Camille La sonnette n’a même pas eu le temps de retentir que j’ouvre la porte. Je les attendais. Je savais qu’elle viendrait. Je savais qu’il me l’imposerait. Et elle est là. Petite valise à la main. Regard baissé. Mais pas soumise, non. Pas du tout. Elle sait. Elle sait qu’elle prend une place qui ne lui appartient pas. Et pourtant, elle entre. Louis — Camille… Voici Anna. Je m’approche lentement. J’observe. Je jauge. Camille — Je vois. Tu n’avais pas exagéré. Anna — Bonjour. Sa voix est douce, presque timide. Une tentative de politesse. Elle croit que ça va suffire. Camille — Bonjour. C’est donc toi. L’autre. Celle qu’on ramène à la maison comme un colis perdu. Louis — Camille… Camille — Ne me coupe pas, Louis. Elle doit comprendre. Immédiatement. Elle me regarde

