Plutôt amusée qu'il me trouve de nouveau à son goût, alors que ces dernières années il m'avait délaissé, il me semblait redevenir pour un soir une femme désirée et désirable, ne pouvant rester insensible à son flagrant désir je me suis fait un malin plaisir à user de mon pouvoir de séduction.
Prise au jeu et sans savoir vous dire pourquoi, j'avais l'agréable sensation que nous allions passer une excellente soirée et j'avais hâte de rencontrer ce fameux Christian, de voir à quoi il ressemble et de vérifier s'il était aussi intéressant que le disait mon mari.
Mais le temps passe vite et je n'ai pas vu l'heure, tout ça pour vous dire qu'il était au moins ponctuel car à l'heure dite il a sonné à notre porte et mon mari, excité comme un gamin, s'est empressé d'aller lui ouvrir.
Après les embrassades d'usage entre copains, je suis venue les rejoindre dans l'entrée pour être présenté, là... face à moi, un grand brun ténébreux au regard de velours ma tendu un magnifique bouquet de roses multicolores et avec un sourire ravageur il me dit :
Tenez... Émilie... merci pour votre agréable invitation, c'est un très grand plaisir que de vous connaître enfin, votre cachottier de mari m'avait dit que vous étiez belle, mais pas à ce point-là, vous êtes vraiment ravissante...
Comment vous dire, un bel homme, élégant, grand, brun, assez galant et avec du savoir vivre, un bon point pour lui, mon mari savait au moins choisir ses amis, mais j'étais si peu habituée aux compliments des hommes que c'est légèrement rougissant que j'ai réussie à lui répondre :
Merci... c'est très gentil... vous me faite rougir... ces fleurs sont magnifiques...
Chère amie, après vous avoir enfin vu, ces fleurs mon l'air tellement fades...
J'étais sous le charme, presque incapable de répondre ou de réagir et c'est mon mari qui ma sortie de l'embarras, prenant son copain par l'épaule et en poussant vers le salon il lui dit en riant :
Et ho....le dragueur... doucement c'est ma femme, alors pas touche
Les deux hommes se sont installés au salon pour nous servir un verre pendant que je jetais un dernier œil en cuisine, de retour vers eux, je me suis installée sur le canapé juste à côté de mon homme, Christian était juste en face dans un des fauteuils.
Les mecs ont commencé à parler du bon vieux temps et de leurs quatre cent coups, je les regardais à tour de rôle, bien installée les jambes croisées, j'écoutais religieusement des fois que je puisse apprendre quelque chose d’inédit sur mon mari.
Mais à les entendre, le plus chaud des deux était bien Christian, grand coureur de jupons et tombeur de ces dames, d'après les dires de mon époux, ce qui ne m'étonnais pas du tout vu la façon qu'il avait de me regarder avec ses yeux gourmands.
Son regard passait plus de temps sur mes jambes et dans mon décolleté que sur les tableaux du salon, mais la présence de mon mari me rassurait et puis ce Christian avait néanmoins un certain savoir vivre, ce n'est qu'après deux, trois verres et quelques blagues salaces, que je me suis sentie en confiance et plus détendue.
Peu habituée à l'alcool, j'avais la tête légère et je rigolais assez facilement à la moindre blague, mais il fallait que je finisse de préparer le repas, je me suis donc levé pour rejoindre la cuisine et là les deux hommes ont tout de suite remarqués mon état, ils se sont mis à rire en duo.
Et bien ma chérie, tu ne tiens pas la route, fait attention de ne pas te cogner...
Mon ami tu n'es pas très sympa avec ta femme, ce n'est pas bien de se moquer, du coup moi je vais l'aider en cuisine...
Ok, vas-y, pendant ce temps je vais finir de mettre la table
Effectivement, Christian est venu me rejoindre à la cuisine, nous nous sommes retrouvés seuls devant les fourneaux.
Et bien Emilie, que puis-je faire pour t'aider, tu permets que je te tutoie ?
Pourquoi pas, après tout... nous sommes voués à être amis, non ?
Je l'espère... et bien plus... si affinités
Et hop, je n'ai pu retenir un petit fou rire, impossible de résister, c'était nerveux et l'alcool aidant je ne me maîtrisais plus trop, le (et bien plus si affinités) était plutôt équivoque mais j'ai pris çà comme une petite blague.
