*****Hafsa DIAKITÉ
Tante m'a apporté le petit déjeuner dans la chambre. J'ai mangé sur le lit et pris des médicaments. Je peux dire que ça va beaucoup mieux maintenant. Tante m'a demandé d'annuler tous les rendez-vous que j'ai aujourd'hui avec les clientes parce que d'après elle, je dois me reposer. Et c'est ce que j'ai fait.
Actuellement, je suis dans la salle à manger. Je tiens compagnie à tante qui prend son petit déjeuner. Je regarde des vidéos drôles sur mon téléphone. Je ris aux éclats. Oh mon Dieu je suis morte de rire. C'est vraiment drôle.
Tante : Hafsa, je pense que tu devrais apprendre à nager.
Je continue toujours de rire aux éclats, les yeux rivés sur mon téléphone.
Tante : Hafsa tu m'entends ?
Moi : (revenant à la réalité) Oui? Oui tante je t'écoute. Tu disais ?
Tante : Je disais qu'il est temps que tu apprennes à nager. Tu as eu la chance hier mais tu n'auras pas tous les jours cette chance tu sais ? On ne sait jamais ce qui peut arriver. Tu dois apprendre à nager. C'est indispensable.
Moi : Oh non tante. Je ne veux pas s'il te plaît. J'ai une peur bleue de l'eau.
Tante : Tu dois surmonter cette peur. Ibrahim ne sera pas toujours là pour te sauver tu sais ?
Moi : Je sais tante mais...
Elle pose sa main sur la mienne. Elle me rassure.
Tante : Je sais que c'est difficile pour toi mais tu dois faire un effort. C'est pour ton propre bien Hafsa.
Moi : Je sais tante. C'est d'accord. Je veux bien essayer.
Tante : Merci.
Moi : Et qui va m'apprendre ? Toi?
Tante : Si tu veux que ce soit moi, c'est d'accord. Mais je peux aussi très bien faire venir un maître nageur pour t'enseigner tu sais ?
Moi : Un maître nageur ? Tu veux dire un professeur pour m'apprendre à nager?
Tante : Oui tout à fait.
Moi : Mais moi je ne veux pas d'un professeur moi. Est-ce que monsieur Ibrahim acceptera de m'apprendre ?
Tante : Qui? Ibrahim ? Tu veux que Ibrahim t'apprenne à nager?
Moi : Oui j'ai dit quelque chose de mal tante?
Tante : Non Hafsa. Mais Ibrahim ne va jamais accepter tel que je le connais. Tu sais très bien qu'entre vous ce n'est pas le grand amour. Ça ira plus vite avec un professionnel.
Moi : (un peu triste) D'accord. Si tu le dis tante.
Tante : Mais dis-moi, pourquoi tu as proposé Ibrahim ?
Moi : Il m'a sauvé la vie alors je me dis qu'il doit être un très bon nageur. Et je sais qu'avec lui je serai en sécurité. Parce qu'il n'hésitera pas à me sauver si jamais quelque chose arrivait.
Tante : Tu as raison. Mais un professeur s'y connait aussi et même plus que mon fils tu sais ? Ibrahim t'a réanimé en appliquant les gestes de secourisme dans ces genres de situation. Et un maître nageur connait et maîtrise parfaitement ces gestes. Alors tu n'as pas à t'en faire.
Moi : Ah bon? Et c'est quoi ces gestes dont tu parles tante?
Tante : Par exemple le massage de la poitrine ou encore le bouche à bouche.
Moi : C'est quoi bouche à bouche ? Ça consiste à faire quoi?
Tante : Ça consiste à réanimer la victime en soufflant dans sa bouche. Pour le faire, il faut coller ses lèvres à celles de la victime. D'où le nom bouche à bouche.
Moi : Vous voulez dire que monsieur Ibrahim m'a fait ça ?
Tante : Sûrement ! Comme je te l'ai dit. C'est un geste de secours. Et même l'un des principals. Donc, il l'a sûrement employé sur toi.
Je me touche les lèvres en écoutant tante parler. Donc monsieur Ibrahim a probablement collé ses lèvres aux miennes ? Il m'a donc embrassé ? Et je ne me souviens de rien. Oh mon Dieu !
Tante : Tu es sûre que ça va ?
Moi : Oui tante. Ça va. Ne t'inquiète pas.
Je m'efforce de lui sourire. Il m'a embrassé ! Il m'a embrassé ! Pourquoi ça me fait autant plaisir ? J'aimerais tellement me souvenir de ce moment.
*****Soraya KANTE
Je n'ai pas pû m'empêcher d'écouter la conversation de la mère d'Ibrahim et de l'autre folle qui vit chez lui. Donc comme ça, Ibrahim lui a sauvé la vie et il lui a sûrement aussi fait du bouche à bouche.
Vous voulez donc dire que mon homme a collé ses lèvres contre celles de cette imbécile ? De cette villageoise ? Oh mon Dieu, je n'arrive pas à le croire. Je n'arrive pas à le croire. J'ai mal. J'ai très mal.
J'étais dans tous mes états lorsque cet imbécile de chien s'est mis à aboyer après moi. La mère d'Ibrahim a remarqué ma présence. Je fais l'effort de paraître normale puis je suis allée la saluer.
Moi : Bonjour maman ! Fis-je toute souriante.
Zineb : Bonjour Soraya ça va ?
Moi : Oui très bien maman. Dis-je, toujours un large sourire aux lèvres.
Zineb : Alors qu'est ce qui t'amène ?
Moi : C'est Ibrahim qui m'a envoyé récupérer son ordinateur portable.
Zineb : Oh je vois. J'espère que tu n'es pas pressée..je vais aller te le chercher une fois que j'aurai fini de déjeuner.
Moi : Non maman. Il n'y a pas de problème. Je ne suis pas pressée. Prenez tout votre temps.
Zineb : Bien. Asseois-toi. Me propose t-elle gentiment.
Moi : Merci maman. Dis-je en prenant royalement place.
Je balaie du regard la villageoise qui me regarde comme si elle n'avait jamais vu une belle et ravissante femme comme moi. De toute façon, je la comprends. Les villageoises de son genre n'ont pas le charisme des citadines comme moi.
Elle : C'est tante seule que tu as vu ici ou bien ? Dit-elle en me toisant.
Moi : Pardon ? C'est à moi que tu parles ? Dis-je sous un ton très hautain.
Elle : Tu viens, tu vois deux personnes. Tu salues une personne et tu ignores l'autre. C'est comme ça qu'on t'a éduqué ?
Zineb : Hafsa s'il te plaît...
Elle : Non tante. Laisse-moi lui dire le fond de ma pensée. La dernière fois, elle a menti sur mon compte disant que moi je l'ai frappé or je l'avais à peine touché. Tout ce que j'ai fait était de la mettre en garde parce qu'elle m'avait insulté.
Moi : Euh maman, qu'est ce qu'elle raconte ?
Elle : Regarde-moi ici au lieu de regarder tante. Regarde moi si tu es une femme. Je n'hésiterai pas à te refaire le portrait crois-moi. Espèce de sale menteuse.
Moi : Pour qui te prends-tu au juste ? Dis-je à bout.
Elle : Je me prend pour qui je suis.
Moi : Et justement tu es qui? Dis-je en ricanant sous un ton moqueur. Tu n'es rien ma pauvre et la dernière fois, je n'ai fait que dire la vérité. Tu t'es comportée en l'animal sauvage que tu es.
Elle : Je vais t'en donner moi des comportements pour animaux.
Je ne sais même pas comment elle a fait mais elle s'est retrouvée sur moi, et moi j'étais au sol. Elle me donne une gifle. Je me cache le visage avec mes mains.
Je hurlais. Heureusement que la mère de Ibrahim est venue la relever du dessus de moi. Malgré cela, elle cherchait toujours un moyen de me sauter dessus. Je me relève précipitamment du sol. Mais elle est malade cette fille. Elle est folle nom de Dieu. Qu'est ce que c'est que ça ?
Elle : Laisse-moi tante! Laisse-moi lui refaire le portrait. Elle croit qu'elle me fait peur. Dit-elle en se débattant des mains de la mère d'Ibrahim mais heureusement qu'elle la retenait fortement.
Je ramasse mon sac qui est au sol.
Moi : Je dois m'en aller. Dis-je toute terrorisée.
Zineb : Mais attend ! Et l'ordinateur ?
Moi : Il viendra le chercher lui même. Cette fille est complètement folle. Je m'en vais d'ici avant qu'elle ne me tue.
Je hâte les pas pour quitter les lieux. Non mais c'est quoi ça ? Elle est folle cette fille. Mais je vais lui créer des problèmes avec Ibrahim moi. Elle peut me croire. Elle ne perd rien pour attendre. Une idiote !
Je fais mon entrée dans ma voiture puis démarre.