II

1356 Words

IILe meilleur des hommes, Joseph le Saint,—en breton Ar Zant,—bon mari, bon père, cultivateur consommé, éleveur émérite, mais, par exemple, ivrogne, ah! ça, oui, ivrogne pommé!… Plus que sa femme, plus que ses enfants, plus même que sa terre et que son bétail, il aimait la boisson. Il fallait lui entendre prononcer ce mot: «la Boisson!» Il y avait, dans la façon dont il le disait, de la tendresse, de la piété, de la dévotion, de la ferveur, quelque chose de mystique et de passionné. C'était chez lui un culte qui allait jusqu'au fanatisme. Le recteur de la paroisse le sermonnait souvent à cet égard. —Que voulez-vous? répondait-il doucement. C'est dans ma nature. Je suis boissonnier! Les néophytes de la primitive église ne mettaient pas plus d'accent à professer qu'ils étaient chrétiens.

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