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Les démons de l'île de Skye

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La disparition inquiétante d'une famille de stars interpelle l'inspecteur Sweeney...

James Callahan, le plus célèbre acteur écossais, coule des jours heureux dans son château de Havengear, en compagnie de son épouse l’actrice américaine Shauna Powers, et de sa fille adoptive Lucy. Jusqu’à ce qu’une nuit de juin, toute la famille disparaisse…

Que sont devenus les Callahan ? Les traces de sang découvertes dans le hall d’entrée ne présagent rien de bon. Et qui se trouve à bord du voilier de la star ? Huit jours d’enquête. Huit jours d’Enfer… Nous n’avions qu’une idée en tête : retrouver les Callahan vivants. Mais nous ne savions pas… Nous n’imaginions pas… Car, déjà, sur l’île de Skye, les démons se jouaient de nous…

Inspecteur Sweeney - Police criminelle d'Edimbourg

Un nouvel épisode des investigations du célèbre détective écossais !

EXTRAIT

Le docteur s’aperçut alors que les voyants au-dessus du portail avaient cessé de clignoter et que l’entrée était enfin dégagée. Il engagea la première, puis il relâcha doucement la pédale d’embrayage.

Mais au même instant, sa portière s’ouvrit d’un coup. Oliver eut à peine le temps de distinguer le visage encagoulé qui se jetait sur lui. L’homme lui passa le bras autour du cou, arracha sa ceinture et le tira violemment hors du véhicule. La Volvo cala instantanément.

Affalé sur le trottoir, le bras droit remonté dans le dos et la gorge étreinte par le biceps de son agresseur, McLaughlin entendit une voix sourde lui ordonner :

– Prends ta sacoche !

Sans réfléchir, de sa main gauche encore libre, le médecin s’empara de la serviette tombée sur le plancher. Aussitôt, l’inconnu le força à se relever, puis il l’entraîna de l’autre côté de la rue.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Sweeney est toujours aussi sympathique. Un bon polar d’enquête, dans le respect de la tradition du roman policier. - Claude Le Nocher, Rayon Polar

Les démons de l’île de Skye est un polar bien construit, qui nous rappelle que les humains sont bien plus à craindre que les êtres de légende. - Blog Des livres et Sharon

L'histoire est plaisante. Il y a un vrai suspens. L'atmosphère de l'île de Skye est bien décrite mais ce n'est qu'un court moment du livre. Un bon policier pour un bon moment de détente. - clodermer, Babelio

À PROPOS DE L'AUTEUR

John-Erich Nielsen est né le 21 juin 1966 en France. Professeur d'allemand dans un premier temps, il devient ensuite officier (capitaine) pendant douze ans, dans des unités de combat et de renseignement. Conseiller Principal d'Education de 2001 à 2012, il est désormais éditeur et auteur à Carnac, en Bretagne.

Les enquêtes de l'inspecteur Archibald Sweeney - jeune Ecossais dégingandé muni d'un club de golf improbable, mal rasé, pas toujours très motivé, mais ô combien attachant - s'inscrivent dans la tradition du polar britannique : sont privilégiés la qualité de l'intrigue, le rythme, l'humour et le suspense.

A la recherche du coupable, le lecteur évoluera dans les plus beaux paysages d'Ecosse (Highlands, île de Skye, Edimbourg, îles Hébrides) mais aussi, parfois, dans des cadres plus "exotiques" (Australie, Canaries, Nouvelle-Zélande, Irlande).

