La lumière grise d’un matin parisien filtrait à travers les rideaux en lin de l’appartement d’Hugo, baignant le salon d’une lueur douce. Maéva, en legging et sweat oversized, était lovée sur le canapé, une tasse de café fumante à la main. À 26 ans, elle s’habituait lentement à sa nouvelle vie de WAG, mais ce matin, une sensation d’inconfort la tenaillait. Peut-être était-ce la pluie qui tambourinait sur les vitres, ou le silence inhabituel d’Hugo, parti à l’entraînement plus tôt que d’habitude. Elle attrapa son téléphone, espérant se distraire sur i********:, mais un message de sa collègue d’Hermès, Julien, attira son attention : Maéva, t’as vu l’article dans Closer ? Appelle-moi !
Son cœur se serra. Elle ouvrit un navigateur, tapa « Closer Hugo Ferreira », et tomba sur le titular : « Hugo Ferreira, infidèle ? Une mystérieuse blonde aperçue à ses côtés. » Les photos, granuleuses mais reconnaissables, montraient Hugo dans un bar branché du Marais, riant avec une femme blonde, leurs visages proches. La légende spéculait : « La star du PSG, récemment en couple avec Maéva, aurait-elle déjà des secrets ? »
Maéva sentit une vague de chaleur monter en elle, mélange de colère et d’humiliation. Elle zooma sur la photo, scrutant la femme – élégante, la trentaine, un sourire complice. Son estomac se noua. Elle reposa la tasse, renversant un peu de café sur la table basse, et attrapa son téléphone pour appeler Hugo. Pas de réponse. « Génial, » marmonna-t-elle, jetant l’appareil sur le coussin.
Des heures plus tard, la porte d’entrée claqua. Hugo entra, son sac de sport à l’épaule, les cheveux humides de pluie. « Salut, bébé, » lança-t-il, souriant. « T’as passé une bonne matinée ? »
Maéva se leva, les bras croisés, l’article ouvert sur son téléphone. « Pas vraiment, Hugo. T’expliques ça ? » Elle lui tendit l’écran, sa voix tremblante.
Il fronça les sourcils, prenant le téléphone. « C’est quoi ce bordel ? » murmura-t-il, faisant défiler l’article. Son expression passa de la confusion à l’agacement. « Sérieux, Maéva ? Tu crois ces conneries ? »
« Je crois ce que je vois, » rétorqua-t-elle, pointant la photo. « T’es là, avec une blonde, à minuit dans un bar. Tu m’avais dit que t’étais avec l’équipe ce soir-là ! »
Hugo posa le téléphone sur la table, passant une main dans ses cheveux. « OK, calme-toi. Oui, j’étais au bar, mais c’était pas ce que tu penses. Cette fille, c’est Sofia, une amie d’enfance. On a grandi ensemble à Lisbonne. Elle était de passage à Paris, on a pris un verre pour rattraper le temps. »
« Une amie d’enfance ? » répéta Maéva, incrédule. « Hugo, elle te regarde comme si t’étais un dessert ! Et toi, t’as l’air bien content d’être là. »
Il soupira, s’appuyant contre le comptoir de la cuisine. « Maéva, t’es sérieuse ? Tu vas laisser un torchon comme Closer te mettre des idées pareilles dans la tête ? J’ai des amis, OK ? Je vais pas arrêter de vivre parce que des paparazzis prennent des photos. »
« Arrêter de vivre ? » lança-t-elle, sa voix montant. « Hugo, je t’ai cru quand t’as dit qu’on était une équipe ! Et là, je découvre ça, avec tout le monde qui commente, qui me traite de naïve sur Internet ! »
Il s’approcha, levant les mains en signe d’apaisement. « Écoute, je suis désolé que t’aies vu ça. Mais je te jure, il s’est rien passé. Sofia, c’est comme une sœur. On a parlé de nos familles, de nos souvenirs. C’est tout. »
Maéva croisa les bras, les larmes lui montant aux yeux. « Alors pourquoi tu m’as pas dit que t’allais la voir ? Pourquoi j’apprends ça par un magazine ? »
Hugo hésita, cherchant ses mots. « Parce que… je sais pas, Maéva. C’était pas important. J’ai pas pensé que ça valait la peine de t’en parler. J’ai eu tort, OK ? »
« Pas important ? » répéta-t-elle, blessée. « Hugo, je suis censée te faire confiance, mais tu me caches des trucs comme ça ! Comment je suis supposée me sentir ? »
