Cela fait des semaines que les deux futurs étudiants s’acharnent à réviser !
Les examens arrivent à grands pas et ils se préparent le plus sérieusement du monde, poursuivant leur routine. À présent qu’ils en ont parlé à leurs parents, ce futur leur semble bien plus accessible et ils sont bien motivés à tout donner pour le réaliser, ne ménageant pas leurs efforts ! Andréa n’a jamais autant mangé de chiffres de sa vie et Mael pense sérieusement qu’il pourrait dévorer ses livres de sciences si on lui disait qu’il serait capable de tout mémoriser ainsi.
C’est bien pour cela qu’il tente tout de même de s’accorder sur de court moment récréatif, des pauses bien trop fugaces et pourtant nécessaires pour ne pas devenir complètement fous. Ils ont peur que ces répits leurs causes du tords, comme s’ils pourraient tout oublier s’ils ne lisaient pas leurs manuels de cours ce jour-là, où s’ils en venaient à se retrouver justement devant un passage qu’ils n’auraient pas eu le temps de bien étudier parce qu’ils se sont pris trop de temps libre ! Pour autant, ils tentent de se rassurer et de garder la tête sur les épaules, profitant au maximum de ces moments où ils peuvent être des humains normaux, et non pas des “peut-être” étudiants...
-Quand je pense à tous tes livres qu’on va devoir déménager...
Et justement, pour se donner du courage, ils parlent souvent de cet ”après" qui arrive à grands pas ! Rappelant constamment à l’autre pourquoi ils font tout ça comme une carotte bien appétissante accrochée au bout du fil de pêche.
Ils profitent d’un moment récréatif réellement mérité après trois jours de révisions intenses, les yeux rivés sur l’écran de la télé qui passe un de ces films de super-héros dont raffole l’Alpha. C’est bien pour ça d’ailleurs que Mael a pensé à sa collection qu’ils allaient devoir emporter...
Et vu l’air grognon de son vieux pote, il a cherché quelque chose à rétorquer de son côté, mais ne semble pas trouver...
- Ouais comme tu dis, mon violon ne prend pas de place ! Héhé...
Le blond lève les yeux au ciel, ne retenant pas une grimace, mais ne cherche pas plus loin. De toute façon, c’est toujours Andréa qui a le dernier mot... Mais comme récompense, l’Oméga se montre bien tactile lorsqu’il le laisse “gagner” de la sorte, alors Mael y trouve largement son compte...
D’ailleurs il ne retient pas un soupir appréciateur quand il sent les phéromones d’Andréa lui piquer le nez, prenant une douce teneur printanière alors qu’il se rapproche de lui. L’Alpha adule cette chaleur qui grimpe le long de son bras contre lequel Andréa s’appuie maintenant. Mael se noie complètement dans ce regard ambré et cette légère couleur rosée qui se teinte doucement sur les joues de l’autre.
L’un comme l’autre ont bien sûr remarqué toutes ces petites choses qui ont évolué entre eux, mais jusqu’ici, ils n’ont pas osé aborder le sujet sérieusement. Ils ont préféré jouer de sous-entendus ou de regard appuyés, tentant de lire dans les gestes de l’autre sans pour autant en parler. C’est sans doute c*n, ils en sont conscients quelque part, mais ce n’est pas grave à partir du moment où ça leur convient finalement. Leurs parents lancent parfois des regards désabusés que les presque adultes ignorent, faisant semblant de ne pas voir leurs dépits alors qu’ils ont regardé leurs fils se chercher toute la soirée.
Mais ce soir, ça va changer !
Mael a franchement hésité et il ne sait d’ailleurs pas comment aborder le sujet... Cependant il a bien l’intention d’agir ! Bientôt ils vivront ensemble et l’Alpha a fait une demande particulière...
