2.
Le petit bonhomme sur la lune IUn père envoya son fils couper des haies pour fabriquer des ruches. Sur le chemin du retour, le garçon ployait tellement sous son fardeau qu’il n’avançait qu’à grand-peine. Le soir arriva. Il faisait un beau clair de lune : c’était la pleine lune. Notre petit gars poussait des soupirs de fatigue ; et à la seule pensée du chemin qu’il devait encore parcourir, il soupira de plus belle. Levant les yeux vers la lune, il s’exclama :
— Comme elle est belle ! Comme j’aimerais être là-haut avec mon fagot !
A peine avait-il prononcé ces mots que, hop ! le voilà qui décollait vers la lune. Une vieille femme s’y trouvait.
— Tu ne rentreras pas chez toi avant de m’avoir fait une belle ruche, dit-elle au garçonnet.
Celui-ci fabriqua une ruche, mais le chien de la vieille femme la réduisit en morceaux ; il en fabriqua une deuxième, mais le chien la déchiqueta pareillement. Alors la femme lui dit :
— Tu vas devoir rester sur la lune aussi longtemps que le monde tournera.
Levez les yeux au ciel lorsque c’est la pleine lune, et vous le verrez en effet là-bas assis à côté de son fagot. Et le jour où le chien laissera le petit garçon finir sa ruche, le monde disparaîtra.