2En arrivant à l’aéroport, je humai jusqu’au vertige les émanations de pays lointains qui appelaient tant de songeries. Je rêvais de soleil et d’insouciance. De paillotes et de musiques exotiques. De fleurs et d’essences extraordinaires. De plages et de fruits curieux. Je fis un petit détour par un hall habité de djellabas, de batiks, de boubous et de grand-robes et me laissai porter par d’irrésistibles vapeurs d’Afrique, d’Asie et d’Antilles. Au bout du couloir se trouvaient les arrivées nationales, avec leur plafond bas et sombre. J’eus envie de reculer, de repartir vers un ailleurs à composer. Mes pupilles pensives se ravivèrent toutefois lorsque le visage rieur et presque enfantin de Laurent se détacha d’une masse grise et guindée. — Alors le Laotien ! jetai-je en accueillant un so

