Dans le coin de la chambre, j’attendais patiemment que le policier finisse de parler avec mon patient, son ami. De ce que je savais sur cette triste histoire, l'homme allongé dans le lit, Rick Grimes, était tombé dans le coma suite à une fusillade étant shérif. Et son visiteur était son partenaire et meilleur ami Shane Walsh, j'avais eu l'occasion de lui parler plusieurs fois, il se souciait réellement de lui et m'avait demandé de bien prendre soin de lui.
- Merci encore infirmière (L/N).
- Il n'y a pas de quoi, je fais seulement mon travail. Passez une bonne journée officier Walsh !
- Vous de même.
Il quitta la pièce et le silence retomba, seul le bruit des machines le maintenant en vie troublait de temps à autre le calme plat, alors que je m'attelai à mes tâches quotidiennes, vérifier l'état du patient, changer les fleurs du vase, changer la taie d'oreiller, tout cela.
- Monsieur Grimes, votre famille vous a rendu visite hier et votre ami vient juste de partir. Vous avez de la chance de les avoir à vos côtés, ils ne vous abandonneront jamais. J'espère sincèrement que vous vous réveillerez vite..
Je serrai sa main, comme à chaque fois, et sortis de la chambre, j'avais fini pour la journée. Eteignant la lumière à contrecœur, je quittai la pièce en lui adressant un dernier regard, je m'étais bien trop attachée à ce patient.
Une goutte d'eau froide tomba sur ma paupière fermée, je chassai cet élément de gêne en me relevant. Je mis quelques secondes avant de me souvenir où j'étais, dans une cabane pour enfants se trouvant dans un arbre, sans doute l'endroit le plus à l'abri que j'avais trouvé.
Je n'étais pas dans mon hôpital, j'avais encore rêvé de ce jour-là, le dernier jour où je vis Rick Grimes mon patient préféré, le dernier jour avant que notre monde ne parte en vrille et que les morts nous dominent.
Quand tout avait commencé, je me trouvais à l'hôpital et quand on nous avait ordonné d'évacuer j'avais voulu le sauver, le sortir de là, c'est à ce moment que j'avais croisé l'officier Walsh, il m'avait demandé de fuir m'assurant qu'il s'occupait de Rick. Au final je n'ai revu aucun des deux, ils devaient surement être morts désormais de toute façon.
Le fait de ne plus avoir de famille ni de réels amis m'avait au moins épargné la douleur de perdre des personnes chères à mes yeux. Depuis toujours mes patientes étaient les seules personnes qui comptaient vraiment, après tous leurs vies avaient été en quelque sorte entre mes mains, bien que maintenant ils étaient tous morts. Enfin c'était un mal pour un bien et la solitude ne me dérangeait absolument pas.
Sauf que le problème venait de la survie en elle-même, trouver des provisions était parfois compliquée et lorsque je croisais des groupes je me cachais, rester loin des autres étaient un point important de la survie. Mais la solitude me condamnait à n'avoir personne pour assurer mes arrières et parfois c'était assez dur de devoir compter uniquement sur sa propre personne.. Mais après toutes ses années je commençais à m'y habituer, je redoublais juste de vigilance dans les zones susceptibles d'abriter plusieurs individus..
Mais pourtant aujourd'hui j'étais sur le point de briser cette règle alors que je me trouvais devant les grilles d'une ville fortifiée, Alexandria.. J'en avais tant entendu parler, une ville qui avant même que la fin arrive avait eu la chance de se retrouver protégée et d'épargner à ses habitants un triste sort.
Je ne savais pas si c'était une bonne idée de m'enfermer derrière des murs mais j'étais fatiguée, j'avais faim, soif et mon stock de munitions était proche d'être inexistant.
Je pris une grande inspiration et tapai du poing contre le portail, et seulement quelques secondes plus tard un homme montra sa tête du haut de la tour de garde, une arbalète pointée sur moi.
