Prologue. Avant de mourir.
Il fait chaud, une journée d'été comme on pourrait les aimer. Je sens le soleil sur ma peau qui me brûle, cependant cette sensation n'a jamais été dérangeante pour moi. Je garde les yeux ouverts vers toutes les fleurs de mon jardin. Il y en a des bleus, des roses, des rouges, des jaunes et même des violettes. Les yeux fixés sur ces couleurs incroyables. Le soleil et la chaleur font onduler l'air au loin. Tout semble flou, après tout, peut-être le suis-je moi aussi. Je suis là, et nulle part, je ressens pourtant mon esprit qui semble vide. Toutes ces sensations j'ai comme la vague impression que je les imagine simplement, et qu'elles arrivent à quelqu'un d'autre. Je me sens spectatrice, égarée, mais pas forcément emportée par des émotions négatives, comme si je les regardais de loin. Pourtant ils sont là, ces sentiments enfouis que je range parfois dans un placard, parce qu'on n'a pas le temps, pas l'énergie, ou l'envie d'y faire face et on se promet alors de le rouvrir quand on sera prêt. J'ai le temps, je n'ai pas l'envie, mais j'ai la force de le faire, du moins je tente de m'en convaincre.
Je fouille dans la tornade de mes émotions passées, de celles dont il faut que je me confronte, et je mets du temps à choisir laquelle je veux faire ressurgir. C'est alors que je me souviens de ma tristesse à ce moment là.