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Le cranachan attendra…
Le cranachan attendra…– Maudite Maggie Paddington ! Sur la route de Portree, ville principale de l’île de Skye, le docteur Oliver McLaughlin ne cessait de pester. Enfin parvenu devant sa maison bleue, il plongea la main dans le vide-poches, s’empara de son bipper, puis il déclencha rageusement l’ouverture du portail automatique. Vingt heures trente, songea le médecin, et il fait déjà nuit. Même en juin, les nuages s’accrochent sur les sommets des Cuillin Hills comme pour mieux nous raccourcir les jours… Maudite Maggie ! tonna-t-il encore. Mais puisque le portail tardait à s’ouvrir, le docteur trouva le temps de réfléchir : Cesse de te plaindre, Oliver… À cinquante ans passés, si tu as choisi l’isolement de Skye, avoue que c’est aussi parce que tu n’en pouvais plus de Glasgow… Ton idéal de médecine pour les plus démunis, ta « médecine sociale », ça ne t’a pas aidé à faire fortune. Tu t’y es même épuisé. Involontairement, McLaughlin émit un profond soupir et il cessa de tapoter sur le volant de sa Volvo. Mais pour aussitôt s’énerver de plus belle : Maggie Paddington, cette sournoise ! Je me doutais bien que sa brusque fièvre n’était qu’un prétexte pour m’attirer dans ses filets. Me déranger en plein dîner avec mon épouse pour me recevoir dans cette chemise de nuit indécente… Non, vraiment ! D’ailleurs, se souvint-il brusquement, j’espère que Priscilla m’aura gardé une part de son appétissant cranachan(1). Je raffole de ces sucreries. Le docteur s’aperçut alors que les voyants au-dessus du portail avaient cessé de clignoter et que l’entrée était enfin dégagée. Il engagea la première, puis il relâcha doucement la pédale d’embrayage. Mais au même instant, sa portière s’ouvrit d’un coup. Oliver eut à peine le temps de distinguer le visage encagoulé qui se jetait sur lui. L’homme lui passa le bras autour du cou, arracha sa ceinture et le tira violemment hors du véhicule. La Volvo cala instantanément. Affalé sur le trottoir, le bras droit remonté dans le dos et la gorge étreinte par le biceps de son agresseur, McLaughlin entendit une voix sourde lui ordonner : – Prends ta sacoche ! Sans réfléchir, de sa main gauche encore libre, le médecin s’empara de la serviette tombée sur le plancher. Aussitôt, l’inconnu le força à se relever, puis il l’entraîna de l’autre côté de la rue. Le cerveau saturé par le souffle de l’homme dans ses oreilles, la seule pensée qui traversa l’esprit du docteur McLaughlin fut : Je crois que le cranachan attendra… * La veille, à Aberdeen – Tu m’as gâté, tante. Ces filets de hareng sont délicieux, la félicita Sweeney. – Merci Archie, je me suis appliquée. Ce n’est pas tous les dimanches que tu me fais l’honneur de ta visite. Et je sais encore ce qui te fait plaisir, lui sourit-elle affectueusement. Son neveu lui retourna ce signe de complicité. – Je peux ? lui demanda-t-il encore, en désignant les restes de poisson reniflés par la truffe alléchée de son teckel. – Si tu n’en veux plus… parut acquiescer tante Midge. Le jeune homme s’empara des deux derniers filets et les tendit à son chien. La saucisse à quatre pattes avala goulûment ce cadeau inespéré, avant de se voir félicitée par de longues caresses sur la tête et sur le dos. Tante Midge en profita pour observer son neveu. À vingt-sept ans déjà, il lui semblait qu’Archibald ne changeait pas. Le jeune homme s’obstinait à porter d’étonnants pantalons de toile grise, d’épaisses chaussures de cuir brun, ainsi que des pull-overs mal taillés et le plus souvent défraîchis. Dans ces conditions, difficile