- Qui es-tu et que veux-tu ? Aboya-t-il presque
- Du calme ! Mon nom est (Y/N) et je ne désire faire aucun mal, je suis une survivante égarée et à la recherche d'un abri comme tant d'autres !
Il m'observa pendant encore quelques secondes avant de disparaître et de crier quelque chose, même pas dix secondes plus tard, les grilles s'ouvraient, et heureusement d'ailleurs car les grognements des rôdeurs s'approchant près de moi ne me rassurait guère. En tout cas le comité d'accueil était assez volumineux : une dizaine de personnes peut-être. Je levai les bras paumes tendues vers ces visages méfiants alors que l'on me faisait signe d'avancer, je pénétrai dans l'enceinte et pouvais alors me mettre à observer tout le monde.
Une femme s'approcha de moi et se mit à me fouiller, cherchant si j'avais une arme, une soudaine crainte me pris aux tripes et si jamais on me jetait dehors ?! Et si je me faisais piller tout ce que je possédais puis mis à la porte ?! Peut-être décideraient-ils qu'une bouche de plus à nourrir n'était pas nécessaire.. Dans ce nouveau monde il fallait prouver sa valeur afin de survivre.
Rapidement je me retournai vers la sortie, saisissant l'arme se trouvant dans mon dos et tirai une seule balle qui se logea parfaitement entre les deux yeux d'un rôdeur. Il s'écroula au sol foudroyé par le coup, j'espérais qu'en leur montrant ma maîtrise des armes à feu, ils décideraient de me garder dans leur communauté.
- Alors ça ! Toi et moi je sens qu'on va bien s'entendre ! Me dit une jeune femme typée hispanique
Je m'appelle Rosita ! Désolée pour l'accueil plutôt méfiant mais bon on ne savait jamais sur qui tomber !
- Mon nom est (Y/N) et je comprends tout à fait la réaction de chacun, je suis une inconnue après tout.
Un homme se fraya alors un chemin parmi la foule et mes yeux s'élargirent de surprise en apercevant le visage d'un homme qu'elle ne croyait plus jamais revoir, il portait une petite fille dans les bras, un bébé cela faisait tellement longtemps qu'elle n'en avait pas vu.
Il était presque tant semblable à quand il était arrivé à l'hôpital, les cheveux courts et la barbe rasé, si bien que je ne savais pas si mon esprit me jouait des tours.
- Rick ?
Les sourcils de l'homme se froncèrent à cela, il ne me connaissait pas, moi oui mais lui il ne m'avait jamais vu et n'avait pas la moindre idée de qui j'étais.
- Est-ce qu'on se connait ?
- Oui en quelque sorte.. J'étais l'infirmière m'occupant de vous alors que vous étiez dans le coma, mais c'est le passé tout cela.
Ce fut à son tour d'exprimer de la surprise mais également de la gratitude ? Il m'offrit un petit sourire et s'approcha de moi.
- Shane m'en avait parlé, il m'avait parlé de vous
Je vous dois la vie en quelque sorte alors vous êtes la bienvenue ici.
Son regard ne quittait pas ma personne alors que je sentais un certain soulagement s'emparer de moi, je pourrais rester en sécurité dans une communité semblant plutôt stable et avec un visage familier, un visage que chaque jour où je l'observais me marquait un peu plus.
Peut-être que cette fois-ci je pourrais enfin m'autoriser à dormir les deux yeux fermés et sur mes deux oreilles également.
************************************************************
Cela faisait plusieurs mois que je me trouvais à Alexandria et j'avais appris de nombreuses choses, déjà que Shane était mort, que la femme de Rick l'était également et que Judith n'était peut-être pas sa fille mais il l'avait quand même plus que tout.
Je m'étais fait acceptée dans cette communauté mais plus particulièrement dans le groupe de Rick, Rosita et moi partagions une sorte de passion commune pour les armes à feu et nous nous retrouvions souvent à nous entraîner ensemble.
