- III -À peine était-elle entrée dans le bois que le contraste entre la luminosité du jardin et l’ombre la rendit aveugle. Ses yeux mirent quelques instants à s’adapter. Une fraîcheur douce baignait son visage. Elle huma avec délice l’odeur de baies écrasées qui était le parfum de la futaie. Elle n’avait pas peur. Elle se sentait bien. C’était curieux qu’une fille des villes comme elle ressente l’immensité dense et feuillue de la forêt comme un deuxième chez elle. Sans perdre de temps, elle s’installa confortablement le dos à un tronc d’arbre et, un œil sur le jardin, elle commença à respirer pour se détendre. Puis elle ferma les yeux et tenta de se mettre en état de seconde vue. Elle essaya encore et encore, mais rien ne venait. Elle se dit qu’en s’enfonçant un peu plus dans la forêt, e