de plaire aux filles… se désespérait la vieille dame. Pour compliquer l’affaire, depuis bientôt quatre ans, Sweeney ne se séparait plus d’un club de golf incongru au prétexte que, lors de sa première enquête d’importance(2), ledit objet lui avait porté chance ! Quelle calamité… jugeait sommairement sa tante. Enfin, et c’était là le plus déconcertant, l’inspecteur persistait à se cacher derrière une barbe rousse, courte et peu soignée, dont émergeaient deux petits yeux noirs, totalement inexpressifs. Heureusement que je le connais… se rassurait la vieille dame. Si je ne l’avais pas élevé depuis ses cinq ans, je crois que je n’arriverais toujours pas à comprendre ce qu’il a dans la tête ! – Je vais débarrasser pour le dessert, déclara tante Midge pour éviter de s’attendrir. – Qu’est-ce que tu as préparé ? s’intéressa le jeune homme. – Du cranachan. – J’adore ! se réjouit-il aussitôt. Profitant de ce moment de bien-être, et tout en continuant d’empiler les assiettes, tante Midge lui demanda : – Est-ce que tu es passé à Crathes Castle, ce matin ? – Mmm… répliqua Sweeney, l’air soudain plus sombre. – Tu as remarqué la mousse sur la croix ? – Mmm… – Qu’en penses-tu ? J’ai beau la nettoyer, le vert ne cesse de revenir sur les inscriptions. On ne distinguera bientôt plus le nom de tes parents. Il faudrait la décaper, peut-être même la changer. L’inspecteur ne répondit pas. Alors sa tante s’éclipsa vers la cuisine, plats et couverts sales sur les bras. À son retour dans la pièce, la vieille dame insista : – Est-ce que tu as réfléchi ? – À quoi ? s’agaça son neveu. – Eh bien, à une enquête… Pour tes parents. – Tante ! protesta le jeune homme. Mais Marjorie Sweeney ne s’en laissa pas compter : – Il y a quelques années, pour les vingt ans de leur disparition, j’y avais déjà pensé. Mais à l’époque, je n’avais pas voulu t’embêter avec ça… Maintenant, reprit-elle, avec toutes ces affaires que tu as déjà résolues, je me suis dit que tu pourrais essay… – Non, tante ! la rabroua l’inspecteur. Tu le sais parfaitement : reprendre cette enquête, ce n’est ni dans mes attributions, ni du ressort de ma juridiction. Je ne peux… – Tu as peur d’échouer ? lui asséna-t-elle brusquement. Sweeney regarda fixement sa tante. Au même instant, la sonnerie d’un portable retentit au fond de sa poche. – Archie ! s’insurgea tante Midge. Tu pourrais penser à éteindre ce maudit appareil. Nous sommes dimanche tout de même ! – Oups, pardon ! s’excusa le jeune homme, avant de toutefois s’emparer du téléphone. C’est ma faute, j’avais oublié. L’inspecteur découvrit avec stupeur le nom qui s’affichait sur l’écran : – C’est… C’est le commissaire Wilkinson. – Bien ! apprécia tante Midge d’une moue contrariée. Ça ne m’étonne pas… Je te laisse, et la vieille dame ressortit en emportant les assiettes. Sweeney prit aussitôt la communication, tout en rassurant son teckel d’une caresse sur le museau : – Commissaire ? Mais c’est dimanche ! Qu’est-ce qu’il se passe ? – Du calme Sweeney, répliqua son supérieur. Je sais que vous n’êtes pas d’astreinte. Je… – Ben oui, le coupa l’inspecteur. Là, je suis à Aberdeen, chez ma tante. – Justement, ça m’arrange, répliqua Wilkinson. – Quoi ? – Oui… Vous allez vous rendre immédiatement au château de Havengear. C’est à vingt kilomètres d’Aberdeen, à l’ouest d’Alford. Vous connaissez, j’imagine ? Vous y serez dans moins d’une demi-heure. Abasourdi, le jeune inspecteur resta muet. – Sweeney ?... Hé, Sweeney ! Vous m’entendez ? – Euh… Oui, commissaire. Mais… Mais c’est dimanche, revendiqua-t-il encore. Et puis Alford, c’est en dehors de notre juridiction