La cathédrale des os

3127 Words
Ils franchirent ensemble l’arche béante. Le silence se fit si totale qu’ils crurent un instant avoir perdu l’ouïe. De l’autre côté, l’air était plus dense, saturé d’une odeur métallique qui collait à la gorge. Sélène posa un pas, et un frisson fulgurant la traversa. Sa peau brûla sur son avant-bras droit. Elle baissa les yeux et découvrit une nouvelle marque sombre, semblable à une veine noire, telle une vipère serpentant sous l’épiderme. Elle ne l’avait pas sentie se graver, mais maintenant, elle l’irradiait de douleur sourde, comme si une part de son corps n’était plus sienne. Alexis voulut l’aider, poser sa main sur son épaule, mais à l’instant même où il franchit complètement le seuil, ses jambes cédèrent. Il s’effondra à genoux, suffoquant, le visage livide. Se jetant près de lui, l’adolescente s’écria : - Alexis ! Ses doigts tremblaient sur son torse, mais elle sentait toujours son cœur battre quoique faible, au ralenti. Les lèvres de l’homme remuaient, incapable de former un mot. Comme si le souffle de la galerie des miroirs ne l’avait pas totalement quitté, comme si une part de lui-même avait été arraché avec l’image de sa fille. Dans un murmure, la voix brisée, la sorcière dit : - Non, tu ne peux pas… Il parvint enfin à lever les yeux vers elle, un sourire douloureux étirant ses traits et il dit : - Ce n’est…rien. Son corps le trahissait, alors qu’il poursuivit en disant : - Tu portes déjà…assez de fardeaux. La sorcière serra sa main, les larmes lui montant aux yeux. Elle n’avait jamais demandé de compagnon, jamais espéré en trouver un. Mais le voir chanceler ainsi lui lacérait l’âme. Elle porta alors son bras marqué à sa poitrine, comme pour contenir la brûlure et comprit que le palais ne se contentait pas de les éprouver. Il prenait. À chaque pas, il exigeait une offrande de leur chair, de leur force, de leur mémoire. Et ce n’était que le commencement. L’arche se referma derrière eux dans un grondement sourd, et une lueur blanchâtre envahit l’espace. Ils avaient pénétré dans une salle immense, circulaire, dont les murs étaient recouverts de rideaux de velours pourpre, usés et déchirés. Au centre de celle-ci, une estrade de pierre. Et assise tout autour, dans les gradins sculptés à même la roche, des silhouettes immobiles. Des morts. Ils étaient innombrables, figés comme des spectateurs muets : leurs orbites vides fixaient l’estrade, leurs mâchoires ouvertes semblaient attendre une pièce qui n’avait pas encore commencé. Certains tenaient encore dans leurs mains desséchées des bouquets flétris, d’autres frappaient de leurs phalanges osseuses sur l’accoudoir, comme pour appeler la représentation. La jeune femme et l’homme restèrent cloués, incapable d’avancer. Mais soudain, les rideaux se soulevèrent. Sur l’estrade, une scène se matérialisa. Ils se virent. Eux-mêmes, en train de marcher dans le palais. Mais ce n’étaient pas leurs pas présents : c’était leur avenir, déformé. Alexis apparaissait prostré, son souffle faible encore, jusqu’à ce que son corps s’effondre pour ne plus jamais se relever. Et elle, la sorcière, se tenait debout, mais son visage n’était plus le sien. Ses yeux n’étaient que deux puits de ténèbres, et sa peau portait des marques si nombreuses qu’elle semblait faite de cendre et de sang séché. Le public de cadavre éclata alors d’un rire silencieux, leurs os tremblant dans une ovation muette. Alexis chancela, le visage pâle et dit : - C’est…ce qu’ils veulent que nous devenions. Sélène sentit sa gorge se nouer, serrant jusqu’à son souffle. Tout en elle voulait détourner les yeux, mais la scène la clouait. Elle reconnaissait quelque chose dans cette vision, une menace réelle qui couvait en elle depuis la première marque. Ce n’était pas seulement