Je vois que j'ai mes chances, n'est-ce pas... Émilie ?
Non, je ne rêvais pas, Christian me draguait ouvertement, là... à quelques mètres de mon mari, son soi-disant meilleur ami... je ne savais pas vraiment comment réagir à cela et mon temps d'hésitation lui est sûrement apparu comme un encouragement.
Alors que j'étais tournée vers le four, il s'est approché de moi et a poser ses mains sur mes hanches, je ne m'attendais vraiment pas à ce contact de sa part et cela m'a encore plus déconcerté, sans pouvoir vraiment réagir.
Émilie... par quoi puis je commencer, il y a tant de tentations dans cette cuisine.
J'étais perdue face à l’ambiguïté de ses mots, si évidents, presque irrespectueux envers l'épouse de son ami, je cherchais une éventuelle échappatoire qui ne remettrait pas la soirée en cause.
Mais maintenant il se tenait tout contre moi, bien appuyé contre mes reins, il me fallait réagir vite pour qu'il ne s'aventure pas plus loin, mais légèrement ivre ressentant la chaleur de son corps contre le mien, je n'avais plus la ressource physique ni même mentale de me dérober.
Pourtant, ce qui se tramait était si évident, mon manque de réactivité était pour lui comme un consentement évident de ma part, il me fallait trouver une solution, mais il y avait aussi mon homme, son ami, là juste à côté, que la moindre réaction inappropriée pourrait alerter et je ne voulais vraiment pas lui casser ses retrouvailles.
Je ne pouvais laisser dégénérer la situation, malgré les agréables frissons que je commençais à ressentir, le contact de ses mains chaudes sur mes anches et la tiédeur de son corps que je devinais au travers de ma robe.
Cette robe, qui d'un seul coup me parut bien trop courte et trop légère, ce décolleté si profond qui se gonflait outrageusement au rythme des battements de mon cœur et de ma respiration qui s'accéléraient, il était impossible que Christian ne s’aperçoive pas de l'effet qu'il me prodiguait.
La honte m’envahissait et je me surprenais face à mon comportement de femme facile, dans un dernier espoir j'ai tenté de l’apitoyer et de le raisonner :
Je....je vous en... prie....
Peut convaincu par mon supplice, j'ai senti ses mains venir frôler mes seins au travers du fin tissu, mon buste battait la chamade et mon trouble ne pouvait être ignoré, mes jambes flageolaient sous un évident plaisir montant.
Je me savais perdue et désormais soumise à ce véritable don Juan, en parfais connaisseur il a rapidement décelé en moi la femme fragile en manque d'amour et de tendresse, une proie si facile pour ce type de chasseur.
Ses mains soupesaient déjà mes attributs alors qu'il me déposait de doux baisés au creux de mes épaules dénudées, ses lèvres humides remontaient lentement sur mon coup en direction de ma bouche, j'étais immobilisé par le désir, ne cherchant plus à m'enfuir, espérant presque que tout s’accélère.
Complètement affamée de plaisir, mon corps était en transe, il vibrait déjà sous de simples et encore naïves caresses, cet homme me possédait corps et âme sans même le savoir, lui qui pensait juste à me séduire pour agrémenter son tableau de chasse.
C'est à cet instant précis que du bruit en provenance du salon la stopper dans son élan, il s'est rapidement reculé et s'est mis à couper le pain sur la table comme si de rien n'était.
Moi je suis resté pétrifiée devant mes fourneaux, le corps en manque mais néanmoins soulagée par l'arrivé de mon homme, encore toute rouge, tremblante et consciente d'avoir échappé au pire, lorsqu’il nous a demandé :
Et bien alors les deux cuistots, vous en êtes où....
C'est presque prêt.... Mon chéri, emmène ton ami à table... je vous rejoins.
D'un coup, je me suis sentie libéré d'un poids, je n'aurais sûrement pas pu m'en sortir seule et j'avais de toute évidence laissé les choses allés trop loin, j'ai ressenti un grand sentiment de culpabilité qui m'a complètement retourné l'esprit.
La tête encore très embrouillée, je n'en étais pas moins consciente des sensations dévastatrices que cet homme venait de réveiller en moi, résultat de son comportement osé mais surtout par mon manque cruel de tendresse et soyons honnête, par le manque évident de sexe.
LA FIN DE SOIRÉE