III—Allez à la messe avec nos invités, disait Fanta Gouronnec à son mari. Je suffirai bien toute seule à surveiller la cuisson du repas et à disposer le couvert… Partez sans crainte; la table sera prête à votre retour… Le bourg était silencieux et comme désert. A peine si çà et là, aux lucarnes des chaumières, veillait une flamme pâle, une clarté discrète de ver luisant. L'église, en revanche, jetait par ses vitraux de grandes lueurs rougeâtres, pareilles à des feux de forge. Et des chants montaient, où dominait la voix de taureau du sacristain Fanch ar Luch, accompagné comme en sourdine par le nasillement monotone du chœur des femmes. Puis, soudain, les chants cessèrent et, dans le silence, retentirent par saccades les tintements grêles d'une clochette. —La consécration! se dit Fanta.

