CHAPITRE 8

1171 Words
PDV DE DANIELA Je continue à faire les cent pas, mon esprit en ébullition . Je ne peux pas croire que Mia, ma cousine douce et attentionnée, va épouser un mafieux . C’ est comme si j’ avais basculé dans un monde parallèle . Tout me semble irréel . Les murs blancs de la chambre, les draps impeccables, la lumière douce … rien ne colle à la violence que je viens de vivre, ni à ce qu’ elle vient de m’ avouer . Mia me regarde, toujours avec ce même sourire apaisant . Comme si tout allait bien . Comme si cette vie qu’ elle a choisie était normale . Daniela : Comment t’ as pu tomber amoureuse d’ un homme comme lui ? je lâche, la gorge serrée . Mia : Je ne sais pas, Dany … Tout s’ est passé tellement vite . Elle baisse les yeux, visiblement perdue dans ses souvenirs . Mia : Un soir, je travaillais tard dans mon cabinet vétérinaire . Il est arrivé, couvert de sang, une blessure profonde au ventre . J’ ai paniqué, bien sûr, mais je l’ ai soigné . Il n’ a presque rien dit . Il m’ a juste regardée . Et il est reparti . Je fronce les sourcils, le cœur battant plus vite . Daniela : Et ça t’ a suffi pour tomber amoureuse ? Mia : Non … bien sûr que non . Il est revenu . Plusieurs fois . D’ abord pour des soins, puis … pour moi . Il me faisait rire . Il parlait peu, mais je sentais quelque chose . Et puis un jour, j’ ai compris qui il était . Ce qu’ il faisait vraiment . J’ ai voulu fuir, tout arrêter … Mais j’ étais déjà tombée amoureuse . Daniela : Tu ne te rends pas compte, Mia, je souffle, entre colère et peur . C’ est un criminel . Ce genre de type vit dans un monde où les gens meurent pour un rien . Tu crois qu’ il va t’ épargner sous prétexte qu’ il t’ aime ? Mia : Il ne me ferait jamais de mal, Dany . Jamais . Je secoue la tête, incapable de comprendre . Daniela : Mais enfin, réfléchis … Tu l’ as vu débarquer blessé, ensanglanté, au lieu d’ aller à l’ hôpital . Tu ne t’ es jamais dit qu’ il fuyait quelque chose ? Qu’ il était peut - être en train d’ échapper à la police ou à d’ autres gars comme lui ? Mia : Bien sûr que je me suis posé des questions . Mais à ce moment - là, je ne voyais qu’ un homme qui avait besoin d’ aide . Et après, je voyais un homme qui me faisait sentir vivante . Aimée . Je me laisse tomber sur le bord du lit, les mains tremblantes . Daniela : Tu es folle ... Complètement folle . Elle rit doucement et vient s’ asseoir à côté de moi . Mia : Peut - être bien . Mais je suis heureuse . Et j’ ai besoin que tu sois là, Dany . Je veux que tu restes . Je ne dis rien . Je suis encore sous le choc . Mais malgré tout, malgré mes doutes, je sais que je ne peux pas l’ abandonner . Pas maintenant . Je suis toujours secouée . Mes mains tremblent, mon cœur bat trop vite, et j’ ai l’ impression que les murs se referment sur moi . Mia me parle, sa voix douce, presque chantante : Mia : Sois patiente, Dany . Tout va bien se passer . Ouais, facile à dire … pour elle . Je la fixe, le souffle court . Daniela : Ouais, bah … toi, ça risque pas de t’ arriver, hein . T’ as un fiancé, et pas n’ importe lequel . Moi … moi, j’ ai frappé Leonardo . Si j’ai bien compris, c’ est le chef de toute cette organisation . Qu’ est - ce qu’ il va me faire ? Rien que d’ y penser, je sens une sueur froide me couler le long du dos . Je les imagine déjà me frapper derrière la tête, m’ assommer, … ou pire . Mon cerveau s’ emballe et commence à aligner tous les pires scénarios possibles : ligotée dans une cave humide, un sac noir sur la tête, ou jetée dans un coffre de voiture en pleine nuit . Encore . Mia: Dany, arrête … souffle Mia . T’ as pas à t’ en faire . Je te protégerai, coûte que coûte . Mais … évite quand même de trop l’ énerver . Daniela : L’ énerver ? Mais je l’ ai pas énervé ! C’ est juste que … il a une tête de kidnappeur . J’ pouvais pas deviner ! Nos regards se croisent . Pendant une seconde, le silence plane . Puis, on éclate de rire toutes les deux . Un rire nerveux, un peu hystérique, mais un rire quand même . Et, étrangement, ça me fait du bien . Après nos éclats de rire, Mia retrouve son sérieux . Mia : Allez, viens . Il se fait tard et tu n’ as rien mangé de la journée, si je ne me trompe pas . Descendons dîner . Mon ventre se tord, pas seulement de faim . Mais je la suis quand même . On continue de discuter en descendant l’ escalier, essayant de retrouver un semblant de normalité . En arrivant dans le petit salon, je m’ arrête net . Leonardo et Pablo sont assis, plongés dans une conversation basse et rapide . Dès qu’ ils nous voient, ils se taisent aussitôt . Pablo se lève, s’ avance vers moi avec un sourire qui se veut chaleureux . Il me prend doucement les mains, comme pour me rassurer . Instinctivement, je recule d’ un pas . Pablo : Ne t’ inquiète pas, me dit - il d’ une voix apaisante . Il ne t’ arrivera plus rien . Une partie de moi veut le croire . Je sens mes épaules se détendre légèrement . Il poursuit les présentations, me parle de lui, de leur famille … mais je sens bien que tout ça n’ efface pas la tension dans la pièce . Pendant qu’ il parle, je surprends le regard de Leonardo . Fixe, sombre . Ses yeux me transpercent, comme s’ il pouvait lire dans ma tête . Pablo : Tu n’ as rien à craindre de lui, ajoute Pablo, comme s’ il avait senti mon malaise . Il ne te fera jamais de mal . Je hoche la tête, un peu rassurée . Mais quand je tourne la tête vers Leonardo, il ne me lâche pas du regard . Ses yeux noirs semblent dire tout le contraire . Je me penche légèrement vers Mia, ma voix réduite à un murmure : Daniela : Et … vous êtes sûre qu’ il ne me fera vraiment rien ?
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD