Après un effort, je réussis à la décoller de moi.
Moi : Tu dois t'en aller.
Soraya : Mais Ibrahim, je suis venu pour te voir. Je me fais du souci pour toi tu sais ?
Moi : Comme tu peux le voir, je vais bien alors pars s'il te plaît.
Soraya : Mais Ibrahim je...
Moi : S'il te plaît.
Soraya : Ok. Comme tu voudras. Je vais partir. Prends soin de toi. Et n'oublie pas que je t'aime.
Elle s'en va ensuite. Je soupire de soulagement. Je vois qu'elle persiste toujours avec ces histoires d'amour. Elle a toujours été amoureuse de moi je le sais. Mais j'ai pensé que ça va lui passer avec le temps mais je me rends compte que non.
Elle est toujours sur le même refrain. Elle continue toujours de souffrir sachant très pertinemment que moi je ne l'aime pas et que je ne l'aimerai jamais.
Je crois que je n'arriverai jamais à comprendre la femme. La femme aime souffrir. C'est ce que je constate.
Je vois ma mère descendre les escaliers.
Ma mère : Quelqu'un est passé ? J'ai entendu une voix étrangère tout à l'heure.
Moi : Oui. C'était Soraya qui était venue.
Ma mère : Cette fille n'est pas fatiguée de te tourner autour ? Qu'est ce qu'elle voulait.
Moi : Apparemment, elle se faisait du souci pour moi. Alors elle est venue me voir. Et les choses ne se sont pas bien passées entre l'autre villageoise et elle.
Ma mère : Tu veux parler d'Hafsa?
Moi : Il y a encore une autre villageoise ici dans cette maison ?
Ma mère : Ibrahim arrête tu veux bien ? Qu'est ce que Hafsa a ferait à Soraya ? Ça n'a aucun sens voyons.
Moi : Soraya m'a dit qu'elle l'avait agressé et frappé.
Ma mère : Comment ? Impossible. Elle ment. Je connais Hafsa et elle ne peut pas faire ça.
Moi : Moi je crois Soraya. Cette fille est sauvage. Elle est capable de tout. Et Soraya dit la vérité.
Ma mère : C'est ce qu'on verra.
Elle commence par appeler la villageoise qui débarque.
Elle : Oui ma tante.
Ma mère : Est-ce que c'est vrai que tu as frappé la jeune femme qui était ici tout à l'heure ?
Elle : Non ohhh! Dit-elle en levant les mains. Je ne l'ai pas frappé oh. C'est ce qu'elle a dit?
Ma mère : Oui Hafsa. Elle a dit que tu l'as frappé.
Elle : Ehhhhhh c'est faux. Je ne l'ai même pas touché. Je lui ai juste fait peur parce qu'elle m'a insulté. Elle m'a traité de domestique. D'idiote. Ma tante je vous jure que je ne l'ai pas frappé.
Ma mère : Ne t'inquiète pas Hafsa. Je te crois.
Elle : Mince cette femme est vraiment une sale menteuse.
Ma mère : Ne t'en fais pas Hafsa. C'est bon. Oublie cette histoire. Tu fais quoi?
Elle : Je suis entrain de nettoyer la cuisine.
Ma mère : D'accord. On va bientôt faire le dîner.
Elle : D'accord ma tante.
Elle est partie. Ma mère me regarde.
Ma mère : Je te l'avais dit n'est-ce pas ? Ta Soraya est une menteuse.
Moi : Quoi? Parce que tu crois à la villageoise. Je t'en prie maman ne sois pas naïve.
Ma mère : Je crois en elle parce que Hafsa ne ment pas. Elle dit toujours la vérité. Et tu devrais aussi arrêter de la juger. Être villageoise n'est pas un péché. Tu as dit qu'elle n'arriverait pas à gagner un franc avec son téléphone. Elle t'a prouvé le contraire. Et rien que pour ça, tu lui dois du respect.
Moi : Elle a eu de la chance c'est tout. Tu l'as aidé sinon elle n'allait jamais s'en sortir. N'importe quoi. Dis-je en me dirigeant vers la sortie, Doggy derrière moi.
*****Soraya KANTE
Au diable Ibrahim. Au diable le satané chien d'Ibrahim. Au diable la mère d'Ibrahim. Et au diable cette folle qui a failli me frapper tout à l'heure quand j'étais chez lui.
Ah! Je me demande pourquoi. Je me demande pourquoi est-ce qu'il me rejette ? Pourquoi il ne veut pas de moi? Et sa mère, sa stupide mère. Je sais qu'elle ne m'a jamais aimé. Je l'ai toujours su.
Et d'ailleurs, personne ne m'a jamais aimé dans son entourage y compris même son chien. Pourtant je fais des efforts chaque jour pour qu'il me remarque. Pour qu'il m'aime putainnnn!