une projection. C’était une possibilité éventuelle. Alors, la mise en scène changea encore. La silhouette de la sorcière se tourna vers Alexis, encore vivant, et lui plongea la main dans la poitrine pour lui arracher le cœur. Le sang se répandit sur les pierres de l’estrade. Un hurlement monta dans sa tête, si fort qu’elle faillit tomber. Elle ne pouvait plus bouger. Sélène ne sentait plus Alexis, ni la salle, ni l’air. Tout s’était refermé autour d’elle et de cette scène monstrueuse, où son double noir; ses yeux noirs emplis de gouffres, arrachait le cœur de son compagnon. Ses mains tremblaient, ses genoux fléchissaient. Une part d’elle voulait hurler, une autre céder et accepter ce qu’elle voyait : la prophétie de sa propre corruption. Mais alors, une pensée jaillit, ténue, fragile comme une braise dans la tempête : Non. Je ne suis pas ce qu’ils veulent que je sois. Son double se tourna vers elle. Lentement, ses lèvres sombres s’ouvrirent, laissant tomber des mots qui n’avaient pas de son, mais qu’elle comprit pourtant : - Tu es moi. Tu le sais déjà. La sorcière sentit sa respiration s’emballer. Tout en elle criait à l’abandon. Mais elle se força à avancer d’un pas vers l’estrade. D’une voix rauque, mais ferme, elle dit : - Non, je suis moi ! Pas ton ombre. Elle tendit son bras marqué. La brûlure se raviva aussitôt, comme si le signe attendait ce moment. La marque pulsa, et une lueur sombre se répandit dans l’air, se heurtant au miroir vivant de son double. Prenant la parole à nouveau, dans un murmure, chaque mot lui arrachant une force qu’elle croyait perdue : - Tu n’es qu’une possibilité. Mais je choisis. Et je choisis autre chose que toi. Son double hurla sans voix, et l’image s’effrita, se fragmentant en éclats de ténèbres. Les gradins tremblèrent, les cadavres spectateurs s’effondrèrent dans un fracas d’os; leurs rires étouffés par le silence. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle était agenouillée au sol, haletante, trempée de sueur froide et glacée. Alexis était là, devant elle, son regard illuminant d’inquiétude. Il n’avait rien vu, ou peut-être pas la totalité. Mais il avait compris que c’était son combat à elle. La salle, maintenant vide n’était plus qu’un vaste théâtre abandonné. L’estrade s’était effondrée en poussière. Une nouvelle arche venait de se dessiner, sombre et étroite. Sélène se redressa, les jambes faibles. Elle avait brisé l’illusion. Mais la peur demeurait : et si ce qu’elle avait vu n’était pas seulement un mensonge, mais une prophétie qu’elle venait simplement de repousser d’un souffle ? Alexis regarda l’adolescente et il lui proposa de rester là pour la nuit, afin de reprendre des forces. Celle-ci aurait bien voulu continuer, mais les forces lui manquait; malgré la force qui vivait en elle, elle resta humaine à la fin de la journée. C’est pourquoi, elle céda et ils s’installèrent dans un coin de la salle, où Alexis put faire un petit feu avec les débris pour les garder au chaud pour la nuit. Lorsqu’elle s’allongea contre le sol, la sorcière fut bien heureuse qu’ils se soient arrêtés, car elle sentait au fond d’elle, que bientôt les épreuves seraient d’autant plus difficiles à affronter. À peine la nuit fut elle terminée, que l’arche s’ouvrait déjà sur un gouffre d’écho. Éreintés, ils avancèrent, et ce qui se dévoila devant eux n’était plus une salle; mais une cathédrale interminable. Un nef sans fin, construite non de pierre, mais d’ossement. Les colonnes n’étaient que des empilements de tibia blanchis, les arcs des enchevêtrements de côtes, et les vitraux eux-mêmes étaient faits de fragments de crânes polis, d’où filtrait une lumière sanglante, comme si le soleil n’était plus qu’une plaie béante dans le ciel. À chaque pas, un frisson parcourait leurs