La nuit les trouva dans un abri de fortune, une maison effondrée dont il ne restait que des murs lézardés. Alexis, épuisé s’était assoupi près des braises mourantes. Quant à Sélène, elle sombra plus tard, l’esprit encore alourdi par la vision de l’œil. Le sommeil la saisit comme une chute. Elle se retrouva dans un espace sans ciel, sans sol, sans air. Un néant tissé d’ombres mouvantes, qu’elle connaissait depuis toujours. Là, où les âmes passaient. Là, où les voix des morts glissaient en chuchotements sans fin. Et il vint. La Mort. Non pas comme un spectre, ni une menace, mais comme une présence immense; vêtue d’un manteau d’obscurité qui ne se terminait jamais. Son visage n’avait pas de contours, et pourtant elle reconnut ses traits, avec cette certitude intime par laquelle on reconnaî