d’Édimbourg. Je n’y ai aucune compétence. Que voulez-vous que j’aille faire au château de… De comment déjà ? – De Havengear, répéta Wilkinson. – Oui, Havengear… Que voulez-vous que j’aille faire un dimanche dans un château de l’Aberdeenshire(3) ? Chasser les fantômes ? Le commissaire goûta peu l’humour de son subordonné : – Maintenant ça suffit, Sweeney ! C’est un ordre ! Vous faites ce que je vous dis et vous partez sur-le-champ pour Alford. – Mais… C’est une blague ? douta encore le jeune homme. – Bon sang ! tempêta Wilkinson. Vous dites au revoir à votre tante et vous partez vous mettre à la disposition du superintendant Rolling ! – Rolling ? Alexander Rolling ? Je… Je le connais. – Tant mieux ! riposta le commissaire. – Le superintendant était mon instructeur à Tulliallan(4). Il était en charge du cours de méthodologie, précisa Sweeney. – OK. Peut-être qu’il se souviendra de vous. – Je n’aimerais mieux pas, s’inquiéta déjà l’inspecteur. Avant d’ajouter : – Mais qu’est-ce que je suis censé faire ? Rolling est toujours instructeur ? C’est un stage ? – Non ! le détrompa Wilkinson. Il s’agit d’une affaire très importante. Rolling et vous-même avez été désignés par les grands pontes du ministère. – Alors… c’est une mission ? – Non, un pique-n***e sur les pelouses du château ! ironisa Wilkinson. Avant d’exploser : – C’est une enquête, inspecteur ! Une p… d’enquête ! Dans laquelle vous suppléerez le superintendant Rolling, lui-même spécialement nommé par Sir Thacker, le directeur national de la police. – Je n’y comprends rien… se lamenta Sweeney. Pourquoi moi ? Qu’est-ce que l’on attend de moi ? – Je viens de vous le dire ! s’agaça le commissaire. Vous partez immédiatement pour Havengear et vous prenez vos consignes sur place. Je ne peux pas vous en dire plus… Au fait, se ravisa Wilkinson : Havengear, ça ne vous dit rien ? – Euh… hésita le jeune homme. Si, je sais où se trouve le château. – Et c’est tout ? – Ben… J’ai dû en entendre parler… – Oui ? – Mais… Je ne sais plus pourquoi. – Pff ! soupira Wilkinson, désabusé. Bon, dépêchez-vous de partir. Ça vous reviendra vite une fois sur place. – Et… Et pour demain, monsieur ? – Quoi demain ? – Bah oui : je vous retrouve au bureau à Édimbourg, comme tous les lundis ? – Mais non ! râla son supérieur. Mettez-vous à la disposition de Rolling. Pour la suite, on avisera. Je préviens votre coéquipier McTirney, ça pourrait durer. – Ah bon ? Bien, chef. Au revoir. – C’est ça, salut ! le congédia Wilkinson, avant de raccrocher. Tante Midge pénétra de nouveau dans le living, deux parts d’un succulent cranachan disposées sur un plat de porcelaine. – Il faut que je parte, lui annonça son neveu, la mine sombre. – J’ai entendu… répondit la vieille dame en s’asseyant. Alford ? – Oui. – Est-ce que tu veux que je garde Berthie ? – Oui… Mais je ne sais pas quand je repasserai. – Ça ne fait rien, le rassura-t-elle. Ton chien adore que je m’occupe de lui. Comme s’il avait compris, le teckel alla se blottir contre les jambes de tante Midge. – Bien. J’y vais, déclara le jeune homme, avant de se lever et d’épauler sa canne de golf. – Je t’appelle dès que j’en sais plus, ajouta-t-il. Et dommage pour le dessert, il avait l’air délicieux. – Je mets ta part de côté, lui sourit tante Midge. Le cranachan attendra… (1) Dessert écossais traditionnel préparé avec de la semoule d’avoine, de la crème fouettée parfumée au whisky et des framboises. (2) Lire Meurtre au dix-huitième trou. (3) L’une des trente-deux régions qui composent l’Écosse. (4) École de la police écossaise

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