– Non, ma bonne angélique sœur, non ! je n’ai pas cessé d’être digne de vous. Merci de votre confiance en votre Bessy ; merci de vos prières ! – Merci à Dieu seul, ma sœur ! » Et la malade montrait du regard le crucifix, unique ornement suspendu à la muraille nue. Les deux visages restèrent étroitement collés l’un contre l’autre, confondus, immobiles ; mais on entendait des sanglots profonds, étouffés, entrecoupés de baisers ardents. Au bout d’un instant, Bessy se dégagea doucement de l’étreinte de la malade : « Enfin, dit-elle, rien n’est encore perdu. Vous pouvez guérir, ma bonne Meg. Demandez donc au bon Dieu, vous qui êtes son amie, demandez-lui pour votre sœur aînée, sinon pour vous, qu’il prolonge votre vie. – La vie ? reprit la malade comme si le sens de ce mot lui échappait :

