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Emma

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Dans cette adaptation moderne de Madame Bovary, Emma, une jeune femme romantique, épouse Charles, un médecin de campagne dévoué mais ordinaire. Rêvant de passion et de grandeur, elle s’ennuie dans son mariage et aspire à une vie digne de ses romans préférés. Lorsqu’elle rencontre Léon, un notaire sensible, puis Rodolphe, un séducteur charismatique, Emma succombe à des liaisons clandestines, espérant combler son vide intérieur. Ses amours, intenses mais éphémères, s’accompagnent de dépenses inconsidérées, creusant des dettes insurmontables. Délaissée par ses amants et acculée par les créanciers, Emma sombre dans le désespoir.

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01
Le clocher de l’église Saint-Étienne sonnait neuf heures, et les notes graves résonnaient dans la petite ville de Tôtes, nichée au cœur de la Normandie. Sous un ciel d’un gris pâle, où perçaient çà et là des rayons timides, Emma Rouault, âgée de vingt-deux ans, ajustait son voile dans l’antichambre de l’église. La glace ternie devant elle renvoyait l’image d’une jeune femme à la beauté délicate : des yeux noisette pétillants d’espoir, une bouche fine aux lèvres légèrement pincées, et des cheveux châtains relevés en un chignon orné d’un ruban blanc. Sa robe, cousue par sa tante dans un tissu de mousseline simple, tombait en plis sages, sans la moindre dentelle ni broderie. Emma lissa une dernière fois le tissu, le cœur battant d’une excitation mêlée d’appréhension. Aujourd’hui, elle devenait Madame Bovary, épouse de Charles, médecin de campagne. Aujourd’hui, pensait-elle, sa vie commençait vraiment. Dans ses rêveries d’adolescente, nourries par les romans d’amour qu’elle lisait en cachette sous les combles de la ferme paternelle, Emma avait imaginé un mariage grandiose : une cathédrale ornée de roses, une foule élégante, un époux au regard brûlant la menant vers un avenir de passion. Mais l’église Saint-Étienne, avec ses bancs de bois usés et ses vitraux poussiéreux, n’avait rien d’une cathédrale. Les roses, remplacées par des marguerites cueillies dans un champ voisin, exhalaient un parfum fade. Et Charles, bien qu’il l’aimât sincèrement, n’avait rien d’un héros romanesque. Pourtant, lorsqu’il apparut à l’entrée de l’antichambre, vêtu d’un habit noir un peu trop grand, son sourire timide et ses joues rosies par l’émotion firent naître en Emma un élan de tendresse. Il tendit la main, ses doigts chauds enveloppant les siens, et murmura : « Tu es magnifique. » Elle sourit, mais son regard s’égara vers les vitraux, où un ange de verre semblait la fixer avec une promesse qu’elle ne pouvait déchiffrer. La cérémonie fut brève, presque austère. Le curé, un homme âgé aux lunettes glissant sur le nez, débita les formules sacrées d’une voix monocorde. Une poignée d’invités – des cousins de Charles, quelques paysans amis de la famille Rouault, et deux ou trois notables de Tôtes – occupaient les premiers rangs. Le père d’Emma, un fermier jovial au visage buriné, essuyait une larme discrète, tandis que sa tante, assise à ses côtés, hochait la tête avec satisfaction. Emma écoutait à peine les paroles du curé. Son esprit vagabondait, s’échappant vers les pages de ses romans, où les héroïnes échangeaient des vœux dans des jardins baignés de lumière, sous des arches de jasmin. Lorsque Charles glissa l’anneau d’or à son doigt, elle tressaillit, ramenée à la réalité par le métal froid contre sa peau. Elle leva les yeux vers lui. Il la regardait avec une adoration simple, presque enfantine. Elle força un sourire, mais une pensée fugitive la traversa : Est-ce vraiment tout ? À la sortie de l’église, les invités les accueillirent avec des vivats et une pluie de pétales de marguerites. Emma rit, saisie par l’élan de la foule, et serra le bras de Charles. Une carriole décorée de rubans les attendait pour les conduire à la salle communale, où la réception devait avoir lieu. Le trajet, cahoteux sur les pavés humides, permit à Emma d’observer la ville : les maisons aux volets clos, la boulangerie exhalant une odeur de pain chaud, les passants qui s’arrêtaient pour saluer le cortège. Tôtes était un lieu sans éclat, un assemblage de rues tranquilles où la vie semblait suivre un rythme immuable. Emma se demanda si elle pourrait s’y épanouir, elle qui rêvait de bals, de voyages, d’amours dévorantes. Elle chassa cette pensée, se reprochant son ingratitude. Charles était bon, après tout. Il l’aimait. Cela devait suffire. La salle communale, un bâtiment bas aux murs chaulés, avait été décorée avec soin par les femmes du village. Des guirlandes de lierre pendaient aux poutres, et des nappes blanches couvraient les tables, bien que certaines fussent tachées par des repas passés. Au centre de la salle, un buffet proposait des plats rustiques : tourtes au poulet, jambon fumé, fromages