Il déteste ce qu’il ressent à ce sujet, se donnant plutôt l’impression d’être un rustre incapable de se montrer raisonnable. Il ne comprend pas trop ce besoin en réalité, sachant surtout qu’il ressent cette irrépressible colère qu’il a bien du mal à tenir en laisse... C’est juste ainsi, alors il a réussi à en parler. Il aimerait préparer lui-même leur futur appartement. Il veut tout faire, refusant même que l’un de ses parents s’en mêle, ou, pire encore, Andréa. Il sait ce que ça signifie bien sûr, mais ça ne rend pas la chose acceptable ni compréhensible pour autant...
Faire accepter l’idée à son lié n’a d’ailleurs pas été simple ! Il est évident que l’Oméga souhaitait lui aussi visiter et choisir son lieu de vie et voulait son mot à dire sur tout. Andréa n’est pas de ceux qui restent passifs, Mael a sincèrement dû promettre monts et merveilles et écouter convenablement toutes les demandes de ce dernier. Et après avoir longuement grogné, il a finalement accepté, non pas sans lui ordonner de tout bien prendre en note malgré tout. Et justement il avait besoin de mettre les choses au clair pour parfaitement préparer leur nid...
Cependant cela semble sidifficile!
Doit-il se lancer franchement et avouer de but en blanc qu’il était amoureux de lui ? Ou peut-être qu’il doit l’embrasser ? Non, ce serait trop bizarre et il ne sait même pas si Andréa est d’accord avec ça. D’une façon ou d’une autre, il doit lui demander la permission...
Alors il bouillonne, son bras frôlant encore et encore celui d’Andréa tandis qu’il hésite sur la marche à suivre. Bien évidemment, la tension qu’il dégage attire l’attention de son ami qui le fixe donc d’un air troublé bien loin de l’aider... La question reste éternelle, et ils ne demandent rien de peur d’aborder ce sujet tout en sachant qu’il faudra bien le faire ! Mais pas question de se défiler, et Mael tourne doucement la tête vers lui, capturant son regard sans pouvoir le relâcher.
Il est suffisamment proche d’Andréa pour deviner toutes les nuances de cuivre de ses yeux. Il les a déjà franchement admirés sous de multiples facettes, les connaissant par coeur, et aujourd’hui ne fait pas exception. Il sait ce qu’ils demandent sans un mot sous l’ombre imperturbable et trop fière de l’Oméga. C’est dingue de voir à quel point Andréa semble en tout point supérieur à lui, jouant sur un tout autre terrain. Si parfait tandis que lui semble transpirer l’ennui... Comment peut-il retenir l’attention de cette personne, il s’est longuement posé la question. Pourtant il sait que l’intérêt de son marqué est réel bien sûr, et bon sang qu’il ne s’en plaint pas.
Andréa est parfait... C’est une des nombreuses raisons qui font qu’il est amoureux de lui.
- Tu te souviens quand on était petit et qu’on a décidé de se marquer pour ne pas être séparé ?
La conversation qu’il amène sans légèreté désarçonne l’Oméga, il le voit tout de suite. Contre sa peau, il sent l’autre tressaillir, déglutissant douloureusement bien qu’il semble conserver un air neutre.
- Ouais et ?
- On a vaguement parlé du fait qu’on était amis et que toutes ces histoires de bisous dégoutants, on n’en voulait pas. Tu te souviens ?
Toujours troublé, Andréa acquiesce simplement, incapable de réellement répondre autrement. Il ne sait pas du tout ce qu’il se passe ni ne sait comment il doit réagir en cet instant. Il connait terriblement bien son lié, lui aussi a appris au fil des années à lire les affres céruléennes de son regard. Mais justement ! Les iris de l’Alpha sont généralement doux, représentant un ciel apaisant d’une journée d’été. Aujourd’hui ce n’est pas le cas, bien au contraire. Le ciel clair et calme cède sa place à l’océan furieux qui gronde de tout engloutir autour de lui.
C’est bien là-dedans qu’il est perdu, se laissant peu à peu happer par cette force qui subside dans cet appel troublant.
- Bah j’ai changé d’avis ! Et maintenant... Bah ça me dit bien d’essayer !