Troy me traverse comme si je n’existais pas.
J’en reste figée, incapable de comprendre ce qui vient de se passer.
Il m’a vue. C’est impossible autrement. Nos regards se sont croisés une fraction de seconde, et pourtant, il a continué sa route comme si je n’étais qu’une ombre.
Un frisson glacé me parcourt.
Depuis quand Troy Grey m’ignore ?
Je serre les poings, mes ongles s’enfonçant dans ma paume. Très bien. Il veut jouer à ça ? Il va voir que je ne suis pas du genre à me laisser éclipser.
Je me retourne vivement et lui barre la route avant qu’il ne disparaisse au bout du couloir.
— Toi, ici ? dis-je, mon regard brûlant de défi.
Il s’arrête net.
Lentement, il tourne la tête vers moi. Son expression est fermée, insondable.
— Banks.
Juste ça. Mon nom. Aucune émotion dans sa voix, rien qui ne trahisse quoi que ce soit.
C’est une façade. Une façade trop bien travaillée.
— Depuis quand tu t’intéresses à la justice ? je lance, les bras croisés.
— Depuis aujourd’hui.
Son ton est neutre, indifférent.
Mais je le connais trop bien.
— Tu arrives pile au bon moment, après la chute du maire. Curieuse coïncidence.
Son regard s’assombrit légèrement.
— Tu crois aux coïncidences, Banks ?
Je plisse les yeux.
— Pas quand ça te concerne.
Le silence s’étire entre nous.
Je pourrais presque jurer que quelque chose crépite dans l’air.
Troy m’observe, et cette fois, je sais qu’il analyse chacun de mes mouvements, chacun de mes mots.
Je souris, amusée.
— Tu veux quelque chose.
— Peut-être.
Son aveu me surprend.
Je m’attendais à une esquive, à une provocation, pas à ça.
Je fais un pas vers lui, réduisant l’espace entre nous.
— Et qu’est-ce que Troy Grey pourrait bien vouloir, après tout ce temps ?
Sa mâchoire se contracte légèrement.
Je le vois.
Ce tressaillement infime.
--j'aimerais savoir pourquoi tu me résiste autant depuis quelques années..
troy sert les poings:
-ah oui?! et tu penses que je suis tenu de reagir absolument lorsqu'il s'agit de toi??
-oh je t'en prie Troy, j'ai remarqué le feu qui couve dans tes yeux, quand tu me regardes. ton désir sauvage de me posséder..
le regard de troy devient vitreux, comme s'il était entrain d'imaginer une scène érotique.
il serre les dents, car ses yeux sont maintenant entrain de parcourir son corps.
Il se passe quelque chose en lui qu'il essaie de contrôler mais en vain.
Il s’apprête à parler… mais une voix derrière lui brise l’instant.
— Troy !
Liam.
Troy ferme les yeux un instant, comme si cette interruption l’agaçait.
Il se retourne, et en une fraction de seconde, son expression change.
Leon, Luis et Liam s’approchent, l’air satisfait.
Dès qu’ils me voient, leur attitude se tend.
Leon est le premier à parler.
— Qu’est-ce qu’elle fout là, celle-là ?
Je me contente de sourire.
— Elle est juste devant toi, Leon. Mais merci pour l’accueil.
Luis ricane.
— Toujours aussi arrogante.
— Toujours aussi obsédé par moi, rétorqué-je du tac au tac.
Liam secoue la tête, faussement amusé.
— Regarde autour de toi, Banks. tu as vue une seule personne à tes pieds ?!
Mon sourire s'agrandit légèrement.
je fais un pas vers liam, avec un dehanché incroyable:
--chacun de vous rêve de moi mais vous savez quoi?? moi je ne rêve d'aucun d'entre vous..
--oui, tu as raison je fais des rêves où je te culbute sauvagement en te traitant de pétasse..
lance leon dans un grand sourire narcissique :
— Vous êtes pitoyables, soufflé-je avant de me détourner.
Je n’ai plus rien à faire ici.
Mais en quittant le tribunal, je ne peux ignorer le regard de Troy qui me suit.
Le bar est animé. Musique en fond, rires bruyants, verres qui s’entrechoquent.
Liam lève son verre.
— À la première victoire !
Luis et Leon le suivent immédiatement.
— À la chute de Banks Ross !
Ils trinquent, ravis.
Troy, lui, reste en retrait.
Il boit, mais il ne jubile pas autant qu’eux.
Leon le remarque.
— Un problème, Grey ?
Troy lève les yeux vers lui, impassible.
— Aucun.
— Vraiment ? Parce que t’as pas l’air aussi enthousiaste que nous.
Liam et Luis échangent un regard.
Leon pose son verre et s’accoude à la table, son ton devenant plus dur.
— ne me dit pas que tu commences à flancher..
Le silence s’installe.
Troy fixe Leon, et son regard devient glacial.
--tu n'as pas oublié qu'on le fait pour Léo??
—non, je n'ai pas oublié. Et cesse de me surveiller et de me demander des explications. Tu que je ne m’explique pas jamais.
Leon soutient son regard une seconde, puis esquisse un sourire en coin.
— Bien.
Mais le doute reste.
Troy n’a pas le cœur à l’ouvrage.
Et Leon l’a vu.
Banks s’installe dans le salon, un verre de vin à la main.
Ways est assise en face d’elle, les jambes croisées, l’air pensif.
Un homme se tient à côté de la fenêtre, les bras croisés.
Il est grand, athlétique, des traits marqués par l’assurance et le mystère.
— Je suppose que c’est une mauvaise journée, commente Ways.
Banks serre la mâchoire.
— J’ai perdu un pion essentiel.
— Et quelqu’un s’est donné du mal pour que ça arrive, ajoute l’homme en se détachant du mur.
Banks relève les yeux vers lui.
— oui, c'est vrai tu as raison mais qui?
Un sourire en coin étire ses lèvres.
— en exactement ce qu'il faut savoir maintenant..
Elle l’observe quelques secondes.
Il a un charisme brut. Un regard intense, presque perçant.
Et surtout, une façon bien à lui de la regarder.
Comme si elle l’intriguait profondément.
— Zane, si tu te concentre un minimum, je suis sûr que tu peux trouver qui a fait ça..
--ah bon?! ma belle, il se trouve que je ne suis pas leo..
— Il faut qu’on découvre qui est derrière tout ça, dit Ways, pour détourner l'attention de Banks de la phrase que vient juste de prononcer zane..
— On sait déjà que quelqu’un veut ma place. Mais qui est assez fou pour croire que je vais me laisser faire ?
dit doucement Banks en reportant son attention sur ways
Zane s’approche, et Banks sent son regard glisser sur elle, presque trop lentement.
— C’est justement ce que je me demande, souffle-t-il.
Elle arque un sourcil.
— T’as l’air bien impliqué dans cette histoire.
dit Banks en désignant ses seins :
— Disons que… je trouve ça fascinant.
Un léger sourire étire ses lèvres.
Il la fixe, et Banks sent quelque chose d’étrange.
Ce n’est pas juste de l’intérêt.
C’est autre chose.
Un intérêt plus dangereux.
Et elle n’est pas sûre de savoir si elle doit en jouer… ou s’en méfier.