Comme convenu, j'ai préparé le chocolat chaud que je lui ai apporté. J'ai l'impression qu'elle a de plus en plus froid. Je prends mon téléphone pour appeler le médecin.
Heureusement qu'il n'a pas mis long avant de venir. Il a réussi à stabiliser sa température. Elle dort présentement.
Moi : Merci beaucoup docteur.
Docteur : Je vous en prie monsieur. Elle va bien à présent. Elle peut attraper un petit rhume mais pour le reste, ça va.
Moi : D'accord docteur. Merci.
Docteur : Ce n'est rien. Je n'ai fait que mon travail. Ne vous en faites pas. Elle ira mieux.
Moi : C'est compris.
Je crois que si le docteur a autant insisté pour me dire de ne pas m'en faire, c'est sûrement parce qu'il a remarqué l'état soucieux dans lequel je me trouve. Je ne comprends pas pourquoi je me fais autant de souci pour elle.
J'ai raccompagné le docteur à la sortie puis je suis revenu dans sa chambre. Je m'avance vers son lit. Mon téléphone sonne au même moment. C'est ma mère. Je l'avais appelé plus tôt mais elle ne décrochait pas.
Je décroche puis vais m'asseoir sur le lit de Hafsa.
Ma mère : J'espère que tout va bien à la maison Ibrahim. J'ai vu tes appels en absence. Il y a un problème ?
Moi : Oui mais c'est déjà réglé maman.
Ma mère : Qu'est ce qui s'est passé ?
Moi : Hafsa a failli mourir noyée.
Ma mère : (criant) Quoiiii! Oh mon Dieu. Comment c'est arrivé ?
Moi : Je t'expliquerai tout une fois que tu seras rentrée maman. Mais ne t'inquiète pas, elle va mieux maintenant. Elle dort.
Ma mère : D'accord. Je rentre tout de suite.
Moi : Ok maman.
Ma mère : Prend soin d'elle. Bye.
Elle a raccroché. Je coupe aussi l'appel de mon côté. Je regarde Hafsa qui dort. Elle est magnifique. J'ajuste la couverture sur elle avant de la délaisser. J'ai regagné ma chambre par la suite. Par contre, j'ai perdu le goût du travail. Ça sera pour une autre fois.
*****Le soir
*****Zineb BARRY
Je suis au chevet de Hafsa. Elle dort toujours. J'ai tellement eu peur quand Ibrahim m'a dit qu'elle a failli mourir noyée. Merci à Allah de n'avoir pas permi cela. Qu'est ce que j'allais dire à sa famille si ce malheur était arrivé ? Qu'est ce que j'allais dire? Hein?
Dieu merci on a évité le pire. Ibrahim m'a tout raconté. Il m'a dit comment il lui avait sauvé la vie grâce à Doggy. Mon fils est un héros. Et son chien est juste incroyable.
Je prends sa main que je caresse affectueusement. Ibrahim fait son entrée.
Ibrahim : Je t'ai apporté à boire maman.
Moi : Merci mon chéri.
Il me remet un verre de jus de fruits. Je commence à boire.
Ibrahim : Elle n'est toujours pas réveillée à ce que je vois.
Moi : Non. Tu es sûr que c'est normal le fait qu'elle dorme ainsi ?
Ibrahim : Oui maman. Le médecin a dit que c'était normal. Ne t'en fais pas.
Moi : D'accord. Par contre, elle commence à transpirer. Il faut peut être allumer la clim à présent. Tu ne penses pas ?
Ibrahim : Non maman. C'est mieux qu'elle transpire.
Moi : D'accord. Je vais lui tamponner le front à l'aide d'un mouchoir. Et toi tu ne devrais pas aller te coucher ? Demain c'est lundi et tu dois travailler.
Ibrahim : Oui je sais maman. Je m'apprêtais justement à aller au lit. Je suis juste passer pour te voir. Toi aussi tu ne devrais pas regagner ta chambre ? Depuis ton retour, tu n'as pas bougé de cette chambre. Tu dois aller te reposer maman. Elle va bien.
Moi : Oui je vais me reposer. Laisse-moi juste rester ici encore un petit peu.
Ibrahim : Promets-moi que tu iras te coucher.
Moi : Promis!
Ibrahim : Ok maman.
Il m'embrasse sur la joue.
Ibrahim : Bonne nuit.
Moi : Bonne nuit mon chéri.
Il est parti. Je pose le verre de jus de fruits sur la table de chevet de Hafsa. Je recommence à lui caresser la main. J'essuie la sueur sur son front à l'aide d'un mouchoir. Je prends soin d'elle.
*****Le lendemain matin
*****Hafsa DIAKITÉ
J'ouvre les yeux. Mes paupières sont tellement lourdes. C'est comme si j'avais dormi toute une éternité. J'ai la bouche pâteuse. Je me redresse puis m'adosse contre le chevet du lit. Je remarque la présence de tante. Elle dort, la tête contre mon lit.
Ne me dîtes pas qu'elle a passé toute la nuit à veiller sur moi quand même. Oh elle est tellement gentille tante. J'évite de faire du bruit pour ne pas la réveiller. Mais c'est sans compter sur mon nez qui s'est mis à me gratter.
J'ai éternué fortement et elle s'est réveillée. Je sens la morve dégouliner de mes narines. Je crois que je suis enrhumée.