Je m'habille sexy pour lui. Je me maquille pour être belle à ses yeux. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il me regarde autrement mais j'ai l'impression que ça n'arrivera jamais. Pour lui, je serai toujours une simple assistante.
Putain j'ai mal. J'ai atrocement mal. Je me sens humiliée. Rabaissée. Il me fait me sentir comme rien du tout.
Mais je promets, je promets que tôt ou tard il va être à moi. Je le jure qu'il sera mien et ce, de gré ou de force.
Ah Ibrahim, Ibrahim pourquoi ? Pourquoi bébé ? Ton indifférence me fait si mal si tu savais. À cause de toi, je ne suis pas heureuse. À cause de toi, j'ai plusieurs fois refusé des postes très importants pour être ton assistante.
Je me suis sacrifiée pour toi mais toi tu ne vois rien. Suis-je invisible ou quoi?
J'ai mal bébé. Tu me fais mal.
Je me sers un verre de whisky et bois d'un coup.
Je suis Soraya KANTE. Madame Ibrahim. Madame MOCTAR.
Je n'aime qu'un seule homme et c'est lui. Je vis pour Ibrahim. Je respire pour lui. Et pour l'avoir, je suis prête à tout. Absolument tout.
Je me sers du whisky encore une fois. J'empoigne mes cheveux. Je pleure. J'ai si mal mon Dieu. Pourquoi cet homme me fait ça ? Je ne mérite pas ça.
*****Hafsa DIAKITÉ
Tout comme hier, j'ai également remis à ma tante tout l'argent que j'ai gagné aujourd'hui en tressant. Je suis entrain de me faire beaucoup d'argent dans la blague comme ça inh.
Je compte économiser ça auprès de tante jusqu'à ce que ça soit beaucoup puis après je vais ouvrir mon salon de coiffure. Le salon dont j'ai toujours rêvé. Ce sera le plus grand salon de coiffure de Conakry. Inshallah.
Ma tante : Je suis très fière de toi Hafsa. Ne t'en fais pas. Ton argent est en sécurité avec moi.
Moi : Je ne doute pas de cela tante.
Ma tante : On devrait peut être appeler ton oncle pour lui annoncer la bonne nouvelle. Qu'est ce que tu en penses?
Moi : Non! Non ! Non! Dis-je catégorique.
Ma tante : Mais pourquoi Hafsa?
Moi : Parce que c'est une surprise que je compte lui faire. Et si on lui dit maintenant, ça va gâcher la surprise.
Ma tante : Ah d'accord. Je vois tu as raison. On l'appelle pour simplement le saluer alors?
Moi : Non ma tante.
Ma tante : Pourquoi ?
Moi : Parce qu'il se fait tard et il doit probablement être couché à l'heure qu'il est. Tu sais, on a l'habitude de dormir tôt au village.
Ma tante : Ah je vois. Bon une autre fois alors.
Moi : Oui.
Je suis un peu nerveuse. Je me demande jusqu'à quand je vais continuer à mentir à tante.
*****Le lendemain matin
*****Ibrahim MOCTAR
Je me suis rendu à l'entreprise ce matin. Que c'est bien de retrouver son bureau. Je m'asseois dans mon fauteuil en le faisant tanguer. Soraya fait son entrée.
Elle : Bonjour Ibrahim.
Moi : Oui bonjour. Commence par apporter les documents à signer s'il y en a. On a beaucoup de travail aujourd'hui alors ça va aller très vite.
Soraya : D'accord. Au fait, je voulais te poser une question.
Moi : Je t'écoute.
Soraya : Cette fille chez toi, elle est qui pour toi? C'est ta domestique ?
Moi : Pourquoi cette question ?
Soraya : C'est très important pour moi alors réponds moi s'il te plaît.
Moi : C'est une connaissance à ma mère.
Soraya : Et que fait-elle chez toi? D'où est-ce qu'elle vient ? Est-ce qu'il y a quelque chose entre vous ? Je veux savoir s'il te plaît Ibrahim.
Moi : (agacé) C'est quoi toutes ces questions ? Parce que j'ai d'explications à te donner maintenant ?
Soraya : Ce n'est pas ce que je voulais dire je...
Moi : Laisse moi seul à présent.
Soraya : Je suis..
Moi : Sors de mon bureau. Hurlai-je.
Soraya : D'accord.
Elle est partie. Je fixe la porte avec colère. N'importe quoi. Comme si je lui devais une quelconque explication.
Qu'est ce que ça peut lui faire si cette fille est chez moi? Ou même si on est ensemble comme elle le pense. Qu'elle se contente juste de faire son travail et c'est tout.