Le docteur Palmer en fuite

883 Words
"À ce stage, je crois qu'il vaut mieux que je le fasse moi-même. On ne peut faire confiance à personne. Le général Zalmer devrait être à mes côtés, mais vous voyez lui aussi est allé s'isoler dans son bureau. Je dois tout mâcher et mettre dans sa bouche. Bon, je suppose que c'est comme ça la vie de héros national. Il faut faire les tâches les plus ingrates. Plonger la main là où le commun des mortels hésite. - C'est bien ça mon colonel mais ne vous en faites l'heure de la récolte viendra pour vous. Par ailleurs, moi je suis là. Si vous avez besoin de moi pour quelque mission que ce soit, je suis à votre entière disposition. - Merci lieutenant Peter! Vous êtes jeune mais vous avez beaucoup de cran. Très peu serait prêt à risquer leur carrière débutante pour sauver la nation comme vous le faites. Je vous prédis un futur éblouissant. Vous, restez là et surveillez le docteur Palmer. D'ailleurs je pense que comme c'est prévu par les procédures d'admission dans la cellule antiterroriste, les personnes non autorisées comme lui, laissent leur téléphone portable à l'entrée. Donc il n'y a rien à craindre. Ouvrez juste l'œil et qu'il ne sorte d'ici pour quelque raison que ce soit." Sur ces paroles, le colonel Mayer quitte la pièce, l'avis médical dans son classeur qui tient fermement dans son aiselle gauche. Il prend la direction de son bureau situé à l'ouest de l'immense maison bleue. "Ouf ! Enfin, je suis dans mon bureau. Je commence à vraiment vieillir. Un de ses quatre matins, les allées interminables de la maison bleue vont finir par avoir raison de moi. Il faut que je prenne bientôt ma retraite mais avant j'ai une affaire d'état à régler, dit-il avant de s'asseoir. - Il faut que j'envoie l'avis médical rapidement par fax à la cour suprême. Mais... où est donc le cachet des affaires urgentes ? Ah le voilà !" Il prend le cachet et l'appose sur l'avis médical. La mention URGENT y est désormais bien visible. Il allume son ordinateur et se met à rédiger une lettre à l'attention du président de la cour suprême et de ses honorables membres. ***Votre Honneur, chers éminents membres de la cour suprême des états du nord unis, j'ai l'honneur de solliciter un jugement en urgence de l'état de santé du vice-président Éric Benson qui ne peut assurer la vacance du pouvoir. En effet, le président Nathan Bolton est actuellement en captivité dans le désert du Sahel. Les terroristes de Qibab ont piégé son convoi et l'ont arrêté après avoir abattu tous les agents de sécurité. Cette information doit jusqu'à nouvel ordre rester confidentielle. Seulement, en attendant la libération du président dont la rançon est de cinq cents millions de dollars, l'intérim doit être assuré par le vice-président ou si celui-ci est empêché, par le militaire le plus haut gradé. C'est-à-dire le général Zalmer. Le vice-président Benson, d'après l'avis médical du docteur Eamon Palmer ci-joint, est inapte à conduire les affaires d'état en raison de sa sénilité. En conséquent, c'est au général Zalmer d'occuper le poste de président par intérim. Dans l'attente de votre jugement que nous souhaitons expéditif, veuillez recevoir, Votre Honneur, éminents membres de la cour, nos salutations distinguées. Signé Colonel David Mayer pour la cellule antiterroriste.*** Le colonel Mayer imprime aussitôt la lettre à la cour suprême et l'estampille dans un premier temps de la mention URGENT et dans un deuxième temps de la mention CONFIDENTIEL. Il insère les coordonnées de la cour suprême dans la machine à fax et envoie la lettre assortie de l'avis médical. "Et voilà, la première étape est achevée. Maintenant il ne reste plus..." Toc, toc ! Toc, toc ! Quelqu'un frappe à la porte et interrompt le colonel en plein monologue. "Qui va là ? demanda-t-il un peu apeuré. - Mon colonel c'est moi, le lieutenant Peter. Laissez-moi entrer." Le colonel Mayer qui avait pris la peine de verrouiller la porte de son bureau se hâte pour aller l'ouvrir. "Entrez ! Mais que y a-t-il ? Pourquoi avez-vous laissé votre position ? Je vous ai pourtant dit de garder un œil ouvert sur ce docteur Palmer. - Mon colonel, il faut agir vite. Le docteur Palmer a pu s'échapper de la cellule antiterroriste. - Quoi ? Mais comment est-ce possible ? - Un des officiers de la cellule n'avait pas bien bouclé son ceinturon et le docteur Palmer qui est aussi un soldat de réserve a saisi l'occasion pour attraper le pistolet qui s'y trouvait. Il a tiré quelques coups de feu en l'air et a menacé de tirer sur celui qui voudrait jouer à l'héro. Il m'a forcé à déverrouiller la porte et s'est enfui par le tunnel dans le jardin. - Zut ! Il faut le retrouver et vite avant qu'il n'alerte la presse ou les juges de la cour suprême sur notre supercherie. J'ai déjà envoyé un courrier aux éminents membres. J'attends leur jugement qui doit tomber d'ici peu. Vous, réunissez une équipe de policiers avec des bergers allemands et dites-leur que le docteur Palmer a volé des documents secrets à la maison bleue et que c'est le président Benson qui a ordonné son arrestation. - C'est compris mon colonel." Le lieutenant Peter s'en va du bureau.
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