Quant à Rick et bien Je ne pouvais nier qu'il y avait une certaine attraction entre nous dont nous n'osions pas parler, il me plaisait et cela depuis longtemps et de mon côté je ne pensais pas le laisser indifférent, enfin ça c'était selon Rosita.
D'ailleurs nous étions toutes les deux en train d'effectuer une ronde dans Alexandria de nuit quand une voix m'interpella, tiens quand on parlait du loup..
Rick se tenait juste devant nous, un grand sourire sur les lèvres, du coin de l'oeil je vis Rosita sourire également mais une toute autre raison que la simple présence de l'ancien shérif
- (Y/N), tu voudrais bien venir patrouiller avec moi ? Je dois te parler de quelque chose d'important.
- Oui bien sûr !
Alors que je le suivis, je tournai rapidement la tête en arrière et aperçut Rosita qui leva les pouces ce qui me fit, en retour, lever les yeux au ciel. Je ne savais pas à quoi elle s'attendait ni ce qu'elle croyait qui allait arriver, d'ailleurs je n'en avais pas la moindre idée.
La lune était pleine et son rayon de lumière illuminait cette soirée, de ce fait nous n'avions pas allumé de nombreuses torches et certains habitants limitaient la consommation d’électricité aussi.
Un silence agréable s'était installé entre nous mais la curiosité me rongeait, qu'avait-il à me dire.
- (Y/N), je crois t'avoir déjà dit à quel point je t'étais reconnaissant d'avoir veillé sur moi et d'avoir même essayé de me sortir de là. C'est incroyable que d'avoir eu l'occasion de te rencontrer !
Et je ne souhaite pas te voir partir, tu es tellement douce et patiente avec Judith et Carl, ça leur fait du bien, surtout à Carl, d'avoir une présence féminine rassurante, qui qui est comme une mère.
Depuis qu'Elle est morte je n'ai jamais pensé pouvoir aimer une autre personne, mais avec toi, et aussi cliché que cela sonne, ça a été comme une évidence la première fois que je t'ai vu.
Je n'avais pas besoin de parler, mes joues légèrement rosées en disaient déjà bien assez, les actions parlaient parfois plus que les mots, alors c'est ce que je fis, je passai mes bras autour de son cou et déposai mes lèvres sur les siennes, sans prévenir. Sa réaction ne se fit pas attendre et ses mains trouvèrent le creux de mes hanches, tandis ce que nos corps se pressaient l'un contre l'autre. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas eu un tel contact physique, la chaleur humaine, la passion d'un amour partagé. Tout cela me paraissait si lointain mais désormais j'en faisais de nouveau l'expérience.
Mes mains s'étaient perdues dans ses cheveux tandis que les siennes exploraient mon corps, Rick avait le dos appuyé contre un mur, l'aidant à nous soutenir tous les deux, c'était une mauvaise idée de se lâcher ainsi, à la vue de tous mais la sensation que cela procurait était bien trop stimulante pour arrêter.
- Pensez qu'il y a des enfants ici ! Allez-vous trouver une chambre bon sang !
La voix de Daryl nous prit par surprise et nous fit sursauter, toujours contre Rick me fit lever la tête vers la maison se trouvant juste derrière nous, le traqueur se trouvait à une fenêtre nous observant, un sourire en coin sur les lèvres mais également une grimace de dégout.
Rick et moi étions complètement à bout de souffle et je décidai d'ignorer le brun ainsi que ses complaintes.
- Je pense que ce n'est pas nécessaire de te le dire mais je vais quand même le faire. Je t'aime Rick.
- Je t'aime aussi (Y/N).
Nous nous embrassions à nouveau comme s'il n'y avait personne à Alexandria et surtout sous les commentaires de Daryl qui nous demandait peu gentiment d'aller faire ce genre de choses ailleurs et non pas à la vue de tous.
Oh oui je me plairais à Alexandria, j'avais toutes les raisons de ne pas partir et c'est bien ce que je comptais faire : rester jusqu'à ce que ce ne soit plus possible et ne pas gâcher cette relation qui venait de se créer.