Le faux malade

1590 Words
*****Hafsa DIAKITÉ J'ai passé une bonne vingtaine de minutes à répondre à quelques commentaires sur ma vidéo. Et pourtant je n'ai même pas encore répondu à ma moitié. Mais je crois que ça ira pour le moment. L'objectif n'est pas d'avoir un million sur le coup mais de gagner au moins le minimum d'argent pour montrer à monsieur arrogant que je ne suis pas inutile comme il pense. Être villageoise ne signifie pas qu'on est bête. Après avoir répondu aux commentaires, je suis allée faire ma toilette puis me suis douchée. Je me suis ensuite habillée et bien sûr que j'ai mis un des vêtements que tante m'a offert. C'est tellement jolie sur moi. Je ne cesse de me contempler dans le miroir. Je suis désormais branchée comme les filles de la ville. C'est génial. Je prends mon matériel de travail puis je suis allée m'installer sur la terrasse du jardin comme tante m'a dit. Une des personnes qui ont commenté ma vidéo m'avait dit qu'elle sera là aux environs de 12h. Alors je l'attends. Je viens de me rappeler que je n'ai pas pris le petit déjeuner. Je me lève puis regagne l'intérieur précisément la salle à manger. Tante n'est pas là et encore moins l'autre arrogant. En parlant de lui, j'espère qu'il prépare déjà ses excuses parce que je ne vais pas le louper. *****Ibrahim MOCTAR Hors de question ! Il est hors de question que je demande pardon à cette villageoise et de surcroît à genoux. Je me demande ce qui m'a pris d'ajouter ça. Ce défi est stupide et je n'aurais jamais dû m'emporter comme je l'ai fait. À présent, je risque mon honneur. Qu'est ce que je peux bien faire pour éviter tout cela. D'un côté je suis un homme de parole mais d'un autre, je ne peux quand même pas faire ça. Non! C'est de la folie. Je ne peux pas. Il faut que je trouve un moyen pour échapper à ça. Je soupire ne sachant pas quoi faire. *****Hafsa DIAKITÉ J'ai fini de déjeuner. Je débarrasse la table puis fais la vaisselle. Je ressors de la cuisine ensuite et tombe sur tante. Tante : Waouh Hafsa! S'exclame t-elle après m'avoir vu. Tu es magnifique dans tes nouveaux vêtements. Moi : Merci tante. Tout ça c'est grâce à toi. Tante : Je crois que tu devrais aller travailler maintenant. Moi : La cliente avec laquelle j'ai rendez-vous n'est pas encore là. Tante : Si ! Je viens à l'instant de lui ouvrir le portail. Moi : Vraiment ? Dis-je toute contente. Tante : Oui ma chérie. Moi : D'accord tante. J'y vais. Souhaite-moi bonne chance. Tante : Tu n'en as pas besoin Hafsa parce que tu es la meilleure. Moi : (touchée) Ohhh merci tante. On se fait un câlin. Tante : Allez vas-y. Moi : À plus. Je lui ai faussé compagnie puis j'ai regagné l'extérieur. Il y avait effectivement une magnifique dame qui m'attendait dans le jardin. Je l'ai salué. Moi : Bonsoir ! Vous êtes là pour les tresses ? Elle : Oui j'ai réservé. C'est avec moi que vous avez rendez-vous. Je veux les mêmes que celles dans la vidéo. Moi : D'accord. Elle : Je veux faire des rajouts de mèches pour que ce soit longs. J'espère que ça ne pose pas problème. Moi : Non. Non. Elle : D'accord. Moi : Bien. Voyons voir. J'ai commencé à toucher ses cheveux pour vérifier leur teneur. Et c'est pas mal. Très vite, je me mets au travail. Le résultat final a été waouh. Mashallah moi même je suis éblouie. Moi même je suis fan. Et la cliente aussi est d'abord belle. Avec la coiffure, la beauté déborde. Avec son autorisation, je lui ai fait une photo et une vidéo. Elle m'a ensuite payé. Je suis très contente. Monsieur arrogant apprête toi car je ne vais pas te faire de cadeaux. Tu vas me faire tes excuses à genoux. *****Le soir Trente mille francs. C'est la somme de tout ce que j'ai gagné rien qu'avec de simples tresses. J'ai eu beaucoup de clientes. D'autres ont fait des tresses avec leurs cheveux. D'autres ont fait des rajouts de mèches. Et dans les deux cas, j'ai assuré. J'ai plein de rendez vous pour demain aussi. Et même après demain, ma journée risque d'être chargée. Mais une chose est sûre je vais clouer le bec de monsieur arrogant ce soir. Il aura honte. Je n'attends que ça. Je regarde l'heure qu'il fait. Normalement il doit déjà être rentré. Je suis sûre qu'il fait tout pour trainer au travail. Mais s'il croit que ça va marcher, il se trompe. Je compte même veiller pour l'attendre. Tante et moi, on est au salon entrain