitement manucurés se referment sur la poignée.) Ceci est la chambre que vous allez partager pour les quelques jours à venir. Celle des garçons se trouvent à l'étage juste au-dessus. Elle ouvre la porte et entre dans la pièce, les filles et moi sur ses talons.
A peine le temps de contempler furtivement la pièce qu'elle frappe dans ses mains. Une horde de jeunes femmes, qui de par leur rapidité devait probablement nous suivre de loin, entrent à leur tour et nous prennent rapidement en charge. En trois claquements de doigts, Ceilidh les répartit entre mes deux amies et moi.
— Toutes six travaillent en binôme, nous explique-t-elle amusée par nos regards étonnés. (Elle frappe un nouveau coup dans ses mains.) Au travail !
**
Nous passons les deux heures qui suivent entre les mains des femmes de chambre : épilation à l'habillage, en passant par le bain, le shampoing, les huiles essentielles, le maquillage et bien évidemment le brushing. Rien n'est laissé au hasard. Les préparatifs finis, Eleanor, Fanny et moi échangeons un regard à travers le grand miroir face à nous.
Je laisse mon regard parcourir leurs robes de Gala avant de m'arrêter sur la mienne : rouge sombre, recouverte d'une fine couche de paillettes argentées. Le décolleté légèrement prononcé ainsi que le jupon épousent mes formes à la perfection.
La voix de ma belle-demi-sœur en devenir résonne dans notre dos :
— De vraies stars.
— Moins brillante qu'elle, marmonne Eleanor entre ses dents.
J'émets un rire discret. Du coin de l'œil, je peux voir Ceilidh regarder sa montre, un sourire satisfait sur les lèvres.
— Dans les temps. (Elle claque des doigts. La horde de jeunes femmes sort de la pièce sans un mot.) Il va être l'heure pour moi d'aller accueillir les premiers invités. Eleanor, Fanny, vous pouvez aller retrouver Lewis et Josh. Ils doivent probablement être au salon. Brianna, ajoute-t-elle à mon attention, je vous retrouve dans le hall dans vingt minutes.
Elle nous lance un sourire et sort de la pièce avant même que je ne puisse lui demander pourquoi.
— On ferait bien de descendre, dit Fanny.
J'acquiesce. Eleanor et elle me prennent dans leurs bras à tour de rôle.
— A tout de suite.
Elles sortent à leur tour. Je leur emboîte le pas et les suis du regard jusqu'à ce qu'elles aient disparu à l'angle. Jetant un dernier coup d'œil à l'immense chambre je ferme la porte et, décidant de profiter du petit quart d'heure qu'il me reste, me lance dans une exploration rapide de ce grand château irlandais. Le bruit de mes talons résonne à peine, étouffé par les tapis qui recouvrent le parquet. Des notes de musique semblent me parvenir dans le lointain. Une douce lumière tamisée éclaire les différents couloirs et corridors que j'emprunte, tous décorés par des portraits représentant des membres de la famille au regard perçant. Un doux frisson me parcourt l'échine tandis que mon imagination se met à vagabonder au milieu des différentes histoires qui ont bien pu se passer dans cette maison.
— Sérieusement ?!
Je me stoppe net. Mon cœur semble faire un bon en avant.
— Vous avez intérêt à rectifier ça où vous aurez des emmerdes.
Silence. Le bruit d'un téléphone que l'on remet en place d'un coup sec. Quelqu'un s'affale dans un fauteuil.
— Un problème ?
Je frémis, m'approche d'une porte à peine entrouverte à travers laquelle filtre de la lumière. Ma respiration semble se bloquer dans ma poitrine.
— Un problème ?
Hari. Je me penche en avant dans l'espoir d'entrapercevoir ce qui se passe. Caederic et lui se tiennent assis l'un face à l'autre près d'une cheminée dans ce qui ressemble à un bureau. Caederic attrape le verre posé sur le bras de son fauteuil.
— Code rouge.
Mon fiancé se fige. Caederic prend une gorgée. Silence. Hari émet un rire amer en faisant de même.
— Code rouge, répète-t-il.
— Oui. Code rouge.
La confusion s'empare de moi.
— Mademoiselle ?
Je me retourne dans un bond me retrouvant nez à nez avec l'un des hommes de Caederic.
Mon cœur se met à cogner violemment entre mes côtes.
— Est-ce que je peux vous aider ?
**