Point de vue de Malia : La prisonnière du silence La nuit était tombée sur le palais, mais ce n'était pas la nuit apaisante des îles. C’était une obscurité épaisse, poisseuse, qui semblait ramper le long des murs de marbre. Depuis notre retour, Yunus n'était pas seulement devenu froid ; il était devenu spectral. Il errait dans la demeure comme un étranger dans sa propre vie, ses yeux fixés sur un horizon que lui seul semblait voir, répondant aux questions par des grognements ou des silences tranchants comme des lames. Je m'étais réfugiée dans ma chambre, le cœur battant à tout rompre. Safi dormait enfin, agitée par des cauchemars où elle appelait un "Tonton Yunus" qui ne lui répondait plus. Ma mère, elle, n'avait pas fermé l'œil. Elle était assise au milieu de la pièce, sur un petit tapi