Moi : Bonjour tante. Dis-je d'une voix enrhumée. Désolée de t'avoir réveillée.
Tante : (reprenant ses esprits) Oh Hafsa tu es réveillée ! Enfin! Comment te sens-tu?
Moi : Bien tante. Je suis juste un peu enrhumée.
J'éternue une fois de plus.
Tante : Oui ça c'est normal. Tu vas prendre les médicaments et tu iras mieux. Ne t'inquiète pas. Oh Hafsa j'ai tellement eu peur de te perdre. Dit-elle en me prenant dans ses bras.
Moi : Je vais bien tante. Heureusement que monsieur Ibrahim m'a fait sortir de l'eau à temps.
Tante : Vraiment. Bon oublions à présent cet évènement malheureux. Je pense que tu dois avoir faim. Ne bouge pas. Je t'apporte à manger.
Moi : Oh tante. Ne te gêne pas tu sais ? Je peux très bien descendre.
Tante : Non ça ne me gêne pas Hafsa. Reste au chaud. Je vais t'apporter le petit déjeuner.
Moi : D'accord tante. J'irai me brosser en attendant.
Tante : D'accord.
Elle s'en va. Je reste là à repenser au moment où je suis revenue à moi après la noyade. J'étais dans un état de panique et je m'étais blottie contre monsieur Ibrahim.
Et il me câlinait et m'aidait à aller mieux. Il me rassurait et je me sentais tellement en sécurité dans ses robustes bras. Un sourire étire mes lèvres. Qu'est ce qui m'arrive bon sang ? Il t'a juste sauvé la vie Hafsa. S'il a été gentil avec toi c'est simplement parce que tu n'allais pas bien. Rien de plus.
Cependant, rien ne l'obligeait. Il pouvait très bien me laisser dans mon état mais il ne l'a pas fait. Il s'est comporté en gentleman avec moi. Et le moment où il m'a porté mon Dieu. Ce moment où il m'a prise dans ses bras et je pouvais sentir son cœur battre contre ma poitrine.
Ça suffit ! Je dois arrêter d'avoir ces genres de pensées. Qu'est ce qui m'arrive ?
Et lorsqu'il m'a apporté du chocolat chaud qu'il a préparé pour moi. J'ai fondu comme du chocolat. C'était si attentionné de sa part. J'ai vu une autre facette de lui. Et j'adore ce côté de lui. Il est si gentil.
Peut être que tante avant raison finalement quand elle disait qu'il était très gentil au fond. Il est adorable même je dirai.
J'ai un sourire bête sur le visage qui ne veut pas partir. J'essaie de le faire partir mais je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi.
*****Ibrahim MOCTAR
Je boutonne ma chemise et au même moment je repense à tout ce qui s'est passé hier. Je repense au moment où je me suis précipité dans la piscine pour lui sauver la vie.
Au moment où j'ai essayé de la réanimer et surtout au moment où je lui ai fait du bouche à bouche. J'ai collé mes lèvres aux siennes et ce n'est quand même pas rien. Même si c'était pour lui sauver la vie.
Justement c'est ce que je ne comprends pas. C'était juste pour lui sauver la vie alors pourquoi je n'arrête pas d'y penser? Pourquoi ça m'obsède tant?
Je me touche les lèvres. Ibrahim ressaisis-toi quand même. Qu'est ce qui t'arrive ? C'est la villageoise je te rappelle. La villageoise. Et tu ne l'aimes pas.
Je repense aussi au moment où je l'ai porté et elle grelottait contre moi. Elle semblait si fragile et vulnérable. Ça m'a fait un effet.
Mais enfin qu'est ce qui m'arrive au juste ? Je soupire et essaie de ne plus penser à tout ça. Je termine de me préparer. Et ressors de ma chambre. J'ai croisé ma mère dans les escaliers. Elle avait un plateau garni de nourriture en mains.
Moi : Bonjour maman.
On se fait la bise.
Ma mère : Bonjour mon fils. Tu as bien dormi ?
Moi : Oui maman. Au fait, comment va Hafsa?
Elle me regarde bizarrement après ma question.
Moi : Quoi maman ?
Ma mère : Depuis quand tu l'appelles Hafsa. Et non la villageoise ?
Moi : Hafsa ou la villageoise, peu importe. Tu sais de qui je veux parler et c'est l'essentiel.
Ma mère : Bon d'accord. Elle va mieux. Elle s'est réveillée. Elle a juste un petit rhume. Je lui apporte son petit déjeuner.
Moi : Oui pour le rhume, le médecin m'en avait déjà parlé. C'est normal.
Ma mère : C'est ce que je lui ai aussi dit. Tu veux m'accompagner pour la voir ?
Moi : Non. Je suis déjà en retard. À ce soir.
Ma mère : Mais il est à peine 7h30.
Moi : Je suis en retard maman. Bye.
Ma mère : Bon ok. À ce soir mon fils.
Je finis la descente des escaliers puis regagne la salle à manger. Ma mère m'avait déjà préparé mon café. Je le prends et commence à boire. Tout à l'heure j'ai refusé l'offre de ma mère par fierté pourtant au fond de moi, je voulais bien aller la voir dans sa chambre. Pourquoi j'ai autant envie de voir cette fille ?
C'est absurde voyons !