os à eux aussi, comme si la structure même du lieu cherchait à résonner avec leurs squelettes, à les absorber dans l’édifice. Un orgue colossal se dressait au fond, sculpté dans une colonne vertébrale gigantesque, aux tuyaux hérissés de mâchoires. Soudain, sans qu’aucune main ne s’y pose, il joua. Un son. Un accord impossible, fait de gémissements et de cris assourdit. Chaque note vibrait dans leur chair comme une lame inapparente. Alexis porta la main à sa poitrine, vacillant, ses traits crispés de douleur et murmura : - C’est…une messe funèbres. Une messe pour…nous. La sorcière leva les yeux. Dans les hauteurs de la nef, suspendus aux voûtes d’os, des milliers de silhouettes pendaient, les cadavres des anciens habitants de la ville; figé en une chorale silencieuse. Mais leurs mâchoires s’ouvrirent en même temps, et de leurs gorges muettes s’échappa un souffle hivernal. Un vent s’éleva, charriant la poussière d’ossements. Les colonnes tremblèrent. Et au bout de la nef, là où l’autel aurait dû se trouver, un trône colossal apparut. Il n’était pas vide : une forme y était assise, enveloppée dans un manteau de chairs mortes et de couronnes d’os, les attendent. Le trône respirait. La salle entière respirait avec lui. Alexis recula d’un pas, ses yeux écarquillés et il dit : - Ce n’est plus seulement une épreuve…c’est le vrai cœur de ce qui pourrit ce palais. Sélène n’arrivait pas à détourner le regard. Parce qu’au milieu de cette horreur monumentale, une certitude s’imposait : ce trône, cette chose qui y siégeait, n’était pas étrangère à la mission que la Mort lui-même lui avait confiée. Le trône s’ébranla. Les couronnes d’os qui ornaient le front de la chose tintèrent comme des carillons macabres. Puis, dans le silence rouge de la nef, une voix s’éleva. Elle n’avait pas de timbre humain. Elle n’entrait pas dans l’air, mais directement dans leurs chaires, dans leurs crânes, comme si chaque os vibrait pour lui prêter parole. - Enfant de la Mort…tu es venue. La sorcière gardait la tête haute et ses jambes se raidir. Alexis la regardait bouleverser : l’entité ne s’adressait pas à lui. Seulement à elle. La voix poursuivit : - Tu portes sa marque. Tu as foulé mes couloirs, brisé mes miroirs, refusé tes ombres. Mais crois-tu vraiment servir la Mort…ou m’avoir déjà servi ? Sélène ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. L’air lui manquait. La marque sur son bras pulsa violemment, comme si elle répondait à l’appel du trône. La voix reprit, plus basse, presque caressante : - C’est moi qui nourris tes visions. Moi qui tends mes fils autour de tes pas. La Mort t’a envoyé pour m’arrêter ? Ou pour m’accomplir ? Alexis aurait voulu répliquer, brandir son épée, mais la sorcière leva un bras pour l’arrêter dans son geste. Elle le sentait : l’entité ne tolérait pas d’intermédiaire. Elle trouva enfin la force de parler, sa voix rauque, mais claire : - Tu n’es qu’un désordre. Une fracture dans ce qui doit être. Le trône vibra d’un rire sans son, et toute la nef trembla avec lui. - Un désordre ? Non, petite flamme. Je suis la continuité. Là où la Mort recueille, moi, j’achève. Là où elle relie, moi, je défais. Et toi…toi, tu portes déjà mes marques. Les colonnes craquèrent comme pour confirmer ses mots. Et la sorcière sentit alors une peur plus grande que jamais : et si ce qu’il disait était vrai ? Si la mission confiée par la mort n’était pas une victoire, mais une offrande ? La sorcière resta immobile, le souffle court. Chaque mot de l’entité vibrait encore dans ses os, essayant de s’infiltrer dans les failles de sa mémoire. Pourtant, au milieu de cette tempête, elle s’accrocha à une seule certitude : La Mort ne ment pas. Elle se tut. Elle écouta. La voix poursuivit, plus grave, plus intime encore, comme