Depuis que le monde avait laissé place à la mort, vivre était devenu un véritable challenge, dès lors on ne vivait plus, on survivait, et c'était une chose que la jeune fille avait très vite apprit, elle qui se considérait comme une survivante miraculée, mais le prix de sa survie l'avait contrait à vivre dans la solitude ayant tout perdu et par méfiance et refus de faire confiance à d'autres survivants.
Cela faisait deux jours qu'elle marchait à la recherche d'un abri temporaire sans eau, nourriture ou sommeil. La fatigue et la faim se faisait sentir, sa vue se troublait de plus en plus, elle avait besoin de se reposer et trouver de quoi manger avant que son corps ne lâche et que des rôdeurs décident de faire d'elle leur casse-croûte.
Elle approchait d'une station-service qui ne semblait montrer aucun signe de vie, mort comme vivant, fort heureusement pour elle, car elle n'avait pas la force de se battre contre un potentiel opposant. En pénétrant dans le bâtiment, elle constata qu'évidemment le magasin avait été pillé mais se mit tout de même en quête de ressources. Elle balaya le rayon de sa lampe torche sur les rayons poussiéreux, par chance, elle avait réussit à dégoter une bouteille d'eau oubliée, ainsi qu'une boîte de conserve contenant des haricots. Elle ramassa une barre de céréales écrasée et la fourra dans mon sac à dos usée, à ce moment-là, la porte d'entrée fut poussée et immédiatement elle se précipita derrière un rayon, hors de portée de vue des nouveaux arrivants, qui semblaient être humain à en juger par leur conversation à voix basse.
-On fait vite. Carl ne t'éloignes pas trop. Dit une voix d'homme.
C'était un petit groupe, mais elle n'arrivait pas à clairement distinguer leurs visage dans la pénombre des lieux. L'une des personnes se dirigea vers sa position, rapidement, elle contourna cette personne, se glissant dans son dos, elle ne pouvait pas prendre de risque, qu'il soit dangereux ou pas...
Sans prévenir, l'inconnu se retourna vers elle ayant sentit sa présence, c'était un garçon d'à peu près son âge, il portait un chapeau semblable à celui d'un cow-boy, un signe qui se démarquait. Alors qu'il ouvrait la bouche, elle lui sauta dessus et plaqua sa main sur sa bouche afin de l'empêcher d'alerter les autres ou simplement de parler.
-Ne dis rien. Le menaça t-elle en sortant mon couteau qu'elle pressa contre son cou.
Il prit une grande inspiration et leva les mains en signe de paix. Brusquement il parvint à inverser leurs positions, ce qui provoqua chez la jeune fille de se débattre comme une furie sans arriver pourtant à se dégager de son emprise
-Ne bouges pas. Dit la voix qu'elle avait entendu quand le groupe était arrivé.
La pointe d'un canon se posa sur son front, ce qui la calma tout de suite, elle cessa alors de lutter et se contenta seulement de les fusiller du regard.
-Ok... Ok...
-Carl tout va bien? Demanda un jeune homme aux traits asiatiques qui venait d'arriver.
-Ouais je vais bien.
Le dénommé Carl se leva et lui tendit une main, d'abord hésitante, elle finit par la saisir se disant qu'elle n'était pas mieux au sol.Et puis si jamais elle comptait leur échapper, elle aurait plus de chance de réussite en étant debout qu'étalée par terre...
-Je m'appelle Rick, voici mon fils Carl et lui c'est Glenn. Désolé pour le flingue.
-C'est rien, je comprends...
-Comment est-ce que tu t'appelles? Lui demanda Carl.
Elle remarqua alors qu'il tenait toujours sa main dans la sienne, et comme si elle venait de se faire mordre par un serpent, elle la dégagea sèchement et détourna le regard de sa personne.
-Emma.
-Tu es seule Emma? Lui demanda Rick.
A cette question, elle baissa le regard et serra les dents, des souvenirs douloureux lui revenant à l'esprit.
-Ouais...
Il posa une main réconfortante sur son épaule, le regard adoucit, après tout il était en face d'une jeune fille pas plus vieille que son fils...
-Si tu veux, tu peux venir avec nous. On a une communauté qui se forme et nous sommes sur de bonnes bases, tu seras en sécurité là-bas.
Sa ton doux, rassurant et protecteur à la fois pénétra doucement ses défenses, soudainement elle se sentait terriblement fatiguée de tout, surtout de cette vie de nomade. Les yeux de l'homme exprimaient une telle sincérité et le ton paternel était tant chaleureux qu'elle laissa ses défenses tomber. Tant pis si c'était un piège, tant pis si elle mourrait, elle en avait juste marre...