de l'attendre. On est en pyjama. Je peux voir tante somnoler. Ce qui est compréhensible. Vu l'heure qu'il fait. Il est presque 23h. Mais pourquoi il n'est pas encore là ? Tante : Hafsa allons dîner ! Et allons nous coucher. Tu as trop travaillé aujourd'hui. Tu dois te reposer. Moi : Non tante! Attendons encore un peu. Il ne doit plus tarder. Elle soupire. Tante : D'accord. Dit-elle en bâillant. Je regarde encore une fois l'heure sur mon téléphone. J'entends la porte d'entrée s'ouvrir au même moment. C'est lui. Moi : Tante il est là ! Fis-je en me levant. Tante : Hum? Hum? Sursaute t-elle de son sommeil. Qu'est ce qui se passe ? Moi : Il est rentré. Tante : Ah bon. D'accord. Allons ! On s'est dirigé vers l'entrée. Et effectivement c'est lui. Je peux le voir qui se tient le ventre en se tordant. Il éprouve du mal à marcher. Mais qu'est ce qu'il a ? Tante : Ibrahim ? Qu'est ce qui t'arrive Ibrahim ? Accourt-elle vers lui. Mon chéri. Parle-moi. Tu as quoi? Ibrahim : (voix bizarre) J'ai mal maman. J'ai atrocement mal au ventre. Aïe. Aïe. Dit-il en agonisant. Tante : Viens là ! Elle l'aide à marcher et ils sont partis dans le salon. Tante : (très affolée) Je vais appeler le docteur. Ibrahim : Non maman. Ce n'est pas nécessaire. Je pense que c'est juste une indigestion. Ça va passer. Tante : Tu es sûr? Ibrahim : Oui maman. Tante : Ok. Je vais te préparer une tisane pour t'aider à aller mieux ok? Ibrahim : Ok maman. Merci. Tante : Je viens. Tante est partie. Moi : Tu veux que je t'aide tante ? Dis-je en la rejoignant dans la cuisine. Tante : Non Hafsa. Ne te dérange pas. Va le voir dans le salon pour voir s'il a besoin de quelque chose. Moi : Ok. Je suis donc partie au salon. Je pouvais le voir manipuler son téléphone et il semblait aller bien mais dès qu'il m'a vu il a commencé à se tordre de douleur. C'est moi ou j'ai l'impression qu'il fait semblant. Qu'il fait le faux malade. En plus c'est bizarre. Il est malade juste au moment où il doit me présenter ses excuses. Ça sent le coup tordu. Il joue la comédie juste pour ne pas présenter ses excuses. Je le sais. Je le sens. Je n'arrive pas à croire qu'il puisse faire cela. Il faut que j'en parle à tante. Tante est de retour après quelques minutes avec la tisane. Elle l'aide à se redresser et il boit. Tante : Ça va aller ? Ibrahim : Oui maman. Tante : Désolée mon chéri. Ibrahim : Ne t'en fais pas maman. Il faut que j'aille dans ma chambre maintenant. Je dois me reposer. Tante : D'accord. Je t'aide. Tante l'a aidé à se relever puis le soutiens. Ils ont gravi les escaliers et j'étais derrière eux. Tante l'a amené dans sa chambre. Au moment où elle refermait sa porte, je suis allée à sa rencontre. Moi : Comment il va? Tante : Il dit que ça va mieux. J'espère qu'il ira mieux demain. Ahhh! Moi : Et s'il faisait semblant tante. Tante : Comment ça ? Moi : Vous ne trouvez pas ça bizarre vous ? Juste au moment où il doit me présenter des excuses, il tombe malade. Tante : Hafsa, Ibrahim n'est pas de ce genre de personne. Il tient toujours parole. Et là c'est vraiment sérieux alors si tu ne peux pas l'aider à aller mieux, je préfère que tu te taises au lieu de raconter des absurdités. Moi : Mais tante je l'ai vu lorsque... Tante : Assez Hafsa. Tu crois que tout c'est de l'amusement ? Tu penses que mon fils me mettra volontairement dans cet état ? Tu exagères à la fin. Moi : Je suis désolée ma tante. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tante : Je crois qu'on est tous fatigué et on a besoin de repos. Bonne nuit. Elle est partie. Je sais qu'elle est en colère contre moi. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Elle m'a mal comprise. Peut être qu'elle a raison. Peut être que j'exagère au bout du compte. Je suis allée me coucher un peu triste. *****Ibrahim MOCTAR Ouf! Je l'ai échappé belle. Je l'ai vraiment échappé belle. J'ai des cauchemars rien qu'à l'idée de m'imaginer m'agenouiller devant cette villageoise. Heureusement que j'ai trouvé ce plan à temps. Sinon ça serait la catastrophe. J'ai fait semblant d'être souffrant pour échapper à cette humiliation. Et ça a plus que marché. Même si je m'en veux du fait d'avoir causé des soucis à mère pour rien. Je soupire de soulagement. C'était moins un. Merci Allah de m'avoir sauvé de la honte.
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