Il s’assit sur le canapé, frottant son visage. « T’as raison, j’aurais dû te le dire. Mais je te promets, sur ma mère, qu’il y a rien entre Sofia et moi. Tu veux son numéro ? Appelle-la, demande-lui. »
Maéva secoua la tête, essuyant une larme. « Je vais pas appeler une inconnue pour vérifier si mon mec me trompe. C’est ridicule. »
« Alors qu’est-ce que tu veux ? » demanda-t-il, un soupçon de frustration dans la voix. « Que je te montre mes messages ? Que je te fasse un rapport chaque fois que je vois quelqu’un ? »
« Je veux que tu sois honnête ! » cria-t-elle, frappant le coussin à côté d’elle. « Je veux pas me réveiller un matin et découvrir que tout le monde savait sauf moi ! »
Le silence tomba, lourd, seulement brisé par le tic-tac de l’horloge murale. Hugo se leva, s’approchant lentement. « Maéva, » dit-il doucement, « je suis honnête. Je t’aime, OK ? Je veux pas te faire de mal. Ces photos, ces rumeurs, c’est du poison. Mais toi et moi, on est plus forts que ça. »
Elle le regarda, ses yeux brillants de larmes. « Tu dis ça, mais j’ai peur, Hugo. Peur que ce monde, ces gens, nous détruise. »
Il s’agenouilla devant elle, prenant ses mains. « Je te laisserai pas tomber. On va gérer ça ensemble. Je vais parler à mon agent, faire sortir un communiqué si tu veux. On peut même ignorer tout ça et partir en week-end, juste toi et moi. »
Maéva renifla, un sourire tremblant aux lèvres. « Un week-end ? T’as un match samedi. »
« Merde, t’as raison, » dit-il, riant malgré lui. « OK, après le match, alors. Une escapade à Deauville, la mer, pas de Wi-Fi. Ça te va ? »
Elle hocha la tête, laissant ses mains glisser dans les siennes. « Ça me va. Mais Hugo… si y a autre chose, dis-le-moi maintenant. Je peux pas vivre avec des doutes. »
Il la regarda dans les yeux, sérieux. « Y a rien d’autre. T’es la seule, Maéva. »
Elle se pencha, posant son front contre le sien. « D’accord, » murmura-t-elle. « Je te crois. »
Il l’enlaça, et ils restèrent ainsi, enlacés sur le canapé, le monde extérieur réduit à un murmure. Mais au fond d’elle, une petite voix persistait, un instinct qu’elle ne pouvait ignorer. Elle voulait croire Hugo, désespérément, mais les photos, les commentaires en ligne, avaient planté une graine de méfiance.
Ce soir-là, alors qu’ils dînaient en silence – un risotto préparé par Hugo dans une tentative d’apaisement – Maéva reçut un message de Sarah, la WAG qu’elle avait rencontrée à la soirée caritative. Maéva, t’as vu l’article ? T’inquiète, c’est toujours comme ça au début. Hugo est fou de toi, fais pas gaffe à ces bêtises.
Elle montra le message à Hugo, un sourcil levé. « Sarah qui joue les cheerleaders. T’as demandé à tes amis de me rassurer, ou quoi ? »
Il rit, secouant la tête. « Non, mais Sarah est cool. Elle sait comment ce milieu peut être pourri. Tu devrais lui parler, elle a traversé la même chose avec Marco. »
« Peut-être, » dit Maéva, posant son téléphone. « Mais j’ai pas envie de parler de ça avec tout le monde. Je veux juste… qu’on soit bien, toi et moi. »
« On est bien, » assura-t-il, prenant sa main par-dessus la table. « Et on le restera. Promis. »
Elle sourit, mais son regard s’égara vers la fenêtre, où la pluie continuait de tomber. La promesse d’Hugo était sincère, mais dans ce monde de flashs et de rumeurs, rien ne semblait garanti.
Plus tard, seule dans la salle de bain, Maéva se démaquilla, scrutant son reflet. Elle repensait à la Martinique, à sa vie simple, à l’époque où personne ne disséquait ses faits et gestes. Était-elle naïve de croire qu’elle pouvait naviguer dans cet univers sans se perdre ? Elle ferma les yeux, inspirant profondément. On est une équipe, se répéta-t-elle, espérant que ces mots suffiraient à dissiper le doute.
Mais dans un coin de son esprit, la blonde du bar, le sourire d’Hugo, restaient gravés, comme une ombre qu’elle ne pouvait chasser.