-Je... Pourquoi pas? Dit-elle d'une petite voix.
-Bon j'ai quelques questions à te poser.
Elle hocha de la tête en signe d'acquiescement
-Combien de rôdeurs as-tu tué?
-Aucune idée. Je n'ai jamais compté.
-Combien d'humains?
-Quoi?! Aucun! Je préfère éviter les contacts avec les autres survivants d'habitude...
-Bon d'accord. Tout ira bien maintenant Emma, tu vas même pouvoir dormir dans un vrai lit.
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Cela faisait plusieurs mois qu'Emma se trouvait à la prison. Elle s'était familiarisée avec les lieux et les habitants, bien malgré elle d'ailleurs. Elle était particulièrement proche de Beth, Carl et Carol qui était comme une mère pour la jeune fille. Elle avait été également surprise de la présence de Judith, un adorable bébé, une véritable source d'espoir...
Au moment présent, elle était en train de tuer quelques rôdeurs au grillage avec Maggie, quand elle sentit une paire d'yeux fixé sur sa personne. Elle se retourna vivement et aperçut Carl qui la fixait intensément, et cela la mettait quelque peu mal à l'aise. Depuis quelques temps elle l'avait surprit à de nombreuses reprises en train de la fixer et à chaque fois, son cœur se mettait à battre à la chamade. Elle n'aimait vraiment pas cette sensation.
Sasha vint prendre la relève. La cour était animée aujourd'hui, et comme elle préférait le calme, elle se réfugia dans la bibliothèque. Elle parcouru les rayons et choisit Alice aux pays des merveilles de Lewis Caroll. L'adolescente s'était toujours sentie proche d'Alice et de plus elle comprenait parfaitement la folie de son monde par rapport au mien, à la seule différence que maintenant elle trouvait le monde d'Alice bien plus accueillant que le sien malgré la Reine de Cœur prête à couper les têtes de tout le monde...
Livre en main elle se dirigea dans la cellule qui lui servait de chambre. Assisse sur son lit, elle dévorait le livre qu'elle connaissait par cœur.
-Alors il est bien ton livre?
Elle leva les yeux pour tomber sur Carl, appuyé contre l'encadrement de la porte, les bras croisés sur sa poitrine, un sourire en coin sur les lèvres. Sans un mot, elle lui montra simplement la couverture du livre, ignorant alors sa question.
-Alice aux pays des merveilles... Je ne l'ai jamais lu...
-Quoi?! Mais c'est un classique!! Quel blasphème!
Il se mit à rire face à l'outrage de la jeune fille, il était rare qu'elle manifeste de telles émotions. Son rire était parfait tout comme les moindres traits de son visage, se retrouva t-elle à penser.
-Bon Alice le chapelier va t'emmener loin de ton monde monotone et terne. Dit-il d'un ton amusé, révélant qu'il en savait plus sur l'histoire qu'il n'affirmait.
Avant même qu'elle ne puisse comprendre ce que ces paroles signifiaient, elle fut soulevée comme une mariée et sa tête cogna contre la poitrine de Carl.
-Carl, qu'est-ce que tu fais?
-Je te sauves?
D'un portée délicat, elle se retrouva tel un sac à patates jeté sur son épaule et se mit à courir à l'extérieur. Une fois dans les « champs », il la reposa doucement, et à tout cela elle ne put retenir un éclat de rire.
-C'est la première fois que je t'entends rire... Tu devrais rire plus souvent c'est un son magnifique à entendre.
Son visage s'empourpra, c'était plus fort qu'elle, elle avait toujours été sensible aux compliments.
-C'est... euh.. Merci...
-Je peux faire quelque chose?
-Euh ouais...
Il l'attira à lui par la taille et posa ses lèvre sur les siennes, elle prolongea alors le b****r en passant ses mains autour de son cou. Elle se rendit compte qu'elle se sentait presque euphorique aux côtés du brun.
-Alors c'était comment?
-Hum... Pas mal, pas mal.
-Bon évitons de tomber dans les déclarations clichées... Tu me plais, alors si tu veux bien on peut se faire une histoire d'amour que l'on voit, enfin voyait, dans les films d'ados d'avant.
-Je suis d'accord Carl! Rigola-t-elle doucement
Il lui sourit de plus belle et scella de nouveau leurs lèvres.