Prologue: La Marque Invisible
Il m’écarte les cuisses...Ses mains sont des étaux de chaleur, larges et impitoyables, qui écartent mes genoux comme on ouvre un livre interdit. Je ne peux pas lutter. Je ne veux pas lutter. Ses yeux, ces yeux bleus délavés que j’ai croisés hier soir, ont mué. Ils sont devenus deux puits de noirceur, profonds et insondables, où l’éclat de la glace a fondu pour devenir un brasier sombre. Il me regarde de là-haut, son masque noir toujours en place, ses cheveux d’or pâle qui retombent sur son front. Il ne dit rien. Il n’a jamais parlé.
Sans prévenir, sa tête s’abaisse.
Je sens d’abord son souffle — une bouffée humide et chaude qui frappe l’intérieur de ma cuisse, là où la peau est la plus fine, la plus secrète, celle que personne n’a jamais vue. Mes mains tremblent sur les draps. Mon ventre se creuse. Et puis ses dents. Elles s’enfoncent doucement dans cette chair offerte, une morsure mesurée, presque tendre, qui ne cherche pas à faire mal mais à marquer. Une douleur électrique, blanche et délicieuse, me traverse de bas en haut. Je l’entends — un petit cri étranglé s’échappe de ma gorge, un son que je ne me connaissais pas.
Ma peau laiteuse vire au rose vif sous la pression de ses dents. Une auréole rougeoyante qui va rester, qui va me rappeler. Sa langue prend le relais. Elle vient lécher la marque, traçant des cercles d’un feu liquide sur la morsure, effleurant le bord de ma féminité sans jamais tout à fait y toucher. C’est une invasion méthodique, un rituel. Je sens mon corps s’ouvrir malgré moi, se liquéfier, devenir une source dont je ne soupçonnais pas l’existence.
Chaque mouvement de sa bouche provoque un spasme au fond de mon ventre. Une chute libre. Un vertige. Mon intimité, ce lieu muet et inconnu, se met à battre comme un second cœur, une pulsation chaude et humide qui réclame quelque chose dont je n’ai pas le nom. Il n’est plus seulement entre mes cuisses — il est en moi, même sans y être. Son souffle, sa salive, la vibration de ses lèvres qui murmurent des mots que je n’entends pas… tout cela me traverse, me pénètre, me défait.
Mes mains cherchent un point d’ancrage. Elles plongent dans ses cheveux. Ils sont aussi soyeux qu’ils en avaient l’air sous les lustres du bal, d’un blond si brillant qu’ils semblent brûler mes paumes. J’y enfonce mes doigts, m’agrippant à cette crinière d’or comme une noyée à la branche. Et je tire. Je le tire vers moi, vers ce centre de moi-même que je ne connaissais pas, que je découvre à l’instant.
Il émet un grognement sourd — le premier son que je l'entends faire. Et ce son vibre contre ma chair, et cette vibration fait naître une onde qui me soulève les reins.
Je sens la vague venir. Je ne sais pas ce que c’est, je ne l’ai jamais connu, mais mon corps, lui, le sait. Il se cambre, il se tend, il se prépare à exploser comme un ciel d’orage.
TW : Power imbalance extrême, dubcon, possessivité maladive, slow burn sensuel, esclavage sexuel de survie, mariage forcé, violence de guerre ,Obsession