si elle cherchait à se lover dans son crâne : - Regarde autour de toi, enfant. Tout ce que tu vois est mien. Les os, les voix, les mémoires en poussière. Même ton compagnon n’est qu’une chair qui se défait, une braise déjà enrayer. Tu crois l’accompagner ? Non, tu l’accompagnes vers moi. Alexis gémit à côté d’elle, mais elle ne détourna pas les yeux. Elle voulait comprendre ce que cette chose voulait vraiment. La voix reprit : - La Mort te nourrit d’illusion. Elle dit veiller sur l’équilibre…mais chaque âme qu’elle recueille, je la sens encore passer entre mes doigts. C’est moi qui accueille ce qu’elle croit protéger. C’est moi, la fin véritable. Et toi…tu es marquée de mes sceaux. Tu ne peux pas m’échapper. Un silence lourd tomba, immense. Les silhouettes suspendues dans les hauteurs semblaient attendre sa réponse. Même le grand orgue d’os s’était tu; laissant la nef battre seulement du souffle de la chose. Sélène inspira profondément, ses mains tremblaient, mais sa voix s’éleva, claire, brisée et ferme, tout à la fois : - Tu mens. Le mot résonna, sec, tranchant comme une lame. Elle fit un pas vers l’avant, défiant l’entité et poursuivit en disant : - La Mort m’a confié une mission. Pas pour te servir. Pas pour t’accomplir. Mais pour t’arrêter. Je ne suis pas ton enfant. Je ne le serai jamais. Un grondement monta du trône et la cathédrale entière vibra. Les os craquèrent, les colonnes se fissurèrent comme sous une rage contenue. La voix répondit enfin, d’un timbre se muant en un rugissement qui fit trembler les voûtes : - Alors, tu seras brisée. Et lui avec toi. La nef s’assombrit, et les milliers de cadavres suspendus ouvrirent leurs orbites vides, tournant d’un seul mouvement vers la sorcière. L’épreuve commençait vraiment. Un craquement terrible résonna, comme si les cieux mêmes se brisaient. Puis, les cadavres suspendus se détachèrent des voûtes. Ils tombèrent d’abord en silence, comme une pluie d’ombre morte, avant de se relever d’un même mouvement. Leurs corps étaient disloqués, leurs articulations grinçantes, mais une volonté unique les animait. Des milliers de mains osseuses se levèrent, convergeant vers eux. Alexis se redressa malgré sa faiblesse, brandissant son épée. Sa lame vibra, reflétant la lueur sanglante qui filtrait des vitraux de crânes rougeoyants. Serrant des dents, il dit : - Tiens-toi prête. Nous n’aurons pas de seconde chance. La sorcière sentit la marque sur son bras s’embraser. Les morts l’entouraient, mais chacun semblait guidé par le même souffle qui résonnait dans le trône. Leur avancée était inexorable. Elle leva alors ses deux mains. La brûlure se propagea dans ses veines, et une onde noire jaillit de ses paumes. L’air trembla : les premiers cadavres reculèrent, leur os éclatant en poussière sous l’impact. Mais la douleur faillit l’agenouiller. La marque se nourrissait de sa force, et chaque souffle arraché lui coûtait un peu plus d’elle-même. Alexis, lui, fauchait dans les rangs à coups de lame, ses mouvements précis malgré son corps affaibli. Mais chaque fois qu’il abattait un squelette, deux autres se redressaient. L’homme criait, irrité : - Ils ne s’arrêtent pas ! Les colonnes d’os vibraient, résonnant comme des tambours. Le trône, immobile, observait. L’entité ne bougeait pas : elle laissait ses serviteurs épuiser leurs proies, comme un chef d’orchestre silencieux. Sélène comprit que leur seule chance n’était pas de survivre à l’armée, mais de briser le lien. Fermant les yeux, ignorant les mains glacées qui tentaient d’agripper sa chair, elle se concentra sur la pulsation qu’elle sentait dans l’air. Un fil. Un souffle qui reliait tous ces cadavres au cœur du trône. La voix déchirée, elle criait : - Alexis ! Protège-moi…juste un instant ! Il hocha de la tête sans