locaux, et une pyramide de choux à la crème en guise de pièce montée. Un trio de musiciens – un violoniste, un accordéoniste et un tambourinaire – jouait des airs populaires, leurs notes joyeuses emplissant l’espace. Les invités, une trentaine au total, s’installèrent avec des éclats de rire, leurs voix couvrant presque la musique. Emma, assise à la table d’honneur aux côtés de Charles, observait la scène avec un mélange de curiosité et de détachement. Tout était chaleureux, sincère, mais si loin de l’élégance qu’elle avait imaginée. Le père d’Emma, rougeaud après deux verres de cidre, se leva pour porter un toast. « À ma fille, la plus belle des mariées, et à Charles, un brave gars qui la rendra heureuse ! » clama-t-il, levant son verre. Les invités applaudirent, et Charles, ému, serra la main d’Emma sous la table. Elle répondit par un sourire, mais son regard glissa vers une fenêtre ouverte, où le vent agitait les branches d’un pommier. Elle pensa à une scène lue récemment, où une héroïne, le jour de ses noces, recetait une déclaration d’amour si ardente qu’elle en pleurait de joie. Charles, lui, se contentait de lui tapoter la main, son visage rayonnant d’une satisfaction paisible. Emma se força à chasser cette comparaison. Je suis injuste, se dit-elle. Il m’aime. C’est un bon début. La réception s’anima avec les danses. Les musiciens entamèrent une bourrée, et les couples se formèrent sur la piste improvisée, leurs pas lourds faisant vibrer le plancher. Charles, hésitant, invita Emma à danser. Elle accepta, espérant retrouver un peu de la magie qu’elle associait à ce moment. Mais Charles, maladroit, trébucha à plusieurs reprises, riant de sa propre gaucherie. « Je ne suis pas un grand danseur, hein ? » plaisanta-t-il. Emma rit avec lui, mais une pointe d’agacement la traversa. Dans ses romans, les hommes guidaient leurs partenaires avec assurance, leurs regards pleins de feu. Charles, lui, semblait plus soucieux de ne pas lui écraser les pieds. Lorsqu’un cousin de Charles, un homme jovial aux moustaches broussailleuses, l’invita pour une valse, Emma accepta avec empressement. Il dansait mieux, et pendant quelques instants, elle se sentit légère, presque transportée. Mais la musique s’arrêta trop vite, et elle retourna s’asseoir, le souffle court, un vague malaise au creux de l’estomac. Le repas se prolongea jusqu’au soir. Les plats défilaient, les verres se vidaient, et les conversations devenaient plus bruyantes. Les invités racontaient des anecdotes de village, des histoires de moissons ou de mariages passés. Emma écoutait distraitement, hochant la tête par politesse. Une vieille femme, voisine de Charles, lui prit la main et lui dit avec un sourire édenté : « Tu verras, ma petite, la vie avec un médecin, c’est stable. Pas de soucis d’argent, pas de chichis. » Emma acquiesça, mais les mots « pas de chichis » résonnèrent comme une sentence. Était-ce cela, son avenir ? Une vie sans chichis, sans éclat, sans passion ? Elle repoussa cette pensée, se reprochant son ingratitude. Charles, à ses côtés, discutait avec un fermier des remèdes contre la toux. Elle l’observa un instant : ses cheveux châtains un peu en désordre, ses yeux doux, son air absorbé. Il était gentil, oui. Mais était-ce assez ? À la tombée de la nuit, les invités commencèrent à partir, leurs rires s’évanouissant dans l’obscurité. Emma et Charles, épuisés, montèrent dans la carriole pour rejoindre la maison du médecin, où ils vivraient désormais. Le trajet fut silencieux, ponctué seulement par le claquement des sabots du cheval. Charles, tenant les rênes, jeta un coup d’œil à Emma. « C’était une belle journée, non ? » demanda-t-il, sa voix pleine d’espoir. « Oui, très belle », répondit-elle, forçant un sourire. Mais son cœur était ailleurs, perdu dans un monde de lumière et de passion qu’elle n’avait pas trouvé aujourd’hui. Lorsqu’ils arrivèrent à la maison, une bâtisse carrée aux volets verts, Charles porta Emma pour franchir le seuil, riant de son propre effort. Elle rit aussi, touchée par sa maladresse. Dans la chambre, une lampe à huile diffusait une lueur chaude. Charles, après un moment d’hésitation, l’embrassa doucement. Emma ferma les yeux, cherchant à ressentir l’élan qu’elle avait lu dans ses romans, cet embrasement du cœur. Mais le b****r, tendre et sincère, ne fit naître qu’une tiédeur agréable. Lorsqu’il s’endormit à ses côtés, son souffle régulier emplissant la pièce, Emma resta éveillée, les yeux fixés au plafond. La journée avait été belle, oui, mais pas comme elle l’avait rêvé. Une vague d’inquiétude monta en elle, aussi fugitive qu’un nuage passant devant la lune. Et si sa vie ne ressemblait jamais à ses rêves ? Elle repoussa cette pensée, se blottissant contre Charles. Mais dans l’obscurité, l’ange du vitrail semblait toujours la fixer, murmurant une promesse qu’elle ne pouvait encore saisir.

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