hésiter, se plaçant devant elle, hurlant en fendant la vague de morts, tenant à bout de bras une résistance insensée. Sélène leva alors son bras marqué, le brandissant vers le trône. La marque pulsa une fois, deux fois, avant de s’ouvrir comme une plaie ardente. Une lumière sombre jaillit, absorbant les sons, écrasant l’air, et courut le long des murs d’os, jusqu’au trône. Le nef rugit d’un hurlement. Les morts vacillèrent, figés un instant. Elle sentit la chose sur le trône réagir. Pour la première fois, elle le blessa. Un craquement terrible se propagea dans la nef. Le trône gémit comme une carcasse que l’on déchire, et des éclats d’os se détachèrent de ses flancs. Le manteau de chairs mortes qui recouvrait la silhouette se tordit, comme s’il brûlait d’une flamme imperceptible. Les cadavres autour d’eux s’effondrèrent d’un seul coup, leurs articulations disloquées retombant dans un fracas amorti. Le silence brutal qui s’abattait fit battre leurs cœurs à l’unisson. La sorcière chancela, les yeux écarquillés. Elle avait frappé le lien et, pour la première fois, l’entité avait vacillé. Un souffle polaire traversa la nef, et la voix revint, plus rauque, affaiblis, fissurée : - Tu oses… Alexis, haletant, recula vers elle. Sa lame gouttait de poussière d’os, ses bras tressaillait, mais ses yeux brillaient d’un éclat presque fier et il dit : - Tu l’as touché. Par les dieux, tu l’as vraiment touché ! Sélène sentit la marque sur son bras palpiter douloureusement, comme une plaie qui ne voulait pas se refermer. Elle savait désormais que cette brûlure était aussi une arme dangereuse, mais réelle. L’entité, affaiblie, ne se leva pas de son trône. Mais la cathédrale entière se mit à trembler, les colonnes craquant sous la colère contenue. Les silhouettes suspendues aux voûtes se mirent à osciller, comme des pendules funèbres, déversant des pluies de poussière et d’os. La jeune femme inspira profondément et malgré la peur qui lui rongeait les entrailles, une pensée se forma dans son esprit : ce palais peut être brisé. Le silence dura à peine un battement de cœur; puis la cathédrale rugit. Le trône se redressa, craquant de toutes ses articulations d’os. La silhouette assise se leva enfin. Elle n’avait pas de visage : seulement un masque de crânes soudés, dont la vacuité des orbites s’emplirent de flammes noires. La nef entière répondit à son éveil. Les colonnes se fendirent et des marées d’ossement ruisselèrent des hauteurs, se reconstituant en formes titanesques. Des géants d’os se levèrent, leurs crânes multiples soudés en un seul, les bras faits de centaines de tibias. Alexis ne put s’empêcher de reculer d’un pas, le souffle coupé et dit : - Par tous les enfers… Le trône avança d’un pas. Sa voix, désormais rugissante, fit trembler les vitraux de crânes qui éclatèrent en pluie tranchante : - Tu as brisé mon silence…alors, je t’offrirai un cri. Les géants d’os frappèrent le sol et le choc souleva des vagues de poussière blanche. Chaque pas faisait vibrer leurs squelettes animés comme des tambours de guerre. La sorcière leva la main, mais son bras marqué la brûla si fort, qu’elle en poussa un cri éteint. La marque réagissait, mais cette fois, ce n’était plus une arme docile : c’était une plaie ouverte et le pouvoir qu’elle invoquait menaçait de la consumer autant que ses ennemis. Alexis la saisit par l’épaule, ses yeux plantés dans les siens, malgré la terreur qui grondait autour d’eux et il dit : - Si tu utilises encore cette marque...elle te tuera. Elle déglutit, le souffle brisé. Les géants approchaient et derrière eux, l’entité s’avançait, pas à pas, comme une marée de ténèbres contenue dans une forme d’os. La nef entière devenait un champ de fin du monde.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD